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Visa – Schengen : 12 ans après, la France m’invite désormais à aller et venir à ma guise…


A.O.S.A
Mercredi 29 Août 2012 - 02:22


Visa – Schengen : 12 ans après, la France m’invite désormais à aller et venir à ma guise…
Ayant déjà pris l’opinion publique à témoin avant même d’y aller, je me dois de lui annoncer qu’après avoir déposé un dossier on ne peut plus complet, le consulat ayant pris connaissance des divers éléments du dossier m’a délivré un visa de circulation d’un an renouvelable. Francophonité active mise à part, c’est une remarquable marque de confiance à laquelle nul métis ni parent de métis ne peut être insensible même si on peut gentiment estimer que c’est un peu chiche car les USA délivrent des visas de 5 ans. Cela dit, à cheval donné, on ne compte pas les vrérates, aussi à cette marque de confiance, je réponds merci.
 
Ainsi s’achèvent 12 ans de boycott par lesquels je m’étais juré de ne plus aller en France. N’eût été la sagesse d’un ami écrivain que j’ai découvert bien tard mais à l’heure du destin, Sylvain Fourcassié, je n’allais jamais me faire violence en allant suivre la procédure d’obtention de visa. C’est lui, après avoir lu quelques-uns de mes laborieux travaux, qui seul a compris pourquoi je n’écrirai plus rien de sérieux car lui seul a saisi combien était profonde la déchirure.
 
 
Pourquoi a-t-il été sensible à la situation, peut-être parce qu’il s’agit d’un écrivain et que mon cas relève de l’action culturelle dont c’est aussi la profession. Toujours est-il qu’il m’a convaincu qu’avec un dossier comme le mien, je ne devrais pas avoir de souci de visa car tout est une question de confiance.
 
En vérité, tout est aussi une question de destin ; ceux qui ont déjà eu de la chance dans leur vie jusqu’à un certain point comprendront. Je vous parle de chance de vraie, celle qui relève d’une main invisible qui vous ouvre toutes les portes avec un tel excès de zèle que vous ne saisissez que bien plus tard qu’il ne s’agissait que d’un lot de tentations pour vous mener d’un point a à un point b comme on va d’un point haut à un point bas.
 
Ceux qui ont connu cela savent ce qu’on ressent quand on sent que la main invisible qui vous protégeait, se replie ou s’est repliée. Il n’y a alors plus rien à faire, c’est la chute. Vous aurez beau vous accrocher en brisant vos ongles ensanglantés sur les parois de votre vie, rien n’arrêtera votre chute et nul ne pourra vous venir en aide : on appelle cela traverser le désert car ce désert ne se traverse pas sauf miracle car seul un geste de la main invisible qui vous y a jetés peut vous en sortir.
 
 
Puis un jour, on sent l’appel de destin comme j’ai senti l’appel de Paris. Alors on s’agite, on décide de briser les chaînes, de lutter contre le sort avec l’énergie du désespoir sans trop y croire alors petit à petit, un signe après l’autre, le malheur se dissipe et un peu de chance revient. Hamdoullah. On sent alors la main invisible ou plutôt l’aile de votre ange gardien de retour qui semble vous dire « alors imbécile, j’espère que tu as compris maintenant après tant de gâchis que tu avais de la chance… »
 
« Le bonheur cette chose qui n’existe pas et qui pourtant un jour n’est plus… » disait l’autre. 
 
Me voilà parti pour le coup de fil via africatel, puis le rendez-vous entre un à deux mois puis les documents, l’attestation bancaire, l’assurance, l’attestation d’accueil  etc. Finalement aujourd’hui, j’ai eu le fameux visa. Cela m’a fait un effet curieux comme si je devenais enfin libre car plus que pouvoir aller et venir, c’est l’interdiction qui humilie les gens car à toutes les époques, l’homme a pu voyager à sa guise à ses risques et périls le temps qu’il fallait mais il avait le droit. Ce n’est qu’avec la disparité des modes de vie et les flux migratoires ingérables qu’il a fallu dire « stop » avec plus ou moins de bonheur et d’injustice. 
 
Nous voilà donc à une époque où certains vivent en se disant qu’il leur est interdit de sortir de chez eux ou du moins d’aller en occident car ils sont trop pauvres car plane sur eux le spectre du clandestin potentiel comme si tout le monde voulait quitter définitivement les siens pour l’aventure misérable ou comme si pauvre ou plutôt modestes signifiait obligatoirement avoir envie de fuir chez soi.
 
C’est très humiliant et c’est très frustrant, de là l’hospitalité du sud de moins en moins heureuse comme un retour de flamme ou un échange de bons procédés. Hélas, le monde retourne aux murailles sans appel sauf que les cités s’appellent désormais Europe, USA etc. Jamais les gens n’ont été aussi connectés, jamais l’information ou la désinformation ne fut plus puissance et plus rapide et jamais les gens ne furent plus enclins à se barricader à s’éloigner physiquement les uns des autres  à mesure que les imaginaires s’affrontent nez à nez dans le monde virtuel.

Passons.
 
Pour ma part, ce visa-là réactiva des zones de mon esprit anesthésiées comme après un choc.

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chezvlane


              

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