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Mohamed Ould Abdel Aziz à l’Etat-major des forces armées : L’institution militaire et son rôle dans le puzzle national


Mauritanie
Vendredi 6 Mars 2015 - 14:13

Au moment où un dialogue politique décisif et vital se prépare, que la crise sociale semble avoir atteint son paroxysme et que la situation au Sahel vit sous la menace du terrorisme international et l’instabilité chronique au Nord Mali, le président Mohamed Ould Abdel Aziz se souvient brusquement de l’armée. La visite qu’il vient d’effectuer le 03 mars 2015 à l’Etat-major des forces armées nationales aurait-elle un lien quelconque avec la situation intérieure et les soubresauts au niveau régional, ou plutôt, entre-t-elle dans le cadre d’une simple inspection de routine pour évaluer la force de réplique de l’appareil militaire face aux dangers qui sourdent aux frontières ? Ou est-ce l’avenir de l’armée par rapport au pouvoir politique qui a motivé en réalité cette visite historique ?


Mohamed Ould Abdel Aziz à l’Etat-major des forces armées : L’institution militaire et son rôle dans le puzzle national

Beaucoup d’observateurs se sont naturellement posés des questions par rapport au timing choisi par le président Mohamed Ould Abdel Aziz pour passer presque toute une journée -celle de mardi dernier- à l’Etat-major, dans une sorte de conclave fermé pendant plusieurs heures avec l’ensemble des hauts gradés du commandement militaire. « Pourquoi maintenant ? » Telle est la question lancinante qui revenait sur les lèves, ce mardi 3 mars 2015, pendant la visite d’inspection de Ould Abdel Aziz. Flanqué de son ministre de la Défense, Diallo Amadou Bathia, du général Chef d’Etat-major des Forces armées, des généraux de l’armée de l’Air, de l’armée de Terre et de l’armée de Mer, ainsi qu’une flopée de colonels et de lieutenants-colonels, Ould Abdel Aziz aurait passé la journée à visionner des films sur la capacité militaire du pays, sur le dispositif sécuritaire mis en place pour la surveillance des frontières, notamment avec l’Algérie, le Maroc et le Mali.

Certaines sources d’informations ont ajouté à ce programmes, le tenue d’une réunion au cours de laquelle ont été abordées des questions d’intendance militaire, histoire d’étudier avec les officiers les plans de carrière, les nominations à promouvoir et les avancements à opérer pour remédier au départ massif programmé de plusieurs officiers supérieurs à la retraite, notamment dix de la quinzaine de généraux que compte le pays. Il s’agirait sur ce point de former très vite une relève parmi la jeune génération d’officiers.

D’autres soutiennent que la situation au niveau national, notamment la situation politique et le dialogue qui s’annonce, mais aussi l’insécurité ambiante, auraient été au cœur des débats avec les chefs de l’armée. Sur ce plan, il y aurait eu échanges d’idées et suggestions, notamment sur les plans de sécurité à mettre en place pour faire face à la criminalité montante dans les villes, surtout à Nouakchott.

Le sort du Bataillon de sécurité présidentielle (Basep) dont la dissolution semble constituer un point central de revendication chez un pan de l’opposition, et qui pourrait être posé au cours du dialogue, aurait été évoqué. Mais ceux qui connaissent Mohamed Ould Abdel Aziz pensent que si ligne rouge devait être formulée, pendant ces négociations politiques, le sort du Basep en serait la première, tant cette « armée » qu’il commande depuis plus de deux décennies ferait désormais partie intégrante de son instinct de survie.

D’autres analystes aux esprits encore plus machiavéliques, croient que l’entrevue en vase clos qui a eu lieu entre Mohamed Ould Abdel Aziz et les chefs de ses armées, pourrait avoir porté sur une autre priorité plus cruciale à l’heure où le pouvoir politique risque de se départir de l’appareil militaire. En effet, Mohamed Ould Abdel Aziz, risque d’être le dernier militaire au pouvoir en Mauritanie.

En principe, son départ définitif en 2019, suite à deux mandats successifs, ouvrirait les portes au règne des civils, après près de quatre décennies de régime militaire cru ou placé sous les oripeaux de la démocratie. Il faut dire qu’un énième coup d’Etat militaire après celui de 2003, de 2005 et de 2008, relève presque de l’impossible dans un contexte national et international où les populations mais aussi la communauté internationale, sont de plus en plus réfractaires à tout renversement anticonstitutionnel.

La seule alternative pour qu’un citoyen qui provient des rangs de l’armée puisse continuer à maintenir sa mainmise sur le pouvoir politique, reste le maintien ad aeternam de Mohamed Ould Abdel Aziz au Palais présidentiel. Ce scénario passerait constitutionnellement plus facilement qu’un putsch militaire. Il suffit simplement de réviser la Constitution par référendum pour faire sauter les deux verrous qui empêcheraient Aziz de rempiler pour des mandats indéfinis. Est-ce pour dévoiler cette perspective à ses pairs que Mohamed Ould Abdel Aziz s’est enfermé pendant des heures avec eux pour les convaincre de le soutenir ? Certains y croient, car sans l’aval de son bord politique certes, mais aussi et surtout, sans le soutien de l’institution militaire, la démarche risque de tourner au fiasco. Le scénario burkinabé n’est pas loin.

Ainsi, le président Mohamed Ould Abdel Aziz voudrait d’abord assurer ses arrières sur ce plan, avant de déclencher son Plan B, qui ne serait que la suite d’un dialogue politique qu’il appelle de tous ses vœux. Cette initiative, déjà applaudie par la masse inculte qui le hisse déjà au Panthéon « d’homme du dialogue » n’est pas assurée de réussite. En tout état de cause, l’homme pourra ainsi prouver au peuple qu’il a fait son devoir et que ce sont « les autres qui refusent le dialogue ».
Par cette pirouette il pourra désigner le FNDU à la vindicte populaire et augmenter son applaudimètre. La phase de révision constitutionnelle ne sera plus dans ce cadre qu’un jeu d’enfant.

Cheikh Aïdara
Source: L'Authentic

Noorinfo


              

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