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Jany Bourdais, directeur de l'IFM : «Noura a su s'ouvrir au monde, voir ce qui se faisait ailleurs, sans oublier d'où elle venait»


Culture
Dimanche 14 Septembre 2014 - 00:53

Arrivé en Mauritanie il y a quatre ans, Jany Bourdais promène depuis sa bonne humeur et son amour immodéré des cultures, dans les couloirs de l'institut français de Mauritanie (IFM). Entretien avec un passionné d'Autrui, et qui livre son regard de la scène artistique mauritanienne.


Jany Bourdais. Crédit : Mamoudou Lamine Kane
Jany Bourdais. Crédit : Mamoudou Lamine Kane
 
Comment percevez-vous l'évolution des arts liés à l'image en Mauritanie ?
 
La plupart des artistes, notamment peintres mauritaniens, traînent la lacune quand même importante de ne pas avoir été formé académiquement. De ce fait, il y a une limite à la conceptualisation de leur travail. Du coup ils n'arrivent pas à parler de leurs œuvres, car ils avancent quasiment au hasard. Maintenant, à travers des rencontres avec des artistes extérieurs, des sessions de formations, il y en a quelques-uns qui émergent du lot. Je pense à Hussein Haïdara, Oumar Ball, Béchir Malum...
 
Depuis quatre ans que vous suivez les actualités artistiques en Mauritanie, quel regard portez-vous sur les scènes culturelles du pays?
 
La sphère culturelle mauritanienne souffre d'un manque de cadre, qui ne peut être défini que par le gouvernement. En France par exemple, le pic créatif des années 80 a coïncidé avec une politique culturelle forte du gouvernement de gauche. En Mauritanie, il n'y a aucune impulsion d'en haut. Ainsi, les forces créatrices ne sont pas en émulation, ou si peu. Les talents qu'il peut y avoir, et qui sont réels et bruts, n'ont pas été affinés dans une académie, et ça se ressent durant toute leur carrière qui suit. Mais un musicien comme Lamine Kane par exemple, avec sa caravane de formation musicale, «Nouakchott Music Action», pour une plus grande professionnalisation des musiciens, peut aider à engendrer des musiciens mieux formés à leur art.
 
Ce manque de formation se voit-il autrement que dans leur processus créatif ?
 
Ce constat en appelle un autre, dans la musique notamment, où du fait de l'irruption presque hasardeuse des talents, le professionnalisme ne suit pas. Quand on dit qu'un concert est à 19h, il doit débuter à 19h, pas à 20h! Cela donne une image très négative de l'artiste. Dans les festivals internationaux on hésite à inviter parfois des mauritaniens, à cause de cela.
 
Noura Mint Seymali. Elle a franchi un énorme cap, en terme de maturité musicale ces deux-trois dernières années...
 
Parce qu'elle travaille dur ! Il n'y a pas de secret à ce niveau-là. Beaucoup d'artistes mauritaniens, que ce soit dans la musique ou les arts, pensent qu'on ne doit travailler que dans la perspective d'une exposition, d'un concert, d'un album ou d'un atelier. Non. Seul le travail rend meilleur; et Noura a su s'ouvrir au monde, voir ce qui se faisait ailleurs, sans oublier d'où elle venait. Ça donne un album d'une qualité vraiment inédite en Mauritanie, et qui devrait rayonner à l'international. Elle enchaîne déjà les tournées dans le monde.
 
Une nouvelle saison culturelle commence à l'IFM. Comment s'annonce-t-elle ?
 
Très riche et chargée ! On veut continuer à présenter les artistes qui éclosent ici, tout en gardant un œil et une inspiration avec ce qui se fait ailleurs aussi. Il y a un nouveau champ artistique, la danse, que l'on veut explorer de plus en plus. En novembre, le chorégraphe français Frank Micheletti, avec la compagnie Kubilai Khan Investigations sera ici, pour nous présenter l'accélération du monde, à travers la danse contemporaine. L'occasion de présenter un groupe de danse de Nouakchott, qu'on espère voir s'affirmer de plus en plus : Cie 5ème Family.
 

Source:Mozaikrim
 
Noorinfo


              

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