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Mohamed Ould Abel Aziz : Les limites d’un slogan


Mauritanie
Vendredi 28 Novembre 2014 - 09:00

Les révélations de l’ancien colonel et directeur général de la délégation de surveillance maritime, actuel maire de Zouérate , Cheikh Ould Baya, soulèvent un grand tollé médiatique. La vidéo diffusant l’homme, au cours d’un meeting populaire, s’auto congratulant des privilèges ‘’légaux’’ disait-il, qui lui permettaient, une décennie durant, de gagner la bagatelle de quatre milliards par an.


Mohamed Ould Abel Aziz : Les limites d’un slogan
Une prime d’incitation tournant autour de 48% des recettes de taxes qu’il appliquait, ‘’en vertu de la loi’’, à l’encontre des opérateurs en infraction de la loi. 

Sur les réseaux sociaux, une pétition pour réclamer la fin de l’impunité, circule déjà. Certains activistes s’emploient déjà à  organiser  un sit-in devant la résidence de l’ancien régulateur de la pêche. Pour réclamer son inculpation à la lumière du  témoignage qu’il a fait contre lui-même. L’affaire ne serait que la partie visible de l’iceberg, si on en croit les révélations faites par des personnes très proches des hautes sphères du pouvoir. 

Il y a beaucoup d’informations qui circulent. Et toutes se rapportent au premier citoyen du pays. Sur son implication ‘’supposée ou avérée’’ dans de grosses affaires de pillages systématiques des deniers publics. 

Ces informations n’émanent pas des milieux de l’opposition traditionnelle. Elles reviennent sur les langues des personnalités censées être proche du centre de décision, sinon barons galonnés du parti au pouvoir. Il n’y a pas de fumée, sans feu, comme on dit. Et, il y a, il faut le dire, beaucoup de fumées. 

Haro sur l’imposture…

On évoque dans ce cadre, l’attribution de centaines d’hectares à des personnes proches de Mohamed Ould Abdel Aziz. Des prête-noms, dit-on. On assiste, par ailleurs,  à l’émergence d’une classe d’affaires, cooptée, d’ex nihilo, et comme par hasard, tous mènent vers la personne du président de la République. 

Personne ne croit plus aujourd’hui à la politique de lutte contre la gabegie, même si l’inspection générale de l’Etat continue d’épingler, à la suite de missions, souvent plus coûteuses à la collectivité que porteuses de quelque transparence ou assainissement de la dépense publique. Du citoyen le plus crédule au plus averti, le niveau d’information est le même : Le pillage s’opère au plus haut niveau, en dépit du discours officiel. 

Au sein de l’opinion, la chose est si évidente qu’on songe déjà à agir. On se file les informations sur les cas de gabegie, de passe-droit et d’opérations de pillage organisées. Et on essaie de s’organiser pour crier haro sur l’imposture. 

“Il s’agit d’abord de dresser une liste de présumés coupables de telles opérations de pillage, trop c’est trop, lance un activiste à Biladi.’’ ‘’L’opposition démocratique est out et c’est normal, l’information, il faut la recueillir au sein du pouvoir, souligne un autre.’’

“Il faut exiger un audit, pas uniquement de la SNIM, ni sur l’affaire de l’aéroport international, sur l’agence des titres sécurisés, sur le secteur de la pêche ou des Mines, mais un audit général de toute la République, surenchérit un activiste anti-gabegie, à Biladi.’’

On est bien loin, en tout cas, de la période des envolées éthiques de Mohamed Ould Abdel Aziz. La politique de lutte contre la gabegie, tant affichée par l’homme, meurt, semble-t-il, de sa mauvaise mort. 

Si de telles allégations s’avèrent vraies, ce n’est certes pas l’affaire de la mort d’une politique. La mort s’étendrait bien au-delà. Jusqu’à l’homme qui l’a initiée. Et par-delà, tout son pouvoir, qui ne saurait tenir à la vague d’infamie qui s’abattrait sur lui. 

Après tout, disent certains, la lutte contre la gabegie n’était qu’un slogan. Et, il a ses limites, un slogan. Ça saura, un jour, la vérité.

AVT

Source: Biladi
Noorinfo


              

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