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Les journalistes accusés de chantage par le Maroc contre-attaquent


International
Jeudi 3 Septembre 2015 - 08:36

Ils sont soupçonnés d’avoir négocié l’abandon d’un projet de livre sur le roi du Maroc Mohammed VI en échange de fortes sommes


Éric Laurent et Catherine Graciet se défendent en disant que Rabat est l’instigateur de la transaction, qui fait couler beaucoup d’encre au Maroc.
Éric Laurent et Catherine Graciet se défendent en disant que Rabat est l’instigateur de la transaction, qui fait couler beaucoup d’encre au Maroc.
Qui a proposé l’abandon d’un projet de livre sur le régime marocain contre de l’argent ? Le Maroc se dit victime de chantage, les deux journalistes inculpés, Éric Laurent et Catherine Graciet, reconnaissent « un accès de faiblesse », mais contre-attaquent : selon eux, Rabat était l’instigateur de la transaction.
 
« Je ne suis pas celui qui amène, qui propose ce deal financier », a martelé lundi matin Éric Laurent sur la radio RTL. « C’est le Palais qui propose », « qui corrompt », affirme également Catherine Graciet dans le quotidien Le Parisien.
 
Les deux journalistes mis en examen samedi pour chantage et extorsion de fonds, et placés sous contrôle judiciaire, sont soupçonnés d’avoir négocié l’abandon d’un projet de livre sur le roi du Maroc Mohammed VI en échange de trois, puis de deux millions d’euros.
 
« Je veux trois […] trois millions d’euros », aurait déclaré Éric Laurent lors de la première rencontre avec l’avocat du royaume, qui a enregistré l’échange dans un palace parisien le 11 août, selon une retranscription révélée ce week-end par Le Journal du dimanche.
 
Mais selon le journaliste, c’est son interlocuteur qui a émis l’idée d’une transaction. « Et là, je dis, mais sans y croire : “ Si vraiment on arrête de faire le livre, étant donné le sujet, écoutez… trois [millions d’euros] ”», a-t-il raconté au journal Le Monde.
 
Au final, les deux journalistes indépendants, auteurs de nombreux ouvrages, se sont engagés par écrit à « ne plus rien écrire sur le roi du Maroc », en échange de deux millions d’euros. Un marché conclu jeudi au cours d’un dernier rendez-vous, pendant lequel l’avocat du Maroc leur a remis une enveloppe de 40 000 euros chacun.
 
Mais entre-temps, Rabat avait porté plainte, et la justice française avait ouvert une information judiciaire. Les deux journalistes ont été arrêtés en situation de flagrant délit à la sortie de ce dernier rendez-vous.
 
Un piège ?
 
« Je n’ai jamais voulu faire chanter qui que ce soit. Je suis tombée dans un piège », assure Catherine Graciet. Absente lors des premières rencontres, elle affirme que son coauteur lui a dit avoir rencontré l’avocat du roi, Hicham Naciri, qui lui a « proposé trois millions d’euros contre la non-parution du livre ».
 
Elle se rend à la troisième et dernière rencontre, reconnaît « un accès de faiblesse » lorsqu’elle finit, après « des heures », par accepter un marché à deux millions d’euros ainsi que l’avance de 40 000 euros.
 
Interpellée avec Éric Laurent dans le hall de l’hôtel, elle dit avoir « compris la manipulation, la police en embuscade, les écoutes, le traquenard ».
 
« Je sais que, déontologiquement, moralement, ce n’est pas génial, mais je n’y vois rien de mal pénalement », assure Catherine Graciet.
 
Lundi, les deux journalistes, qui n’ont pas le droit de se contacter mutuellement en raison du contrôle judiciaire, ont tous deux clamé leur volonté de voir finalement leur livre paraître un jour. Mais les Éditions du Seuil ont annoncé qu’elles renonçaient à publier leur livre, initialement attendu au premier semestre 2016.
 
Spécialiste du Maghreb, âgée d’une quarantaine d’années, Catherine Graciet avait publié en 2012, avec Éric Laurent, un livre accusateur contre Mohammed VI, intitulé Le roi prédateur, interdit au Maroc. Vingt ans plus tôt, Éric Laurent signait déjà un livre d’entretiens, beaucoup plus consensuel, avec l’ancien roi Hassan II, père de Mohammed VI.

ledevoir.com


              

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