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Woodi Wiljo Oosterom Van Der Laan Bâh, fondatrice de Silent Work : "75% des sourds du monde sont africains. Ils méritent qu'on leur prête attention"


Société
Mardi 18 Mars 2014 - 00:30

Sur le continent de l'oralité, être sourd et muet c'est être confronté à l'abandon aux portes du travail et de la société. Des structures éducatives ont fleuri un peu partout en Afrique ces deux dernières décennies. En Mauritanie, la Maison des sourds à Basra, est la pionnière dans ce domaine. Une expérience rendue possible entre autre grâce à Woodi Van Der Laan Bâh, fondatrice de "Silence Work", qui finance à 100% ce projet. Entretien.


Woodi Wiljo Oosterom Van Der Laan Bâh, fondatrice de Silent Work : "75% des sourds du monde sont africains. Ils méritent qu'on leur prête attention"
Comment un tel projet s'est imposé dans les perspectives de "Silent work"?
 
Nous sommes d'abord partis d'un simple constat : 75% des sourds du monde entier sont africains! Un des objectifs principaux de notre fondation est d'aider les enfants oubliés du continent-mère. Et particulièrement les enfants-sourds, sont parmi les plus occultés.
 
Quel compte-rendu feriez-vous aujourd'hui trois ans après l'ouverture, de ce centre de formation des sourds et muets ?
 
La Maison des Sourds a été fondée pour donner aux jeunes gens sourds qui n’ont pas eu, ou qui ont eu peu d’éducation, un endroit où ils peuvent se rencontrer et échanger des idées, avoir de l’information, et se former une opinion en parlant la même langue. Ce dernier point est d'une importance cruciale!
 
Ensuite, il est également important pour ces jeunes, de recevoir une bonne formation, donnée par des professeurs compétents, et traduite par voie de visualisation et langue de signes. Ils peuvent viser une professionnalisation complète avec cette formation. 
 
Trois ans plus tard, la première promotion va éclore ; nous aurons une idée précise dans quelques semaines du succès de la seconde étape de l'école : l'insertion de ces professionnels sourds qui ont acquis lors de la première étape une formation à toutes épreuves qui n'a rien à envier à celle des bien-entendants.
 
 
Comment impliquer davantage la société et les proches des sourds dans leur communication avec ces derniers ?
 
Il y a une pédagogie générale à vulgariser : il y a un lien spécifique à créer, compte tenu du mur du silence qui sépare les mal-entendants des entendants. Il faut diffuser et positiver, les possibilités, les limites, la compréhension, l’empathie et les causes de la surdité. À partir de là on peut évoquer la "visualisation" nécessaire à cette communication : par les signes notamment et les expressions faciales notamment.
 
Car au quotidien, les sourds en général, et en mauritanie en particulier, souffrent d'une image de "poids morts pour la société": les horizons sont bouchés. Pour eux pas de rêves de devenir, pas d'accomplissement professionnel, intellectuel ou social. Ils sont en marge. La première étape, et qu'on achève entre autres avec la maison des sourds, est de les rendre capables professionnellement, mais aussi intellectuellement et de pouvoir communiquer avec leurs entourages. Après cela ils seront autonomes et pourront porter leurs propres ambitions personnelles.
 
Et l'écriture ?
 
L'écriture est presque au centre de leur apprentissage et de leur insertion. C'est un des principaux outils qui leur facilitera leur entrée dans le monde professionnel.
 
Avec la méthode du "cercle rouge", spécialement conçue et engagée pour le sourd-muet, ce dernier apprend à lire, les mathématiques, à écrire, au même niveau que l'enfant non-sourd.
 
Les pédagogues mauritaniens s'en sortent aisément ?
 
Oui! Avec des professeurs bien formés, il est possible de donner une bonne éducation aux sourds, même jusqu’au collège. Nous voulons aujourd'hui débuter avec une classe spéciale de dix enfants sourds, et leur apprendre à lire, écrire, et développer leur esprit, pendant deux ans, avec le même niveau inculqué à des jeunes entendants du collège.
 
Ces dix enfants iront ensuite, avec un traducteur de langue de signes, dans un collège du cursus normal, où ils pourront suivre l’enseignement comme les enfants non-sourds.
 
Dans cette perspective, il est dans nos objectifs à moyen terme, d’initier cet enseignement spécifique et particulier, dans chaque région de Mauritanie.
 
Propos recueillis par MLK
Mamoudou Kane


              


1.Posté par Bakari Abdoulaye Tandia le 28/03/2014 23:40
L'école des sourds du Guidimakha en Mauritanie a envoyé quatre enfants sourds à la maisons des sourds de Nouakchot
Le constat des parents d'enfants sourds du Guidimakha que ces sourds après les trois ans de formations en couture menuiserie art plastique en boulangerie ont reçu une bonne formation, donnée par des professeurs compétents.

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