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Noorinfo

Vidéo : l’aéroport de Nouakchott noyé comme les berges du fleuve Sénégal…


A.O.S.A
Dimanche 23 Août 2015 - 16:06


En arrivant de Tunis hier, j’ai vu pour la première fois un bus qui nous attendait à la passerelle. Du jamais vu chez nous puisque l’avion s’arrête à deux ou trois pas des bâtiments. J’étais bien content de rentrer chez moi et il faisait un temps idéal pour nous autres bédouins : temps gris, vent frais avec un peu de « rach » ; ce brumisateur naturel qui tombe du ciel. Très fatigué après une dernière nuit sans sommeil, n’ayant eu quasiment aucune nouvelle de Nouakchott depuis près d’une semaine encore moins pendant le vol, je ne savais pas qu’il avait plu toute la journée après deux jours de canicule à faire fondre une bosse de chameau.
 

 
J’ai donc cru bien naïvement que ce bus à la passerelle, même pour une distance relativement courte, ce ne pouvait être qu’une délicatesse de Nouakchott qui se mettait au diapason des autres aéroports même de Dakar ou de Bamako. D’ailleurs dans le bus, on a senti chez les mauritaniens une sorte de satisfaction, on souriait presque tous bêtement comme un tiers-mondiste qui débarque pour la première fois dans une grande ville du nord riche et moderne où le tout technologique intimide le voyageur du sud.

 
Hélas, nous avons vite déchanté ! Car comme le montre cette vidéo, l’aéroport était sous les eaux. Quiconque a déjà pris une pirogue à Rosso sait que cela ressemble exactement à ces vaguelettes qui embrassent les herbes au pied du bus.




 

 
Ce ne fut là que le dernier acte d’un voyage comme seule Mauritania Airlines International peut l’infliger à ses passagers. A l’aller je m’étonnais que l’aspect technique autour de l’appareil national ne réponde pas aux normes mauritaniennes en matière de tieb-tiïb. J’avais même dit que c’était dieu merci l’exception qui confirme la règle. J’avais chanté l’atterrissage du commandant Ould Denebja et j’avoue qu’au retour monsieur Keïta en fit tout autant. D’ailleurs certains voyageurs qui ont certainement dû voyager avec des italiens se sont mis à applaudir comme c’est l’usage au pays de la burrata. Un passager inquisiteur qui n’a jamais fait l’Italie comme d’autres font les bancs, dit sèchement en hassanya aux saffagueux « il n’y a pas de quoi applaudir, il a fait son travail c’est tout ».

 
Quel vol ! Le retour ne ressemblait pas à l’aller en rien sinon à l’atterrissage.  Déjà à l’embarquement j’étais seul… Personne à l’horizon alors que tout autour, les autres compagnies faisaient recette. Je me suis dit que le vol allait être annulé comme le faisait Air Sénégal quand il n’y avait pas assez de passagers. Mon inquiétude ne s’est pas arrangée quand j’ai vu à l’heure de l’embarquement que nous étions une vingtaine et que l’écran indiquait «  retardé ». Finalement nous voilà tous dans le bus pour aller vers l’avion. Le chauffeur tunisien était étonné de voir qu’il allait démarrer avec si peu de gens.

 
Premier incident au pied de l’appareil : Il faisait une chaleur étouffante dans le bus qui est resté fermé à l’arrière de peur que nous ne prenions d’assaut la passerelle car il fallait attendre que l’avion soit nettoyé par les agents tunisiens ; ce qui prit un temps fou. Une mauresque, véritable Castafiore machallah,  s’est mise à crier que c’est un coup des tunisiens pour dénigrer l’organisation de notre compagnie de sorte que nous prenions Tunisair mais on ne le fera jamais dit-elle comme si elle avait reconnu le petit personnage derrière mon dos. 

 

En effet, parmi la vingtaine de passagers, nous avions deux personnalités de marque : juste à côte de moi, le patron de Mauritania Airlines International qui tentait apparemment de voyager comme un citoyen lambda car il n’a pas dit ni fait un geste qui pût le démasquer pendant tout ce qui va suivre... Nous avions aussi l’insigne honneur de voyager avec le Ghoulam, ancien vice-président du parti d’obédience islamiste Tawassoul. Quand je les ai vus tous deux,  je me suis dit «  tiens ces têtes me disent quelque chose ». Si j’ai reconnu le patron de Mauritania Airlines à sa taille et cette expression unique de nervosité mal contenue malgré une bonhommie générale, c’est à sa montre, dont j’avais parlé une fois, que j’ai reconnu le célèbre passager de la première flottille contre le blocus à Gaza. 


 

 
Pendant que nous patientions tant bien que mal, la gorge sèche entre deux personnalités gigantesques l’une par la taille de sa responsabilité dans l’image de notre compagnie nationale, l’autre par son passif de guerrier de la liberté, nous avons eu tout loisir d’assister à une scène inquiétante. Tellement inquiétante qu’un passager a sorti son appareil pour la filmer ou prendre des photos.
chezvlane


              

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