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Ziza : un « Soldat » armé du Sankarisme


Culture
Mercredi 17 Avril 2013 - 09:02

Surnommé « LA BETE DE SCENE », Ziza, ou plus originellement Abdoul Aziz Youssouf Guèye est un rappeur engagé au style hors pair. A l’occasion de la sortie de son premier album le 18 avril 2013 à l’Institut Français de Mauritanie, l’artiste a rencontré l’Authentique. Portrait.


Ziza : un « Soldat » armé du Sankarisme
C’est à l’ilot C, un quartier nanti de Tevrag Zeina qu’habite Abdoul Aziz Youssouf Gueye. Forme athlétique, visage grassouillet, Ziza est un jeune pieux, disciple du grand érudit Sénégalais, Cheikh Baye Niass. Il est le premier lauréat du festival « Assalamalekoum Découverte ».

Autrefois guide touristique, Ziza est englouti par la musique devenue sa source de vie. A la différence de certains de ses collègues rappeurs dont les sorties sont circonscrites en Mauritanie, « LA BETE DE SCENE » aspire à une carrière internationale. « Je veux être un produit africain et non seulement mauritanien. Je veux que ma musique sorte des frontières et soit écoutée par tout le monde » lance-t-il dans un large sourire.À 29 ans, ce natif de M’Bout a une enfance exceptionnelle. Une enfance animée par les études coraniques, des études occidentales et les travaux champêtres loin des parents.

« à M’Bout j’étudiais à l’école coranique et à l’école française. Je me rendais en même temps aux champs pour travailler. J’avais beaucoup de loisirs. Je remercie mes parents de m’avoir inculqué cette éduction qui m’a permis de connaitre mes droits aujourd’hui et aussi de défendre les autres »assure Ziza. Après plusieurs années passées à M’Bout, Abdoul Aziz Guèye décida de se rendre à Nouakchott. C’était 2003. C’était pour lui l’occasion de continuer ses études secondaires au lycée El Mina ; des études chaque jour, menacées par son amour de la musique.

Plus tard, le jeune élève prit la direction de la capitale économique de la Mauritanie, Nouadhibou, puis Zoueratt. De petits boulots par-ci et des stages par-là, Ziza quitte les mines de Zouerate et prend le chemin d’Atar où le tourisme battait son plein. Après une formation dans le secteur du tourisme dans un centre professionnel, Ziza devint guide. « A travers le tourisme, j’ai découvert beaucoup de chose en Mauritanie. J’ai côtoyé beaucoup d’étrangers et j’ai acquis une grande expérience dans le domaine de la communication et dans les rapports entre les individus » En 207, après les attentats à Aleg contre des touristes français, le secteur connaît des difficultés.

Ziza décide de migrer vers Nouakchott. L’attrait vers la musique – qui ne l’avait jamais abandonné- revint de plus belle ». C’est alors qu’il décida de laisser tout tomber pour se focaliser contre cette demande qui lui provenait du font du cœur, celle de la musique. Consacrant son temps au labeur, ses efforts furent rapidement récompensés : il remporta le premier prix du festival Essalemelékoum. Le jeune chantait bien et maitrisait parfaitement sa musique le rap.

Bling bling

Ziza se dit ne pas être un rappeur du Bling- Bling. Il se définit comme la voix du peuple, un messager qui épouse le Sankarisme, les idées du Capitaine Thomas Sankara. « Connaitre ses droits, défendre les droits des opprimés fait de chacun de nous un homme engagé. Un homme engagé est un révolutionnaire. Et un révolutionnaire n’est pas un terroriste. Mon engagement pour les causes nobles m’est venu au constat de la persistance d’inégalités dans mon pays. Il est de mon devoir de prendre mon bâton de pèlerin de sillonner la Mauritanie voire l’Afrique pour que la justice sociale soit rétablie. Ce combat je le mène par ma voix ».En parlant des chefs d’Etats africains, Ziza ne porte pas de gang. Il souligne : « je critique nos dirigeants africains parce qu’ils ne respectent jamais leurs promesses électorales. Parmi ceux-là, je cite notre président qui s’est proclamé président des pauvres mais qui en réalité, nous appauvrit : les prix flambent de jour en jour. Le panier de la ménagère devient de plus en plus léger dans un pays plein de ressources. Si la bonne gouvernance était érigée en règle de conduite, personne ne serait pauvre aujourd’hui ».

Son rêve le plus ardent est de voir l’Afrique redorer son blason en s’imposant comme dans le monde. Pour la Mauritanie, l’artiste exprime un vœu : celui de voir le pays développé et pourvu des meilleurs codes de démocratie et de liberté. Pour cela, il est persuadé que l’ »heure est venu pour le peuple de se réveiller et de prendre son destin en main pacifiquement. « Le peuple doit se réveiller. Il est temps de passer à l’action. Il faut se révolter pacifiquement, se battre en dénonçant nos problèmes, refuser de se vendre pendant les élections et garder notre dignité… Pourquoi pas, briser ce système pour faire avancer les choses ? » lance-t-il comme dans ses morceaux de Rap. Et non sans donner rendez-vous au public le 18 avril prochain à l’Institut français de Nouakchott où il compte lancer son premier album.

Source:Lauthentic
Noorinfo


              

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