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Noorinfo

Voilà pourquoi Ghazouani ne sera pas président après Aziz...


A.O.S.A
Jeudi 2 Mars 2017 - 14:48


Voilà pourquoi Ghazouani ne sera pas président après Aziz...

Sans connaître Aziz directement, on peut avoir une idée relativement claire de son profil psychologique en matière politique ou du moins son rapport aux liens relevant de la loyauté quand ils peuvent être en conflit avec un caractère. Pour cela il suffit de regarder attentivement son comportement depuis 2005 avec tous ses alliés pour en avoir une sérieuse idée.

 

Après 12 ans à la tête de l’état directement ou indirectement, c’est-à-dire depuis le coup d’état contre son mentor Taya en 2005, il est peut-être temps de faire un bilan du profil du leader au sens américain du terme. Ceux qui l’ont connu jeune ou militaire lambda avant le basep ont certainement de lui une idée juste mais Aziz n’est plus que cela. Un homme se construit disait Mitterrand et Aziz a pris de l’envergure avec l’exercice du pouvoir et les différentes épreuves dont les plus dures furent personnelles : la balle présumée amie et le décès de son fils Ahmedou allah yarahmou.

 

Ceux qui ont connu Aziz jeune et les politiques qui n’ont connu que le Aziz de 2005 à  2008 sont dépassés par le personnage car ce Aziz-là a changé. Personne en Mauritanie aujourd’hui ne peut se dire son égal ni en pouvoir ni en renseignements ni en connexion avec les puissances étrangères des 4 continents ni certainement en fortune car sans fortune, on n’est pas respecté dans les pays du tiers-monde quand on est un chef de l’état, du moins la fortune permet de renforcer la légitimité.

 

Si Aziz a pu rester des mois entre la vie et la mort à Paris sans que rien ne bouge à Nouakchott dans l’armée, si Aziz a toujours circulé dans le monde sans se poser aucune question quant à sa sécurité à Nouakchott, c’est que l’armée est bien tenue. De ce côté, il a compris depuis le début qu’il ne peut rien faire seul à moins de sévir par la terreur. C’est peut-être le seul domaine où il a encore des hommes en qui il a pleinement confiance peut-être car ils ont été placés avec en commun qu’une seule chose : l’allégeance au chef du moment : lui.

 

Le problème désormais c’est l’avenir. Normalement, si l’armée avait atteint un haut degré de maturité dans un pays où elle n’a à affronter aucune force civile significative armée ou non, cette armée devrait pouvoir produire tous les dix ans un chef civilisé pour devenir président. Dix ans pour respecter la constitution pour ce qu’elle vaut du moins respecter les apparences démocratiques ou  le fameux processus démocratique en cours qui justifie cette vitesse d’exécution à pas de tortue avec parfois un pas en avant deux en arrière : on rectifie comme on peut.

 


L’équation est simple : l’armée mauritanienne n’a qu’un mérite celui d’être équilibrée, c’est la grande muette par excellence. Rien ne sort de là-bas ou si peu. On entend bien que tel ou tel est dans les affaires ici ou là mais jamais de scandale et aucune preuve de rien. S’il y a des tensions car on y trouve des courants divers, cela reste sous cloche comme si les patrons de l’armée savaient comment faire pour étouffer dans l’œuf tout problème en sachant comment équilibrer les privilèges, neutraliser les jalousies et laisser les couleuvres à avaler aux impuissants.

 

Aussi à défaut de devenir une armée sénégalaise ou béninoise faisant son travail dans les casernes sans s ‘occuper d’imposer leurs volontés aux civils, l’armée mauritanienne doit pouvoir continuer dans la lancée Azizienne pour assurer sa survie sans quoi elle ne tiendrait plus debout car les civils y feraient le ménage décrété par Sidioca : cela reviendrait à vider l’administration mauritanienne des faux diplômes, autant dire un chômage général, des dizaines de milliers de familles impactées au cœur du pouvoir. Ce serait le soulèvement assuré.

