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Yero Djigo, réalisateur: «Avec la libéralisation de l'audiovisuel, la majorité des mauritaniens, analphabètes, auront accès à des lignes éditoriales indépendantes»


Culture
Jeudi 3 Novembre 2011 - 15:54

Tout frais premier prix du «meilleur film» dans la catégorie nationale, le réalisateur de «les pas des médias» estime que les médias indépendants ne sont pas encore complètement déshabillés des oripeaux du passé, mais que la libéralisation prochaine des ondes, devrait apporter des changements significatifs.


Entre tous les sujets potentiels dans une Mauritanie en pleine mue, pourquoi celui-là précisément comme premier film?

La libéralisation de l'audiovisuel m'a amené à me demander si on n'a pas mis la charrue avant les bœufs, et s'il ne fallait pas d'abord se poser la question des ressources humaines de qualité, et matérielles disponibles, avant celle des autorisations portant créations de ces fameuses radios et chaînes de télévision.

N'ayant pas d'esquisse de réponse en tête, je suis allé la chercher sur le terrain, auprès des acteurs des médias. Le film reprend leurs différents témoignages. Du coup, au final, le film extrapole un peu, et couvre plus de sujets, tels que la censure des années de plomb en Mauritanie, ou encore les nouveaux supports d'information, comme l'internet.

Comment qualifieriez-vous l'état des médias indépendants aujourd'hui en Mauritanie?

Un état malade. Ils ne sont pas loin de la guérison, mais les structures d'aide, et d'accompagnement manquent cruellement encore. Il n'y a pas encore d'agence de presse digne de ce nom en Mauritanie. Une structure indépendante réellement, vis-à-vis d'une tribu, d'un milieu d'affaires, ou de quelque autre groupe de pression. Car le phénomène des «peshmergas» est encore bien ancré dans la réalité des médias mauritaniens.

Avec la libéralisation de l'audiovisuel, je pense qu'on aura un meilleur tableau de bord, pour tester l'état des médias indépendants, qui vont entrer dans une ère d'information de masse. D'autant plus que pour la première fois, la majorité du pays, analphabète, aura accès à des lignes éditoriales indépendantes, radio ou télévisées.

Où se situe la haute autorité de presse et de l'audiovisuel (HAPA) dans tout ça justement? De votre point de vue, peut-on parler d'un organe indépendant?

C'est l'arbitre de la presse et de l'audiovisuel comme son nom l'indique. À ce titre, elle devrait être essentiellement constituée de membres issus de cette branche socio-professionnelle; or ce n'est pas le cas. C'est une des principales critiques qui reviennent dans les bouches des journalistes que j'ai eu à rencontrer: «La HAPA est trop politisée, et on est sous-représentés». C'est un des combats affichés par le syndicat des journalistes mauritaniens, qui se bat pour faire de la HAPA un organe indépendant, arbitral de la presse et de l'audiovisuel, et qui intégrerait en son sein, plus d'acteurs des médias.

Quel a été votre coup de cœur lors de la dernière SENAF?

«Massassa» de Salma Mint Cheikh. Comme tout enfant mauritanien, on a entendu ces histoires de sorcières que nos proches nous contaient pour nous éloigner de certains voisinages, ou endroits. Et là, ce rendu nostalgique est bien présent dans la réalisation; j'ai eu l'impression de replonger dans mon enfance.

Propos recueillis par MLK

Mamoudou Kane


              

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