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« ô liberté, comme on s’est joué de toi, ô liberté, que de crimes on a commis en ton nom » ?


Tribunes
Dimanche 28 Juillet 2013 - 22:43

Ce cri du cœur a été lance a la foule, place de la liberté aujourd’hui place de la concorde a Paris par Mme Roland de La Platière égérie du parti des Girondins. Elle était dans la charrette qui l’amenait sous escorte à la guillotine le 4 Novembre 1793 condamnée par ceux avec lesquels, elle fut l’un des fers de lance de la révolution française de 1789 .


« ô liberté, comme on s’est joué de toi, ô liberté, que de crimes on a commis en ton nom » ?
J’aime la liberté que je  chéris sous  comme Prévert dans ‘’Hymne a la liberté’’. J’ai toujours insiste sur la fragilité de notre pays et condamné toutes les formes de violences qu’elles soient des actes ou des paroles à tel point que c’est devenu un radotage permanent mais nécessaire pour continuer à être vigilants. Le radotage est le péché  des retraites, c’est leur antidote contre l’oisiveté, l’absence du débat intellectuel sain et de l’idéalisme range au placard. Depuis 1946, la Mauritanie avait plusieurs partis et la politique était pratiquée dans la diversité des opinions et de façon vertueuse et ‘bon enfant’.  Autant que je puisse remonter mes souvenirs: référendum de 1958 connu sous le vocable du ‘’vote : oui ou non’’, je ne me souviens d’aucun incident qui ai émaillé une élection dans notre pays hormis la bastonnade en 1957 par les gardes cercles et sur ordre de l’administrateur français d’un grand homme politique mauritanien ancien militant du RDA et de L’UGETAN et de l’incident de Nouadhibou lors de la présidentielle de 1992.
 
Si je me remémore aujourd’hui mes lectures de lycéen et quelques textes sur la  révolution française, c’est à cause de toutes ces images de violence aveugle qui nous viennent des quatre coins du monde et que leurs protagonistes ou leurs commanditaires légitiment  par leur volonté d’instaurer la liberté et la démocratie comme solution universelle a l’ensemble des nations  faisant fi de la volonté de ses peuples, de leurs diversités, de leurs histoires, de leurs cultures et de  leurs croyances. Je vois les bombes qui détruisent  toutes les infrastructures d’un pays fruit du travail de plusieurs générations, les dommages collatéraux qui mettent fin à  tant de vies humaines ou les transforment en handicapes permanents, les exodes de millions de personnes hier autonomes et qui deviennent des zombies avec un numéro dans les camps du HCR, les meilleurs cerveaux obligés de s’expatrier si on les accepte comme  apatrides anonymes travaillant à l’expansion d’autres nations, les terres fertiles en friche  que personne ne peut plus  exploiter à cause des bombes et du sifflement des balles, les infrastructures rasées et les institutions d’état déstructurées et les documents  de la mémoire nationale collective perdus pour toujours.
 
Regardons les meurtres de sang-froid des intellectuels tunisiens et libyens, regardons si nous le pouvons encore, les images des populations égyptiennes et syriennes analphabètes qu’on fait descendre dans les places publiques  pour périr sous les balles des terroristes, des policiers, des ‘Baltagia’ et parfois sous celles de ceux qui les ont amené pour mettre le régime du moment dans l’embarras .Je me souviendrais toujours des images de ses  paysans venus du Delta et du Sinaï montes sur leurs chameaux et leurs mules manifestant le matin dans les rues du Caire et le soir fauches par la mitraille. Je ne pense pas que tout cela vient d’une quête consciente de ses peuples pour la liberté et la démocratie. Si ces peuples ont une quête réelle urgente et prioritaire, se serait celle de : d’être en sécurité, d’avoir un toit, d’être soignés, que leurs enfants soient scolarisés, qu’elles aient un espoir de trouver un emploi ou d’enrayer leur analphabétisme. Ces peuples vont à l’abattoir sous l’effet de propagande d’une élite versatile, inconsciente qui cherche uniquement les avantages matériels et les maquerons d’un pouvoir quel qu’il soit.
 
