Connectez-vous S'inscrire
Noorinfo

Mali: entre troubles politiques et occupation du Nord, l'économie en chute libre


International
Mardi 25 Décembre 2012 - 11:15

La crise sans précédent que traverse depuis près d'un an le Mali, dont le Nord est occupé par les islamistes armés, a d'énormes répercussions économiques et sociales, notamment à Bamako, capitale en partie désertée par les étrangers où le chômage s'accroît et où les prix flambent.


L'économie en berne est l'autre crise au Mali
L'économie en berne est l'autre crise au Mali
"L'économie malienne traverse une période difficile. Déjà en difficulté à cause de la très mauvaise récolte de 2011-2012, elle a beaucoup souffert du coup d'Etat de mars 2012 et de ses retombées", notait récemment le Fonds monétaire international (FMI) à l'issue d'une mission de deux semaines à Bamako.

Dans le sillage du putsch du 22 mars qui a renversé le président Amadou Toumani Touré, des groupes islamistes armés ont pris le contrôle du nord du pays, suscitant l'inquiétude croissante de la communauté internationale.

"L'occupation du nord du pays a fortement perturbé la production agricole et le commerce. La détérioration de la situation en matière de sécurité a provoqué une chute des voyages d'affaires au Mali", selon le FMI, qui ajoute: "Les secteurs du commerce, des hôtels et des restaurants ont été durement touchés".

Alors que le FMI prévoit un recul du produit intérieur brut (PIB) malien de 1,5% cette année, le président américain Barack Obama a décidé de retirer au Mali son statut de partenaire commercial privilégié des Etats-Unis, en raison du recul de la démocratie dans ce pays.

La crise économique, à Bamako, n'épargne personne et le taux de chômage y est de 17,3%, selon l'Institut national des statistiques (Instat).

Le secteur tertiaire, en forte récession en 2012 (-8,8%, selon l'Instat), est le plus touché. Les licenciements économiques ont fait un bond au dernier trimestre 2012, particulièrement dans l'hôtellerie: hommes d'affaires et touristes ne viennent plus à Bamako, les expatriés quittent la ville.

"Les employeurs sont arrivés au bout des systèmes préconisés pour maintenir les emplois en cas de crise: congés anticipés, chômage technique ou partiel", explique Salif Bagayoko, directeur régional à l'inspection du travail.

A l'Association d'appui à la promotion des aides familiales (Apaf), des femmes à la recherche d'un emploi de domestique affluent du matin au soir, revoient leurs prétentions salariales à la baisse en dépit d'une hausse du coût de la vie qui touche, d'abord, les foyers les plus modestes.

"On travaille à perte"

Les prix du carburant, du gaz, et les produits de première nécessité sont parfois passés du simple au double.

Certaines travaillaient pour des coopérants étrangers qui sont partis, pour un salaire déjà peu élevé, de l'ordre de 80. 000 FCFA (122 euros). Aujourd'hui, "même 35. 000 FCFA (53 euros) conviendraient" à Aïssa Camara, veuve de 42 ans, qui a perdu son travail en février.

L'industrie est également touchée: 20% des usines de la capitale ont fermé et 60% ont recours au chômage technique, selon M. Bagayoko.

"Depuis mars, on travaille à perte", explique Alioune Badara Diawara, administrateur général adjoint de Batex-ci, une usine textile. "Les commandes sont là, grâce aux pays de la sous-région. Mais le coton, notre matière première, ne nous est plus livré depuis plus de deux mois: l'entreprise qui le produit est à bout de souffle", dit-il.

"Les vrais martyrs, c'est nous", juge Gaoussou Kantako, artisan bijoutier depuis 1993 au marché de N'Golonina à Bamako. Visage fermé, il explique: "On peut faire trois, quatre jours sans voir un client".

"Les consignes données aux rares étrangers d'éviter de sortir ont eu raison de l'artisanat local. Certains artisans sont découragés, ils restent à la maison, ou alors ils sont partis travailler dans les mines d'or", affirme l'artisan.

Quelque 120 de ses collègues, soit plus de la moitié, ont quitté le marché ces derniers mois, selon lui.

Dans le secteur des transports, la compagnie nationale Air Mali n'a pas pu résister et a suspendu lundi ses activités pour neuf mois. "On prévoyait l'équilibre pour 2013, mais le coup d'Etat a tout changé", indique Souleymane Sylla, responsable administratif et financier de l'entreprise dont les 66 salariés ont perdu leur emploi à la veille de Noël.

Source : AFP


              

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter





Recherche
Mediapart : Réforme du système de santé: des bouleversements, mais peu d’argent https://t.co/IiVwc6TisY
Mardi 18 Septembre - 22:30
Mediapart : RT @Matiatwitt: Le gouvernement parie sur une médecine de ville + collective pour aider le système de santé public à remplir ses missions.…
Mardi 18 Septembre - 21:50
Mediapart : Dans un climat tendu, les députés LREM choisissent le statu quo https://t.co/JOryouaok2
Mardi 18 Septembre - 21:15
Mediapart : Les militants de La République en marche confient leurs déceptions https://t.co/qYlCyjEEeY
Mardi 18 Septembre - 20:01
Mediapart : Dans le Lot-et-Garonne, un barrage «type Sivens» est contesté en justice https://t.co/OcFRW9aYJN
Mardi 18 Septembre - 18:45
Mediapart : RT @MediapartLeClub: Revenu universel d’activité, un nom scandaleux, un projet dangereux https://t.co/9GNwbNuvmB @atterres
Mardi 18 Septembre - 16:35
ALAKHBAR : Combien d’anguilles, sous la roche ?: Un premier pas vers des élections non… https://t.co/dX037mWjPQ #Mauritanie
Mercredi 25 Avril - 15:42
ALAKHBAR : Après la Mauritanie, le Français Bolloré est soupçonné de corruption au Togo et… https://t.co/pGjTyDkJO0 #Mauritanie
Mercredi 25 Avril - 15:42
ALAKHBAR : La Mauritanie, notre pays, ne nous reconnaît pas (Habitants de M. Ahmeidett… https://t.co/DgbhuucI2n #Mauritanie
Mercredi 25 Avril - 08:08
ALAKHBAR : La Mauritanie pénalise l’utilisation des sachets plastiques souples: L… https://t.co/VQuvXVwHsR #Mauritanie
Mercredi 25 Avril - 06:55
ALAKHBAR : Est Mauritanie : la malnutrition frappe les enfants des Adwaba: La malnutrition… https://t.co/rDl29GFSWt #Mauritanie
Lundi 23 Avril - 12:47
ALAKHBAR : Mauritanie : L’opposition prédit des élections "de confrontation": Mohamed Ould… https://t.co/KstUlIWk6e #Mauritanie
Samedi 21 Avril - 18:09