Connectez-vous S'inscrire
Noorinfo

Égypte : la police en grève pour dénoncer son instrumentalisation


International
Dimanche 10 Mars 2013 - 20:33

La police égyptienne, secouée par un mouvement de contestation sans précédent, a décidé de ne plus obéir aux ordres, ayant le sentiment d'être instrumentalisée par le pouvoir en place.


Un policier égyptien tire des balles en caoutchouc sur des manifestants, à Port-Saïd. © AFP
Un policier égyptien tire des balles en caoutchouc sur des manifestants, à Port-Saïd. © AFP
Accusés d'usage excessif de la force par l'opposition et les jeunes manifestants hostiles au président islamiste Mohamed Morsi et aux Frères musulmans, les policiers se sentent détestés par leurs concitoyens alors qu'ils assurent respecter simplement les consignes.

« Nous suspendons notre travail sine die car nous refusons d'assumer la responsabilité des erreurs du gouvernement qui veut nous impliquer dans le conflit politique », affirme à l'AFP Hassan Mostafa, un colonel de police à Port-Saïd. « Toute la société est contre nous, elle considère les manifestants (tués dans les heurts) comme des martyrs, alors que nous n'avons même pas le droit de nous défendre », ajoute-t-il.

Frais de conflits politiques

Dans le journal al-Chorouk, le général Hefni Abdel Tawab, du QG de la police à Alexandrie, explique que les policiers « font les frais de conflits politiques, alors qu'ils risquent des poursuites judiciaires (si des manifestants meurent) ou d'être tués » dans les heurts.

Les policiers veulent une loi établissant clairement leurs pouvoirs et leurs devoirs, et réclament des armes pour faire face aux manifestations violentes qui se multiplient depuis novembre.

Le mouvement a débuté il y a plusieurs semaines par des manifestations isolées, mais depuis jeudi, des milliers de policiers se sont mis en grève à travers le pays. Pour essayer d'apaiser les tensions, le ministre de l'Intérieur Mohamed Ibrahim a limogé vendredi le commandant de la police anti-émeutes et a nommé un nouveau chef.

"Limoger le ministre de l'Intérieur"

« Nous poursuivrons notre grève jusqu'à ce que le gouvernement accepte nos revendications, à savoir éloigner la police de la politique (...) et limoger le ministre de l'Intérieur », a répliqué le colonel Mohamed Fawzi, du QG de la police au Caire, dans le journal al-Chorouk.

Ces derniers jours, la contestation s'est étendue aux Forces de la sécurité centrale (FSC, forces anti-émeutes). A Ismaïliya, sur le canal de Suez, les FSC ont refusé de se rendre dans la ville voisine de Port-Saïd, où les heurts entre policiers et manifestants ont fait une cinquantaine de morts, dont trois policiers, depuis fin janvier.

M. Morsi a dû faire appel à l'armée pour assurer la sécurité à Port-Saïd. Il s'agit du premier mouvement de contestation de cette ampleur au sein des FSC depuis 1986.

Instrument de répression

La police est mal vue depuis des décennies par une bonne partie de la population. Et malgré la chute début 2011 de Hosni Moubarak, qui s'appuyait sur un appareil policier brutal et tentaculaire, elle est toujours considérée comme un instrument de répression.

Selon les organisations locales de défense des droits de l'Homme, plus de 70 manifestants ont été tués depuis novembre 2012. Les accusations d'enlèvement ou de tortures ayant coûté la vie à deux jeunes militants, Mohammed El-Guendi et Mohammed el-Chafeï, ont récemment suscité une vive émotion et relancé les appels à la réforme.

Dimanche, le ministre de l'Intérieur a estimé que les grévistes étaient une minorité au sein de la police. Il a aussi défendu les policiers, affirmant que ces derniers n'avaient pas « effectué un seul tir » sur des manifestants depuis le début du soulèvement populaire de 2011.

Pour certains commentateurs, cette grève est une réelle menace, alors que le président Morsi est fortement contesté par une partie de la population. « Le ministère de l'Intérieur est sur le point de s'effondrer (..) et je ne vois d'autre solution qu'une élection présidentielle anticipée », a affirmé Abdel Rahmane Youssef, un éditorialiste islamiste modéré, dans al-Chorouq.

AFP


              

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter





Recherche
Mediapart : Lundi de Pentecôte: vers le retour de la corvée https://t.co/aEkzo6OKy4
Lundi 21 Mai - 12:19
Mediapart : RT @PJanuel: [A lire] Un article de @Mediapart revient sur les multiples abus autour des interdictions administratives de stade. https://t…
Lundi 21 Mai - 10:50
Mediapart : Interdictions de stades: des supporteurs dénoncent un «Minority Report» du foot https://t.co/bEoQMCJZhU
Dimanche 20 Mai - 18:36
Mediapart : «En Inde, être philosophe peut conduire à la mort» https://t.co/v82kB3RHfC
Dimanche 20 Mai - 13:32
Mediapart : Présidentielle au Venezuela: Maduro en confiance, l’opposition boycotte https://t.co/QBGn3VTlPd
Dimanche 20 Mai - 12:16
Mediapart : Grande-Synthe: les exilés kurdes pleurent Mawda, 2 ans, tuée par balle en Belgique https://t.co/kfqXBfajgi
Samedi 19 Mai - 21:06
ALAKHBAR : Combien d’anguilles, sous la roche ?: Un premier pas vers des élections non… https://t.co/dX037mWjPQ #Mauritanie
Mercredi 25 Avril - 15:42
ALAKHBAR : Après la Mauritanie, le Français Bolloré est soupçonné de corruption au Togo et… https://t.co/pGjTyDkJO0 #Mauritanie
Mercredi 25 Avril - 15:42
ALAKHBAR : La Mauritanie, notre pays, ne nous reconnaît pas (Habitants de M. Ahmeidett… https://t.co/DgbhuucI2n #Mauritanie
Mercredi 25 Avril - 08:08
ALAKHBAR : La Mauritanie pénalise l’utilisation des sachets plastiques souples: L… https://t.co/VQuvXVwHsR #Mauritanie
Mercredi 25 Avril - 06:55
ALAKHBAR : Est Mauritanie : la malnutrition frappe les enfants des Adwaba: La malnutrition… https://t.co/rDl29GFSWt #Mauritanie
Lundi 23 Avril - 12:47
ALAKHBAR : Mauritanie : L’opposition prédit des élections "de confrontation": Mohamed Ould… https://t.co/KstUlIWk6e #Mauritanie
Samedi 21 Avril - 18:09