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Voyage avec un islamiste sur Mauritania Airlines et les délires du magazine de Ould Ely…


A.O.S.A
Dimanche 17 Mars 2013 - 03:03


Voyage avec un islamiste sur Mauritania Airlines et les délires du magazine de Ould Ely…
Quand on voyage sur ce genre de compagnie, connaissant nos compatriotes, on est sûr d’avoir un voyage pittoresque surtout sur les vols en sens inverse venant de Brazza : là c’est souvent une calamité jusqu’à Bamako surtout pendant les vacances scolaires.  Le comble, c’est que la compagnie dépassée par le nombre de personnes qui ne respectent pas leur numéro de place, instaure d’emblée le « free sitting ». Ce mot très tendance pour ceux qui ne parlent pas anglais, ne signifie rien d’autre en français que « pagaille » à savoir que chacun s’installe là où il peut étant donné que les premiers à s’installer firent comme ils veulent… Rien de dramatique jusque-là… 
 
D’ailleurs cela a même son charme car les derniers servis en matière de place peuvent choisir avec qui ils veulent s’assoir… C’est ainsi, qu’on a vu arriver, un barbu, bien rond machallah avec son Coran portatif à la main traverser la moitié de l’avion en regardant de gauche à droite afin de trouver le plus digne compagnon de voyage.  Quelle ne fut pas ma surprise quand arrivé du côté de mon Hublot, il me regarda avec un air de confrérie comme s’il s’attendait à ce que je lui dise « tfadal... » avant même qu’il ne demande si la place est prise. 
 
Lui ayant répondu qu’il pouvait prendre ses aises, il ne se fit pas prier machallah. Comme pour remercier ce jeune  compatriote dont la barbe grise et le regard bienveillant semblaient gages de fraternité en religion, il se mit à psalmodier le coran d’une tendre façon à la bonne vitesse et non comme certains, à la vitesse du sacrilège, mâchant les mots en débitant le texte saint de façon cacophonique.
 
Très vite, je me suis dit qu’avec ce ton comme il faut, il pouvait continuer pendant 5 heures, ce serait très bien. Soudain, j’ai entendu sa voix trembler comme un artiste dérangé par un parterre peu respectueux du talent du maître. Je tendis l’oreille vers l’arrière pour saisir le problème qui commençait à nuire au cadeau que l’islamiste semblait faire à la galerie.
 
Juste derrière lui, un maure commençait une altercation avec un ivoirien du rang d’à côté qui estimait que le maure avait tort car il n’y a jamais de « free sitting » chez la compagnie nationale ivoirienne. Le maure assurait que si, l’ivoirien lui que non ; le maure insistait, l’ivoirien lui dit diplomatiquement qu’il est du ministère des affaires étrangères avec  le ton d’un simple agent en classe économique qui se donne des airs de premier conseiller qui lutte contre la gabegie. Notre diplomate ivoirien demanda comme un huissier au maure s’il était prêt à notifier par écrit son témoignage ; le maure assura qu’il était prêt à tout comme s’il imaginait que cet agent diplomatique n’avait pas plus de pouvoir en matière de doléances que la boîte à réclamation dans l’aéroport.
 
Les deux nationalistes défendaient chacun sa compagnie pendant que mon islamiste lui changeait petit à petit de ton. Plus les compères intensifiaient leurs échanges, plus mon islamiste élevait la voix en poursuivant sa lecture. A un moment tout le charme de sa récitation disparut, il s’arrêta et me regardant d’un air désolé comme pour me prendre à témoin : « entre-nous, ce qu’ils disent, ça doit être vraiment pas important » dit-il en m’indiquant le Coran d’un geste de la main qui disait « par rapport à ceci…».
 
Peut-être espérait-il que son  jeune frère en barbe et en religion intervienne à sa place pour que le silence revienne et qu’il puisse poursuivre ce cadeau fait à l’assistance. Voyant que j’acquiesçais à propos du blavaïda des compères derrière mais sans aller plus loin, il reprit son ton haut comme un djihad pour imposer le saint Verbe avant le décollage contre la discussion des compères qui semblaient n’avoir que faire de prier avant le décollage.
 