 

Aziz a prouvé qu’en Mauritanie on pouvait être un général et gouverner sans verser le sang comme Taya, sans terroriser les mauritaniens comme Haidalla pour ne citer que les plus redoutables présidents militaires. Aziz a prouvé qu’on peut gouverner en laissant la liberté d’expression, ce qui est impossible sous un régime autoritaire partout dans le monde. Bien sûr le pouvoir sait comment intimider tel ou tel en s’en prenant à sa famille, cela est arrivé avec Hanevy. Il faut dire que Hanevy n’est pas un journaliste comme un autre et fait feu de tout bois vert ou mort sans s’encombrer toujours de la bonne foi, l’essentiel étant que le coup porte.

 

Si le régime est cruel c’est surtout psychologiquement. Aziz tient le système par le salaire, les privilèges à un clan ou une tribu et même à ses soutiens : ainsi a-t-on vu Messoud tendre la langue après avoir joué au rebelle quand Aziz avait coupé les vivres de sa boutique du conseil économique.

 

Si ce pays est tenu, ce n’est pas par la violence physique, juste par la peur financière, la peur de la perte de l’emploi, la soif de l’ambition, les illusions de la patience, la culture de la résignation. Sinon comment expliquer ce miracle dictatorial avec des prisons vides et des médias libres ?

 

Seul quelqu’un comme Aziz peut supporter une liberté de presse pareille car il sait les avantages que cela apporte de laisser les gens se libérer, cirer leur haine et leur rancœur, s’occuper à parler à écrire à chanter mais incapables jamais d’agir sur le terrain.

 


Le profil psychologique d’Aziz fait qu’il n’est pas intéressé par les dires stériles, il sait ce qui compte pour tenir le pouvoir et ne perd pas l’essentiel de vue. Tout ce qui se passe autour en matière de bruit, ne l’intéresse pas, il est probable d’ailleurs qu’il n’ait pas même le temps d’en entendre parler vu tout ce qu’il doit savoir pour sa sécurité, celle du pays, ses affaires et celles des gens qui comptent dans le petit monde où le vrai pouvoir passe de main en main.

 

Avec cette recette, jusqu’à présent il a tenu bon sans prendre la grosse tête mais ça commence à mal tourner car c’est trop de pouvoir pour un seul homme. On sent des signes qui ne trompent pas : tendance à la folie des grandeurs en matière diplomatique, signe de crise mystique en matière religieuse mais toujours aucun signe de paranoïa ; preuve encore une fois que sa sécurité n’est pas entre ses mains exclusives.

 

Nous en arrivons à Ghazouani. Si la paranoïa qui pourrit les régimes de cette nature n’a pas atteint Aziz c’est qu’il a une entière confiance en Ghazouani et leurs hommes et d’ailleurs l’armée toute entière n’a aucune raison de se plaindre de ce régime qui l’a sauvée de la misère, de l’humiliation et de la débâcle sauf  que l’heure de la relève a sonné…

 

C’est l’heure de vérité. Aziz a toujours essayé de s’accrocher à la façade démocratique tant que c’était possible. Si Sidioca ne l’avait pas limogé il aurait pris le pouvoir par les frondeurs en agitant la rue et l’assemblée pour le pousser à la démission. Jamais il n’aurait été accusé d’avoir déposé un président démocratiquement élu : péché originel qui explique tout ce que nous vivons depuis avec un président qui cherche une légitimité et un pardon que l’opposition lui refuse malgré une élection libre et transparente selon la cuisine qui fit élire l’inconnu Sidioca. Politique de l’opposition qui le pousse à s’accrocher au pouvoir et surtout à l’armée :  de là  ce que nous voyons en matière d’unité nationale à savoir tout ce qu’il faut pour diviser et régner.

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chezvlane


              

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