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Noorinfo

Un petit coup de blues, tout seul à Manhattan…


A.O.S.A
Dimanche 16 Novembre 2014 - 06:26


Un petit coup de blues, tout seul à Manhattan…

Le programme est terminé, chacun est à cette heure en route pour son pays aux quatre coins du monde, l’esprit plein de ses histoires personnelles pour un long voyage qui refermera la parenthèse. Quant  à moi, par un bug de la programmation, mon départ est dans deux jours, lundi 16H. Une ou deux autres personnes partent demain mais le gros des troupes, à savoir les 100 journalistes, leurs interprètes ainsi que les responsables du programme au niveau du département d’Etat sont partis.


Le département d’Etat aurait pu me faire partir samedi comme tout le monde mais c’eût été se lancer dans des combinaisons compliquées vu que je m’arrête ailleurs avant de rentrer en Mauritanie. Aussi m’a-t-on fait cadeau de 2 jours de plus à l’hôtel, per diem compris jusqu’au prix du taxi pour aller à l’aéroport.  J’ai enfin un peu de temps pour aller voir quelques musées, faire un tour en bus des lieux, me balader et voir demain la statue de la liberté grâce à un ami diplomate français à l’ONU, grand ami de la Mauritanie qui veut bien me faire voir ce cadeau de la France aux USA.


Tout cela est très charmant mais au milieu de tant de charmantes perspectives, logé dans une chambre formidable avec une vue délicate en plein cœur de Manhattan, j’ai comme un petit coup de blues et je n’ai qu’une envie c’est de partir au plus vite car je ne suis pas de ceux qui peuvent profiter seul de ce genre d’opportunité. Je suis encore un peu sauvage : j’aime avoir de la compagnie en pareille occasion et pas n’importe quelle compagnie : une sincère, intelligente et pleine d'humour compagnie.


Bilan, depuis aujourd’hui, j’erre comme un spectre dans New York où il fait un froid de canard. Je marche, je lève les yeux, je regarde cet alignement de buildings en pleine nuit comme on en voit que dans les films américains mais avec le handicap de parler un anglais très médiocre qui nous éloigne de tout échange et rencontre intéressante.  C’est bien New York mais je vois la ville comme devant la vitrine d’un club privé où l’on aperçoit le menu à la porte sans pouvoir y entrer faute de mentor. En vérité, venir dans une ville grande ou petite sans vivre même un peu ce qui fait que New York c’est New York et pas autre chose, c’est très frustrant.


Jusque-là je marchais au milieu des murs et seul à Times Square illuminé comme en plein jour, ce n’est pas Times Square que je vois mais des écrans, des écrans, des pubs et j’ai l’impression d’être à l’entrée d’un centre commercial en banlieue de province. Je vois bien des gens qui rient qui se prennent en photo mais tout cela me semble artificiel.


Disons le mot : un seul être vous manque et tout est dépeuplé. C’est donc vrai.

 


J’ai donc fui Times Square et Broadway et je me suis réfugié dans ma chambre qui n’est pas comme celle de mes collègues car il semblerait que le hasard m’ait doté de la meilleure de toutes. J’ai voulu me replonger dans la presse mauritanienne mais je n’ai pas pu : Ah ! Il paraît que Birame est arrêté. Il paraît qu’un mollah a déclaré que l’esclavage était une prescription divine. Le homard est encore de sortie pour faire la morale et calmer le jeu. Tout cela me semble une pression de plus sur un vieil abcès que plus personne ne pourra empêcher d’éclater.


Pour mieux plonger dans ce monde de l’américain lambda si coupé du monde extérieur, je me suis aussi coupé des infos du monde entier sans les remplacer par celles du quotidien des gens d’ici. Bilan, ce qui m’a animé 7 ans, semble m’avoir quitté. Mais ce n’est pas la première fois, mes lecteurs savent le nombre de fois où j’ai annoncé mon retrait de ces choses-là...


Moralité : tout cela n’est qu'un coup de blues.


Ma chance fut de vouloir fuir les rues, les bruits en allant au musée. Miracle de Google Map, j’ai pu choisir mon itinéraire pour aller au musée Guggenheim dont j’ai tant entendu parler. C’est ainsi que j’ai pu traverser pendant 40 minutes le fameux Central Park. Quelle merveille surtout à cette époque où le froid faisant, il n’y a pas beaucoup de gens.


Je marche enfin au milieu des arbres qui m’apportent le même réconfort que la compagnie des livres même fermés, je marche seul enfin dans un espace où les murs disparaissent et soudain je tombe sur une étendue d’eau, un lac au milieu de ce vaste parc qui en impose aux buildings toujours à distance respectable de ce havre de paix. C’est le grand réservoir de Central Park. Il est 17H, le soleil se couche. Il fait très froid mais c’est formidable.

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chezvlane


              

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