Finalement tout le monde se tut et l’avion décolla avec le murmure de mon voisin qui continuait ses prières avec le ton qu’il faut. Puis voulant bavarder avec son jeune compagnon à la barbe grise histoire de tuer le temps, il comprit vite à mes réponses que j’étais très poli mais apparemment trop fatigué pour échanger en arabe. Cela a dû être une surprise et peut-être même une déception pour ce gaillard qui devait alors penser, akhirou zemane, que la barbe ne fait plus le moine décidément...
 
Voulant savoir mon nom, ma tribu et ma région, il me sortit sa carte d’identité en parlant d’Abidjan. C’est un mauritanien comme tant d’autres qui vivent en Afrique ; commerçant aisé, à l’abri du besoin, on sent que ce n’est pas un mauritanien de la Mauritanie d’aujourd’hui ; celle dans laquelle nous pataugeons. Ils viennent en Mauritanie pour retourner voir les leurs au bled avant de retourner là où ils habitent depuis des générations, de l’autre côté de nos frontières. Celui-là vient de « bongo » qui, comme son nom de l’indique pas, est un bon coin du Hodh me dit-il.
 
Toujours est-il que petit à petit il comprit que mon arabe est maigre et mon hassanya lahac, ce qui ne l’empêcha pas de me trouver sympathique quand au décollage ses oreilles se sont bouchées. Il fit de gros yeux en disant que ses oreilles allaient éclater. Fallait voir sa tête quand on lui dit comment se pincer le nez et décompresser. On aurait dit qu’on lui avait sauvé la vie.
 
Mais qui pouvait imaginer que derrière ce gaillard, tout bonhomme, aux longs ongles pas très propres et au regard pétillant avec tous les airs du bédouin aventurier, se cachait un parfait bilingue avec un accent du meilleur parisien ? Fallait l’entendre quand le steward vint le voir pour expliquer quelque chose en français, il lui a répondu avec l’accent des canadiens qui se moquent de l’accent parisien. C’est ainsi qu’il confirma en français parfait en prenant mon journal que les coupures à Abidjan ces temps derniers n’ont rien à voir avec des délestages mais qu’il s’agissait plutôt du vol des câbles en cuivre dont le cours a grimpé.
 
J’ai alors laissé mon adorable marabout à d’autres mauritaniens qui cherchaient du réseau mauritel à Bamako car les téléphones dans les avions mauritanian c’est aussi une affaire. Sans vous connaître, un compatriote vous demande s’il vous reste du crédit non pas pour donner un coup de fil urgent mais pour bavarder tout le temps qu’il faudra pour le vider alors il vous rendra  la chose avec humour de sorte que vous soyez gêné de ne pas avoir assez de crédit pour que cet inconnu puisse  parler une heure entière. C’est le retournement de valeurs devenu de chez nous : celui qui demande n’a honte de rien contrairement à celui qui rend le service.
 
C’est d’ailleurs là que j’ai appris que certains de nos compatriotes se rendant à Nouakchott ne «  coupaient » un billet que jusqu’à Bamako ensuite au lieu de descendre, ils restent à bord jusqu’à Nouakchott. Mais apparemment la combine ne fonctionne plus car un jeune semble aujourd’hui en avoir fait les frais…
Passons.
 
N’ayant plus rien à regarder à bord, j’ai pris un magazine en face de moi. C’est là que je suis  tombé sur un plagiat éhonté et autre trafic de carte cautionnés par Hassana  Ould Ely D.G de Mauritania Airlines…
 
En effet, la confrérie des médiocres a encore frappé. Publié gratuitement en excellente qualité entre 20.000 et 30.000 exemplaires, le magazine « El Mousssafir » de Mauritania Airlines est un magasine de bord comme d’autres sauf que celui-ci est tout plein de plagiat, de prise de position pro-marocaine et surtout de bêtises en tout genre...

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chezvlane


              

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