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Palestine : Avec Obama, les espoirs restent limités


International
Jeudi 21 Mars 2013 - 12:26

Barack Obama a lentement abandonné les convictions favorables aux Palestiniens qu'il affichait avant d'entrer à la Maison-Blanche et au début de son premier mandat. De fait, estime cette journaliste, les Palestiniens n'attendent pas grand-chose de sa visite ce 21 mars.


Palestine : Avec Obama, les espoirs restent limités
A Ramallah et à Qalandiya, on voit fleurir des inscriptions prévenant le président américain qu'il n'aura pas besoin de son smartphone, car "il n'y a pas de 3G en Palestine" – même si les restrictions imposées par Israël aux services Internet et de téléphonie mobile sont la dernière des préoccupations palestiniennes. En fait, les Palestiniens sont irrités que Barack Obama ait attendu tant de temps pour effectuer sa première visite en Palestine, et qu'il n'apporte pratiquement aucune proposition dans ses valises.

Du moins en ce qui concerne la Palestine. Pour ce qui est d'Israël, le président américain a bien fait savoir que son pays placerait la sécurité israélienne au centre de toutes les discussions qu'il aurait sur le conflit. Il a même décrit sa relation avec le Premier ministre Benyamin Nétanyahou – qui, d'après certains commentaires, sont très houleuses – comme "formidable et professionnelle". Nul doute que son voyage sera pleinement bénéfique pour Israël.

Il suffit de prendre en considération le temps que le président passera de chaque côté de la barrière de séparation. Une cinquantaine d'heures en Israël, entre réceptions officielles, visite du mémorial de Yad Vashem, dîners, petits déjeuners - accompagnés de falafels et de houmous – et dépôt de couronnes sur les tombes de l'écrivain Theodor Herzl et du Premier ministre Yitzhak Rabin. Quatre heures en tout et pour tout en Palestine. Et pendant ces quatre heures, il ne présentera aucun plan innovant pour régler le conflit. Il a d'ailleurs annoncé qu'il venait plutôt pour "écouter" et s'informer sur les points de vue de chaque camp.

Le président Obama désavoue le sénateur Obama

Le problème, c'est que les Palestiniens sont las de jouer ce jeu. Ils savent que Barack Obama connaît mieux la question qu'il ne veut bien le dire. En 2007, alors qu'il était encore sénateur, il a déclaré devant un groupe de démocrates de l'Iowa : "Personne ne souffre davantage que les Palestiniens." Quand il a été élu pour son premier mandat, il a déclenché la colère d'Israël en réclamant un gel de la colonisation, une proposition qui impliquait que, pour lui, les colonies étaient le principal obstacle à la paix. Il a ensuite nommé George Mitchell envoyé spécial pour la paix au Proche-Orient en vue de relancer le processus, et il a réaffirmé le soutien des Etats-Unis à la création d'un Etat palestinien indépendant.

Puis, lentement mais sûrement, comme une vieille peinture qui s'écaille, il a abandonné l'une après l'autre ces positions acceptables. Il n'appelle plus à un gel de la colonisation, son pays s'est opposé à un projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur l'octroi du statut d'Etat à la Palestine et a rejeté une résolution de l'Assemblée générale sur le même sujet en novembre dernier. Il ne manque jamais d'évoquer le "lien spécial" des Etats-Unis avec Israël ni leur soutien indéfectible à ce pays.

La visite du président américain est donc loin d'enthousiasmer les Palestiniens. S'il avait effectué ce voyage au cours de son premier mandat, quand ses positions sur la Palestine étaient encore intactes, il aurait peut-être reçu un accueil légèrement différent. Aujourd'hui, il sera accueilli au mieux dans une cordiale indifférence, du moins par le peuple. Et si les Palestiniens sont décidés à faire entendre leur opinion sur le rôle ambigu des Etats-Unis dans le conflit israélo-palestinien, alors Barack Obama peut se préparer à recevoir une volée de bois vert.

Jonarah Baker
Pour MIFTAH
Lur sur courrier international


              

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