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Zouerate : Les prémices d’un « printemps mauritanien » ?


Actu Mauritanie
Mercredi 29 Mai 2013 - 09:45

Ce qui s’est passé, hier mardi, à Zouerate, est préoccupant. Des centaines de travailleurs qui marchent sur les locaux de la wilaya pour y mettre le feu. Certes, ce n’est pas la première fois que des travailleurs (ou d’autres groupes sociaux) manifestent leur ras-le-bol, mais c’est le symbole qui compte : L’autorité de l’Etat est sérieusement entamée. L’ampleur des dégâts aussi.


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Il faut dire ici que la responsabilité du gouvernement est pleine. On ne peut pas croire qu’il laisse un problème aussi sensible que celui des travailleurs –fussent-ils journaliers – de la plus grande entreprise du pays et deuxième employeur après la Fonction publique perdurer, aboutir à ce que nos hommes politiques de la majorité aiment appeler des « accumulations » pour finalement provoquer ce mouvement de révolte des travailleurs journaliers.

On sait pourtant, que c’est sur injonction du président de la République lui-même, que le dossier avait connu un début de solution. Avec les négociations menées, il y a un peu plus d’un an, par les sociétés intermédiaires pressées par la SNIM de le faire mais c’est comme s’il y avait de la mauvaise foi quelque part. il faut dire aussi que les derniers évènements au Port autonome de Nouakchott dit Port de l’Amitié (PANPA), puis le mouvement des dockers ville à Nouakchott, les manifestations des transporteurs à Aioun, de la mairie de Kiffa, le vent de révolte qui a secoué les zones d’habitats précaires de Dar Naïm, avec l’agression perpétrée contre le maire de cette moughataa, sont une succession de faits qui, mis ensemble, sont la preuve qu’il y a un profond malaise social dont les autorités ne semblent pas prendre conscience, préférant plutôt gérer, à leur manière, une crise politique qui n’en finit pas.


L’intervention de l’armée à Zouerate est salutaire ; il faut même reconnaitre qu’elle a joué pleinement son rôle, en toute responsabilité. Sans user – et abuser- de la force, dont elle dispose pourtant plus que les autres corps appelés à assurer le maintien de l’ordre, mais en assurant aussi la protection des biens publics et privés et la sécurité des personnes. A Nouakchott, le soulagement doit être total de savoir que l’anarchie a cessé. Il faut attendre maintenant le retour du président Mohamed Ould Abdel Aziz pour voir comment il va réagir à tous ces évènements. Car, véritablement, il y a péril en la demeure.

Le rais doit comprendre que des problèmes de ce genre ne peuvent être laissés entre les mains de ministres qui, eux-mêmes, manquent de convictions ! L’idée ambiante que c’est Ould Abdel Aziz, qui pense, décide et exécuté fait plus de ravages que les attaques sans discontinuer d’une opposition qui se délecte des erreurs du pouvoir en place. Je le dis parce que cette histoire de journaliers de la SNIM a trop duré alors qu’on nous avait dit, il y a plusieurs mois, que l’affaire est réglée, avec même une prise de décision, que ce travail de tâcheronnat qui n’est rien d’autre qu’une exploitation de l’homme par l’homme. Un esclavage moderne pur que celui que dénoncent Bira m Ould Dah Ould Abeid et ses amis de l’Initiative pour la Résurgence d’un Mouvement Abolitionniste (IRA).

Aziz doit donc se mettre en avant. Maintenant et ici. La situation sociale l’exige mais aussi la politique. On est aux portes d’élections municipales et législatives où ce qui compte ce n’est pas le passé, aussi glorieux soit-il, mais le présent et l’avenir. Ainsi, le bilan du pouvoir ne peut être mis en avant quand les évènements récents commencent à attirer plus l’attention des citoyens que ce qui a été fait dans le domaine de la lutte contre la gabegie, la réalisation d’infrastructures (routes, écoles, hôpitaux) et de la sécurité.

Car dans tous ces domaines, les populations ont tendance à oublier – ou plutôt à en demander plus – Au moment où les hommes politiques commencent à bouger dans tous les sens, reprenant l’animation bien connue des veilles de campagnes électorales. Des ralliements par-ci, des ralliements par là et, souvent, il ne s’agit que d’individus qui veulent gagner le jackpot. Même si le président Aziz est plutôt connu pour son aversion de cette politique politicienne, celle qui rappelle les pratiques de l’Ancien Régime ! L’acceptation par le rais de ce retour en arrière serait vue par certains comme un mal (non) nécessaire, même si l’on sait qu’il s’agit de la quête de voix par le biais de ceux qui ont toujours tiré profit de leur médiation politique. Son refus sera, lui, un véritable challenge : Aziz, élu à la présidentielle de juillet 2009 à plus de 52% doit maintenant prouver qu’il doit son sacre non pas à l’appel à la rescousse de la « vieille garde » mais à son action personnelle. Pour cela, il ne doit pas laisser la fin de son quinquennat finir dans les troubles sociaux.

Cela reprendra, étrangement, un cycle de violence qu’on a connu un peu partout, en Tunisie, en Egypte, en Libye et même au Sénégal voisin, provoquant la chute des régimes par la force de la rue ou des urnes.

Source:Elhourriya
Noorinfo


              

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