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Une année d’Afrique


Vu de Mauritanie par MFO
Lundi 2 Février 2015 - 13:59

Le Président Mohamed Ould Abdel Aziz remet le sceptre à un successeur pour la présidence tournante de l’Union Africaine. C’est ainsi qu’en un an, la Mauritanie aura eu l’honneur de diriger l’organisation panafricaine, surtout de la représenter sur la scène internationale, notamment dans les sommets UA-Union Européenne, UA-Etats Unis d’Amérique, le G20…


Une année d’Afrique
Ce fut un honneur, mais aussi une opportunité pour notre pays d’affirmer sa présence, de reprendre ses marques sur la scène internationale. Nous venons de loin…
 
Les déboires de la diplomatie mauritanienne vont amener le pays à renoncer à ses vocations originelles qui voulaient en faire un trait d’union et une terre de convergence pour les ensembles Arabe et Africain. Il a fini par se perdre et par perdre ses repères pour devenir une sorte d’«orphelin géostratégique» n’étant plus ni Arabe ni Africain
 
La reconnaissance d’Israël puis l’établissement de relations diplomatiques avec ce pays le coupaient du Monde Arabe. Le retrait de la CEDEAO lui faisait tourner le dos à l’Ensemble Africain.
 
La présidence de l’UA nous aura permis justement de reconquérir l’environnement qui est naturellement le nôtre. La présence de notre Président sur tous les fronts africains a remis la Mauritanie au centre de l’Afrique, nous poussant à recadrer notre diplomatie pour un plus grand enracinement dans notre versant sud que nous avons dédaigné deux décennies durant.
 
La chance du Président Ould Abdel Aziz aura été d’avoir d’abord dirigé le Conseil Paix et Sécurité (CPS) de l’UA et d’avoir, à ce titre, dirigé les panels chargés d’intervenir en Libye et en Côte d’Ivoire pour régler les crises qui se transformaient en guerres civiles. Dans les deux cas, le CPS de l’UA était sur le point de trouver des solutions quand l’interférence impromptue des puissances occidentales, particulièrement de la France en a voulu autrement.
 
En Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo était déjà d’accord à remettre le pouvoir à Alassane Ouattara et la mission de l’UA avait déjà pris le chemin d’Abidjan, quand les forces françaises ont intervenu pour l’arrêter.
 
En Libye, une feuille de route avait déjà été acceptée par les chefs politiques des rebelles et par Moammar Kadhafi quand les avions de l’OTAN ont décidé d’intensifier leurs bombardements pour arriver à tuer le Guide libyen.
 
L’expérience des panels avait permis à la Mauritanie d’accueillir par deux fois des sommets de chefs d’Etats africains. Ce qui la préparait à la présidence de l’UA. Plusieurs sommets ont été organisés – et très bien organisés – à Nouakchott. Dont le dernier, et pas le moindre, est celui qui a eu lieu les 19 et 20 janvier autour de «la transparence et (le) développement durable en Afrique». Un sommet voulu et promu par Transparency International et la Banque Mondiale.
 
Notre pays passait pour modèle dans le domaine sécuritaire. La stratégie élaborée par la Mauritanie pour lutter contre le terrorisme et le crime organisé en général a fait effet. Ce qui lui a permis de lancer le sommet du G5 du Sahel regroupant outre notre pays, le Mali, le Niger, le Tchad et le Burkina Faso. On parle désormais du «Processus de Nouakchott» qui fait partie de l’architecture de paix et de sécurité mise en œuvre par l’UA.
 
Ce retour sur la scène africaine doit se traduire par une réintégration de l’espace CEDEAO avec lequel nous sommes désormais liés par des accords spéciaux qui nous font profiter des privilèges accordés par l’OMC pour ces ensembles économiques qui regroupent des pays pauvres comme le nôtre.
 
Il doit aussi se traduire par un ancrage solide dans notre espace maghrébin et la recherche de solutions aux multiples blocages qui empêchent justement l’Union du Maghreb Arabe d’avancer. Un renforcement de l’axe Tunis-Nouakchott, la mise en confiance du Maroc et de l’Algérie, peuvent amener nos pays à trouver un point de convergence autour du règlement de la question libyenne. Un processus maghrébin de règlement de la crise libyenne peut être amorcé par les autres pays du Maghreb s’ils s’y mettent. La Mauritanie peut en être la locomotive.
 
Quoi qu’en disent ses détracteurs, la présidence de Mohamed Ould Abdel Aziz de l’UA aura été bénéfique pour la Mauritanie qui a pu revenir sur la scène pour se frayer un chemin dans cette jungle où les plus faibles doivent se démener pour se faire une place. 

Mohamed Fall Oumere
Noorinfo


              

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