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Yero Djigo : L’enfant prodige du cinéma mauritanien


Culture
Jeudi 15 Novembre 2012 - 16:00

Lauréat de la SENAF (Semaine Nationale du Film) 2012, devenue aujourd’hui NOUAKSHORT FILM sous la férule de la Maison des Cinéastes dans la catégorie court métrage , " la vengeance de Faiza " de Yéro Djigo, fait de ce jeune homme l’étoile montante du cinéma mauritanien. Portrait.


Yero Djigo : L’enfant prodige du cinéma mauritanien
L’après midi du dimanche 11 novembre, c’est la méditation, le relaxe, le rafraichissement autour d’un verre de coca-cola, d’une canette de Fanta, du café, entre des bouffées de cigarette, dans l’espace convivial à la K’fet de l’Institut Français de Mauritanie (IFM).

Vêtu d’une chemise courte manche, de couleur rouge avec rayures, un pantalon jeans bleu, Yero Djigo, promène son regard caché derrière des lunettes noires fumées, sur la terrasse de l’IFM comme pour chercher la personne à qui il avait donné rendez-vous. TAIZ, comme l’appelle ses intimes et son ami prirent place sur des chaises de la k’fet et commandèrent des apéritifs escortés de petits glaçons. Dans un large sourire il lance : " les journalistes veulent faire de moi une star du cinéma mauritanien ".

Né à Rosso, Yéro a grandi cependant dans les banlieues de Nouakchott où il poursuivi ses études. Aujourd’hui, il est reporter photo-vidéo et réalisateur. Ce qui lui a valu cette notoriété qui le surprend. " J’ai fait beaucoup moins de films, mais bon, le cinéma pour moi, ce n’est pas un abonnement médical " lâcha-t-il dans un ricanement où sa voix rauque et virile détonnait. " Dans mon dernier film, poursuit-il, j’ai beaucoup travaillé avec des femmes violentées à Nouakchott. C’est un film inédit, alors j’ai décidé de le projeter pendant Nouakshort Film".

A l’âge de 32 ans, Yéro Djigo est marié à une occidentale et père de deux enfants. " Il faut écrire né en 1980 comme ça j’aurai l’air moins jeune. J’ai beaucoup de choses à faire" réclame-t-il dans une raillerie. En 2000 Yéro était un vidéaste et infographe dans la banlieue de la Médina3.

Il a travaillé au studio Tom Bass devenu aujourd’hui "308" avant de rencontrer "2004", son ami, Bedi Hormo alias Momo, journaliste reporter d’image à l’agence Sahara média qui l’a parachuté dans le monde professionnel. "Je filmais les cérémonies de mes amis footballeurs. Mais je détestais filmer dans les mariages ou les baptêmes " se confia-t-il. Recruté par l’agence Sahara media en 2007, TAIZ entre dans le monde de l’information et filme son premier documentaire intitulé : " l’immigration clandestine " avec un journaliste français basé à Rabat, Dominique Christian Mollar. En 2010, le service de l’Ambassade de France lui offre une bourse de formation en Journalisme Reporter d’Image à Montpellier.

Un an après, le jeune cinéphile commence à s’intéresser au cinéma et côtoie les grandes figures du cinéma mauritanien telles qu’Abderrahmane Sissako, Abderrahmane Salem, Directeur de la Maison des Cinéastes, Hamet Oumar Ly du studio HOLPAC. Dans la même année, il réalise son premier court métrage " les pas des médias " qui lui valu d’être le lauréat de la SENAF en 2011.il souligne : " J’ai fait le film à la suite de la libération des ondes. Je me suis posé cette question : pourquoi libère-t-on les médias audiovisuels alors que le terrain n’est pas encore préparé ?est qu’ils n’ont pas mis les charrues avant les bœufs ?alors pour trouver la réponse, je suis descendu sur le terrain interroger les professionnels des médias ".

Le réalisateur ne se fait pas d’illusion sur le cinéma mauritanien qui n’a pas encore sorti du bout du tunnel. " Comme tous les autres pays, le cinéma mauritanien est encore à la traine. Les jeunes cinéastes ont beaucoup de difficultés parce qu’il y a un manque cruel de matériels, de salles entres autres "confie Yéro Djigo. " Le soutien nous manque énormément.les idées sont là mais les moyens font défauts. Nous avons besoin à la limite des cameras à l’instar de Red-one pour pouvoir faire quelque chose " réclame-t-il. TAIZ est frappé par les figures vivantes du cinéma à l’instar de Med Hondo.il lance : " si nous amenons ces hommes dans leur pays à l’instar de Hondo, c’est sur qu’ils feront beaucoup de choses.il y en a plein comme celui là qui vit en Europe ".

Aujourd’hui adulé par le public mauritanien, Yéro Djigo veut que la Mauritanie soit comme Hollywood dans le domaine du cinéma. " Le potentiel est là mais nous ne voyons pas de bâilleurs de fonds, d’investisseurs et de matériels à l’heure où l’africain st plus captivé par l’image que par l’écrit " conclue Yéro Djigo.

Cheikh Oumar NDiaye
Source: lauthentic.info


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