Le concept du ‘’viol des foules par la propagande’’ n’a pas été conçu pour rien. Il en a été fait usage depuis longtemps et a montré sa terrible efficacité. Ces images terribles que nous voyons nous montre qu’il fonctionne à plein régime dans toutes ses contrées. Les images qui nous chagrinent viennent certes de pays frères mais spatialement très éloignés de nous. Tournons plutôt notre regard du cote du peuple malien frère, notre voisin immédiat, celui chez lequel nous nous rendons tous les jours et réciproquement. Il a failli être raille de la carte sous nos yeux avec  les conséquences incalculables que cela aurait eu pu avoir sur notre devenir.
 
Dans ce grand pays héritier d’un empire a histoire millénaire, berceau d’un peuple travailleur, digne courageux : beaucoup d’hommes et de femmes sont morts pour rien, moins de 50% de ses terres ne pas sont cultivées cette année.  Les échanges commerciaux dont  il était le centre pour toute l’Afrique se sont arrêtés. Les transferts importants qui provenaient de sa diaspora se sont déplacés vers d’autres cieux. Des pans entiers de ses populations si fières vivent de la charité internationale dans les pays limitrophes. Pourquoi le Mali frère est dans cette situation ? C’est la bêtise humaine a l’état pur qui a fait chavirer le navire de ce pays qui est entre dans l’histoire avant bien d’autres : Cette erreur de l’histoire n’a pas été celle du peuple malien tout entier. Elle sera inscrite si elle peut avoir place dans l’histoire dans le lourd passif d’une partie de sa classe politique qui a versé dans le tripatouillage, dans la rancune et  l’ambition démesurée.
 
Malgré la situation au Nord, le terrorisme et un régime qui subissait l’usure du pouvoir, les institutions maliennes fonctionnaient bien soutenues en cela par une administration qui a une grande tradition de maitrise de ses dossiers et une compétence avérée. Malgré les écueils, le gouvernement malien et son administration étaient  en train d’organiser des élections qui allaient permettre sous peu un passage de témoin entre le Président sortant et son successeur. Les priorités du nouveau devaient être de rouvrir le dossier du Nord et préparer l’armée à combattre le terrorisme. Certains hommes politiques qui voyaient leurs chances de succès à la présidentielle bien minces  eurent l’idée de provoquer un coup de force afin de rompre la légitimité constitutionnelle et provoquer une transition qui leur serait favorable. L’armée occupée et légaliste, ils firent jouer les fibres régionales, ethniques et les amitiés pour amener la petite garnison de l’école de Kati et son Chef à mettre  sens dessus dessous toutes les institutions de la République l’ ambition démesurée et la rancune rendent les hommes aveugles. Cette forfaiture contre leur pays, Ils la payeront deux fois :

-Ils ouvriront la boite de pandore et le mali faillit être raye de la carte, si la France n’avait pas réagie à temps

-En l’état actuel des choses au Mali, aucun de ceux qui ont conçu ce projet n’a la moindre chance d’arriver à ce poste qu’il convoitait tant et pour lequel il a mis en danger la pérennité de son pays.

La querelle intergénérationnelle est entrain de se vider dans cette élection malienne. D’âpres les sources maliennes, le second tour opposera un ancien haut fonctionnaire de l’ancienne génération et un cadre technocrate jeune et candidat d’un grand parti. Bonne chance pour le Mali que nos cœurs et nos vœux ont toujours accompagne dans toutes ses épreuves  en espérant qu’il renouera très vite avec toute la force et la vertu qui ont forge sa grandeur d’antan. Dr Salem homme politique tunisien sous le Protectorat  disait :’’Notre honneur et notre devoir, ce n’est point de ne point tomber, mais de nous relever chaque fois que nous tombons.’’

Personne ne doit s’ériger un moraliseur des autres, c’est prétentieux et inutile. Notre devoir civique nous impose d’attirer l’attention sur les périls qui nous guettent  dans cette tourmente généralisée à nos frontières Nord et Sud et d’œuvrer pour que la Mauritanie reste sanctifiée contre tous les périls. Les oulémas, les acteurs politiques, les universitaires, la société civile, la presse publique et privée et les simples citoyens  doivent prêcher la tolérance, la paix des cœurs, le droit a la diversité d’opinion et bannir toutes les formes de violence dans les actes et les discours.

Nouakchott, juillet 2013
Brahim Salem ould Boubacar ould Moctar Sambe dit Ould Bouleiba 



              

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