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Urbanisme et habitat : 70 % des Africains de l’Ouest vivent dans des taudis


Société
Jeudi 22 Novembre 2012 - 16:30

On vit mal en Afrique de l’Ouest. Près de 70 % des populations urbaines vivent dans des taudis ou dans des établissements informels. L’échec de l’aménagement urbain pose la problématique de la sécurité foncière Les maisons africaines sont mal aménagées. Le modèle foncier colonial de type occidental, conservé après les indépendances, faisant appel aux outils politiques et techniques comme les relevés cadastraux et les lois qui les réglementent, s’est avéré inadapté à la réalité des villes africaines, selon des experts.


Tarhil, qui se trouve à 5 km de la commune de Riad, à Nouachott, s’engouffre chaque jour davantage dans les gouffres de la précarité.
Tarhil, qui se trouve à 5 km de la commune de Riad, à Nouachott, s’engouffre chaque jour davantage dans les gouffres de la précarité.
L’Onu Habitat note dans un rapport en date de 2008 que 70 % des populations urbaines vivent dans des taudis ou des établissements informels. Or, la tendance à la massification des villes, à cause de l’exode rural, va entraîner des déséquilibres encore plus profonds. L’Onu Habitat note qu’en 2050, 60 % des Africains vivront dans les villes et pour l’écrasante majorité sans aucune sécurité dans leur installation.

Dans la décennie 2010-2020, les villes d’Afrique sub-saharienne auront à accueillir entre 180 millions et 210 millions d’habitants supplémentaires. Une telle situation devrait alors s’accompagner par une croissance économique suffisante et une politique urbaine et foncière cohérente. Si de tels mécanismes ne sont pas opératoires, les experts préviennent que les villes africaines deviendront alors des conurbations incontrôlables échappant à toute forme de gestion du sol et des services. Le résultat sera un développement "informel" et "illégal" qui met une population de plus en plus importante dans la précarité et l’incapacité de participer pleinement au développement de leur vie, de leur ville et de leur pays. L’échec s’apprécie surtout sur l’incapacité des Etats de mettre en place un cadastre adapté et accepté par les populations locales.

La complexité de mettre en cohérence les droits et titres de propriété faisant appel au droit d’usage, coutumier et religieux a été souvent un processus long et coûteux. Malgré un soutien de l’aide internationale pour la mise en place de programmes d’attribution de titres individuels de propriété visant à assurer la sécurité foncière et à stimuler le financement public ou privé des aménagements urbains, les Etats n’ont pu au cours des années 80 élucider la question. "Ces programmes, pour certains associés à des programmes de digitalisation des cadastres, se sont révélés peu efficaces, voire inapplicables pour résorber la précarité foncière et réduire la pauvreté. Autrement dit, l’attribution de titres individuels de propriété d’une installation informelle n’est pas la panacée.

Ne faut-il donc pas repenser les moyens de la sécurisation foncière dans les villes africaines pour faire face aux défis de l’urbanisation ?" Une approche conjointe de l’Union africaine, la Banque africaine de développement et la Commission économique pour l’Afrique dénommée : "Initiative sur les politiques foncières" s’inscrit dans cette volonté de changement stratégique permettant de construire une politique foncière cohérente avec un développement durable de la ville. Pourtant, une démarche s’appuyant sur les capacités des individus et des groupes à établir localement leurs propres institutions pour la gouvernance des biens communs permet la construction d’une politique d’aménagement durable pouvant satisfaire à la fois les politiques d’aménagement voulues par les Etats et répondre aux besoins et aux valeurs du plus grand nombre d’habitants.

Une telle approche a été validée par les travaux du Prix Nobel Elenor Ostrom. Elle permet d’intégrer les principes du développement durable dans les politiques nationales et inverser la tendance actuelle à la déperdition des ressources environnementales, à réduire de moitié d’ici 2015 le pourcentage de la population qui n’a pas accès à un approvisionnement en eau potable ni à des services d’assainissement de base. Elle garantit l’amélioration, sensiblement d’ici à 2020, des conditions de vie de 100 millions d’habitants des taudis.

Source : walf-groupe.com
Mamoudou Kane


              

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