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Zakiatou Oualett Halatine, ancienne ministre malienne, et porte-parole de l'association des réfugiés et des victimes de l'Azawad : "On ne peut pas parler d'intervention sans tenir compte de l'opinion de la population"


Société
Vendredi 25 Janvier 2013 - 15:25

Zakiatou Oualett Halatine est une ancienne ministre du gouvernement malien, et ex-fonctionnaire aux Nations-unies. Depuis février 2012, elle s’est exilée en Mauritanie, suite au pillage de sa demeure à Kati. Elle est impliquée activement au sein de l’Association des réfugiés et victimes de l’Azawad (ARVRA) dont elle est la porte-parole.


Zakiatou Oualett Halatine, ancienne ministre malienne, et porte-parole de l'association des réfugiés et des victimes de l'Azawad : "On ne peut pas parler d'intervention sans tenir compte de l'opinion de la population"
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Combien de réfugiés estimez-vous présents à Nouakchott ?

Tous les réfugiés dans les villes ne sont pas pris en compte et ne sont pas considérés comme tels. Or c'est une entorse aux dispositions internationales qui demandent à ce que les réfugiés urbains soient considérés comme des réfugiés classiques.

Il y en avait 6000 répertoriés en mars. Mais aujourd'hui on dépasse les 15.000. La plupart sont dans une grande précarité alarmante, qui s'aggrave de semaine en semaine. Les petits boulots ne sont pas suffisants car ils sont exploités n'ayant pas de titres de réfugiés.

Nous avons toujours demandé au niveau du HCR de régulariser notre situation, en concertation avec les autorités locales; en vain pour le moment.

Comment les réfugiés urbains, particulièrement de Nouakchott, organisent leur vie?

Comme je le disais, beaucoup trouvent des petits boulots, notamment au niveau des jeunes, mais ce n'est pas suffisant. N'oubliez pas que la plupart des réfugiés urbains, sont venus du sud du Mali, de Bamako notamment, et ont subi des pillages, arrivant les mains vides à Nouakchott.

Dans les villes, les réfugiés sont laissés à l'abandon. Nous avons presque 300 étudiants à Nouakchott qui ne font rien. C'est regrettable car ce sont surtout des étudiants du milieu agropastoral où le taux de scolarisation n'atteint pas 20%, et pour qui la survie tient a la qualité de ses ressources humaines. Nous avons saisi les autorités pour qu'ils accèdent aux universités locales.

Je veux tout de même profiter de cette occasion pour remercier les pays frères d'accueil des réfugiés, qui ont été là dans cette situation d'urgence, et la Mauritanie en particulier. Nous sommes conscients des efforts déployés, économiquement, diplomatiquement et en termes de communication pour pallier les situations les plus urgentes des réfugiés maliens.

Le camp de M'Berra, près de Bassiknou est très critiqué par les réfugiés eux-mêmes. Quelles critiques parviennent à vous?

Les femmes du camp sont révoltées. Le problème alimentaire leur tient à coeur et elles regrettent qu'on ne prenne pas en compte leurs spécificités culinaires et culturelles. Nous sommes un peuple nomade et nous vivons de lait et de viande principalement. Du coup, la plupart vont brader leurs rations à Bassiknou pour avoir accès à ces aliments essentiels à leurs yeux.

Aujourd'hui on parle du maintien du camp au-delà d'un an, donc la crise est sérieuse. Dans ce cadre on doit veiller à la mise en place d'une organisation efficace du camp où les avis des réfugiés comptent. Les gens ne demandent pas l'impossible : juste un peu de respect et de considération par rapport à leur identité.

En ce sens, pour permettre une meilleure synergie des ressources en présence, pourquoi ne pas utiliser plus amplement, et intelligemment les ressources humaines disponibles dans les communautés de réfugiés? Ce serait bien de les utiliser au sein des ONG ou même des structures administratives régissant la vie du camp.

Comment évaluez-vous l'évolution de la situation au nord Mali aujourd'hui ?

Il y a une erreur de la communauté internationale qui ne considère pas le problème de la crise malienne sous l'angle des réfugiés, qui sont presque considérés comme des dommages collatéraux quand on voit les velléités guerrières de certains pays. On ne peut pas parler d'intervention sans tenir compte de l'opinion de la population. Et en fin de compte, si on décide de mener une guerre contre les islamistes, dans l'Azawad, ce sera bien pour les populations, non?

Propos recueillis par MLK

Bio express:

Economiste de formation, Zakiyatou Oualett Halatine est spécialisée dans la microfinance et les projets de développement liés à l'Artisanat et au Tourisme. Originaire du Nord Mali, elle a beaucoup oeuvré dans la promotion de la culture touareg.

Elle a plutôt oeuvré à des programmes de créations de revenus pour les populations civiles : qu'elles soient d'anciens réfugiés ou pas : dans les campagnes comme dans les villes et à toutes les populations et couches sociales.
Mamoudou Kane


              


1.Posté par guindo le 10/02/2013 11:57
Merci

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