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L’élection présidentielle : L’insignifiance d’un scrutin…


Mauritanie
Jeudi 19 Juin 2014 - 18:00

Samedi prochain, 21 juin, se jouera le premier – le dernier sans doute- tour de l’élection présidentielle en Mauritanie. Cinq candidats en lice. Qui ont eu, chacun son temps d’antenne réglementaire, durant toute la campagne. C’est l’unique point commun. Sur le terrain, il y a une présence peu enthousiasmée, c’est vrai, du candidat à sa propre succession, Mohamed Ould Abdel Aziz.


L’élection présidentielle : L’insignifiance d’un scrutin…
L’enthousiasme passe par-là, lorsque le candidat à sa propre succession est dans les parages. A Nouakchott, comme ailleurs, c’est pareil. La campagne présidentielle se meurt en l’absence du candidat favori. Avec, les autres candidats la mort l’accompagne partout, la campagne pour la présidentielle du 21 juin 2014. Elle manque beaucoup trop de tonicité. Même si Mohamed Ould Abdel Aziz tente, à chaque fois, à travers ses sorties médiatiques, de jouer la passion. Mais, à chaque fois, en s’en prenant à des adversaires, qui boycottent l’élection. Chaque sortie apporte son lot d’anathèmes d’avanies et d’autres insultes dont on accable l’opposition boycottiste : ‘’ Les criminels, les vieillards séniles, les auteurs de toutes les dérives racistes, de gabegie et il en passe.’’

Comme si on est dans une campagne dont l’enjeu est ailleurs. Qu’on s’achemine vers un scrutin dont l’enjeu est en dehors du scrutin. Puisqu’on le sait bien, par anticipation, l’issue de ce scrutin est connue. On aime bien au passage parler du taux de participation. Le présenter comme le véritable enjeu dans une élection sans enjeu. Mais, le taux de participation, même celui-là, quel que soit son niveau, en hausse, ne saurait vouloir dire quelque chose. Car, la campagne présidentielle, en cours, ne saurait donner mieux que ce qu’elle a. Il serait bien surprenant, en tout cas, de sortir avec un taux de participation significatif. Au quel cas, l’épine de la question de légitimité d’une élection aura, en parallèle, sa jumelle plantée dans le pied de l’homme reconduit, de fait, pour un second mandat.

Cette fois-ci, la légitimité tournerait autour du scrutin. Dans une élection, dont les véritables adversaires sont en dehors de la course, donc pas représentés au niveau des bureaux de vote, on ménagerait facilement tout autre représentant de candidat, qui a participé à la course pour la participation. Et non pas pour l’élection. Si pour la participation, les candidats, les autres vrais-faux candidats, avaient brillé, pendant la campagne présidentielle, par leur absence, c’est dire qu’on peut bien compter sur leur insignifiance, le jour du scrutin.

Risque d’illégitimité en double…

A la CENI, on a ‘’innové une nouvelle approche’’, dit-on, pour décliner le taux de participation. Qui, désormais, selon une haute personnalité de la CENI ‘’ne se calcule plus au niveau de chaque bureau de vote, séparément’’. ‘’Mais, au niveau communal, départemental, régional. C’est pour, selon la même source, éviter les erreurs à des présidents de bureaux pas très expérimentés.’’ Comme pour dire qu’on jamais bien préparé, à la CENI ! ‘’C’est une manière de pomper le taux de participation, en toute sécurité et connivence, lance un observateur.’’ Toutefois, Mohamed Abdel Aziz pourrait bien continuer, même au-delà, de s’attaquer à son opposition. La présentée comme ‘’inexistante’’. ‘’ Sénile.’’ ‘’ Bandes de criminels. Même si cette inexistence, cette sénilité, cette criminalité, elles le dérangent.

Sinon, on comprend mal, comment il aime bien les égratigner. On se souvient du scénario des élections présidentielles 1997, de celui 2003, avec Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya toujours candidat à sa propre succession. Toujours, en tête, dans les deux élections, l’une, la première, boycottée par l’opposition démocratique, la seconde avec une participation enflammée de celle-ci sous différentes couleurs. On se souvient du taux de participation légendaire aussi bien pour l’une que pour l’autre. On se souvient pour la première de l’inexistence de l’opposition, parce que boycottiste lors de la première. Et on se souvient de sa contreperformance en 2003. Comparée aux élections de 1992. Et on vivra plus tard la première élection présidentielle relativement transparente, incontestable et incontestée de 2007. C’était une résurrection, en somme, d’une opposition, depuis longtemps déclarée morte.

La certitude d’un second tour donnait déjà, au cours de la campagne, une certaine crédibilité à cette échéance. C’est tout le contraire du schéma présent. On est sûr d’un passage et au premier d’un seul homme. Celui qui a renversé le premier président élu à l’issue du scrutin de 2007. C’est dire qu’on a connu de toutes les sortes d’élections. C’est dire que jamais le taux de participation n’a été une source de légitimité d’un régime sous les cieux de la Mauritanie. Jamais l’inexistence d’une opposition, ici, n’a été synonyme de sa vraie mort. Le scrutin du 21 juin prochain n’est certes pas le premier dans l’expression de l’insignifiance démocratique, dans ces contrées. Le meilleur taux de participation ne saurait pas le tirer de l’insignifiance démocratique. Non plus.

Source:Rmibiladi


              

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