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Villégiature: La banlieue de Nouakchott, privilégiée


Société
Lundi 1 Août 2011 - 10:01

Au mois de Juillet, la ville de Nouakchott se transforme en un lieu particulièrement pénible, à cause des pluies et de la vétusté des infrastructures d’assainissement, où routes, sentiers impraticables et chaleur cohabitent. La crise économique a contraint la majorité des habitants de la capitale à se contenter des banlieues comme lieux de villégiature, au lieu des campagnes lointaines. Reportage sur l'émergence d'un nouveau style de vie.


Pour la société maure essentiellement, l'intérieur du pays est le cadre idyllique de villégiature
Pour la société maure essentiellement, l'intérieur du pays est le cadre idyllique de villégiature
Fatimetou Mint Haye, 45 ans, ménagère et mère de quatre enfants se rendait, jusqu’en 2007, à la badiya de Ghaba (à 20 km de la ville de Kiffa au centre du pays), mais son mari qui travaille dans le secteur des assurances, ne peut plus financer le voyage de Nouakchott à Kiffa. La crise économique est passée par là. En 2008, elle décide donc de passer les vacances avec ses enfants à Wad Naga (50 km à l’est de Nouakchott, sur la route de l’espoir), où elle peut se procurer du lait de chamelles, frais, à proximité des pâturages, et à un prix abordable par rapport à la ville. Elle loue ainsi une grande maison de trois pièces, une cuisine, et une grande cour à 10.000 UM. Incomparable avec les 50 000 ouguiyas qu’elle paie à Nouakchott pour un appartement. Ce ne sont pas les seuls avantages de ce nouveau «petit paradis» selon elle. «Il y a un climat de fraicheur assez particulier, dans un environnement loin des embouteillages citadins, de la pollution, et des inconvénients de la pluie» explique Fatimetou. «Et nous avons même l'eau et l'électricité» se réjouit-elle.

Mais Sabar, le mari de Fatimetou garde tout de même un penchant pour les villages lointains malgré tout, et considère que dans les banlieues comme Wad Naga, proches de la capitale, «on se sent en définitive à Nouakchott, avec toujours aussi peu d'activités». «Alors que plus à l'intérieur, on peut pratiquer l’équitation, la natation, accompagner le berger sur de vastes espaces verts. Tu peux en somme avoir des vacances plus attractives. Le soir, nous nous regroupons autours du «Chena» où les jeunes filles du quartier se réunissent pour chanter, tandis que les jeunes improvisent des poèmes. Alors vous comprenez que de petites localités à proximité des grands centres urbains où les bruits de voitures font rage, ne peuvent pas remplacer ces lieux idylliques. Mais la crise économique ne nous laisse pas beaucoup de choix.» raconte Sabar.

L'exode rural a changé les choses

Les habitudes des Mauritaniens ont changé après le grand exode rural des années soixante-dix du 20ème siècle. Selon des statistiques officielles, le tiers des habitants du pays optent pour les vacances à proximité des grands centres urbains et du lieu de travail. Said Ould Habib journaliste à Saharamedia, spécialisé dans la sphère sociologique interprète l’orientation des vacanciers vers les zones sub-urbaines. «Le phénomène de vacances dans les banlieues va dans quatre directions. Il y a la route de Nouadhibou où des banlieues se trouvent à 20 km et plus; la route de Rosso où il y a des petites habitations, mais il y a aussi la route de l’espoir, où des villages poussent dans le désordre le plus total; enfin l'axe Nouakchott-Akjoujt qui a moins de visiteurs, car le couvert végétal y est moins développé» explique-t-il.
Mais Saïd estime que la route de la «Résistance» connue sous le nom de «la route Aziz» qui relie Dar-Naim à Toujounine est devenu le lieu de pèlerinage des Nouakchottois désireux de s’éloigner de la pollution.

Le sociologue Sidi Mohamed Ould Jiid a un point de vue sur ce nouveau mode de vie nouakchottois. «Ce changement est tout à fait logique, car après l’exode rural des mauritaniens à cause de la sècheresse des années soixante-dix du siècle dernier, vers les grands centres urbains, Nouakchott et Nouadhibou surtout, les mauritaniens ont continué à voyager dans leurs terroirs lointains. Les zones banlieusardes se présentent aujourd'hui comme l'équilibre idéal pour garder encore un parfum de nature campagnarde.» analyse-t-il.
Lamar ould El Hadj, gardien, ne voyage pas en vacances hors de la vile. Il est satisfait de pouvoir habiter dans les maisons des vacanciers qu’il garde pendant les vacances moyennant un prix convenu.

Rabby Ould Idoumou
Mamoudou Kane


              

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