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Un pas vers la décentralisation : Transfert aux maires, des biens financés par la coopération espagnole


Actu Mauritanie
Vendredi 20 Septembre 2013 - 18:35

Jeudi 19 septembre, un acte majeur dans le processus de décentralisation de la Mauritanie, s'est déroulé au ministère de l'intérieur, à la direction générale des collectivités territoriales : 35 maires ont assisté au transfert officiel des biens pour le développement, financés par la coopération espagnole. Un pas important dans la voie irréversible de l'indépendance des collectivités, qui à terme, prendront en charge le développement durable de leurs communes.


De gauche à droite : Francisco Sancho Lopez, Abdi Ould Horma, et Mohamed Ould Mahmoud Brahim. Crédit : Noorinfo/MLK
De gauche à droite : Francisco Sancho Lopez, Abdi Ould Horma, et Mohamed Ould Mahmoud Brahim. Crédit : Noorinfo/MLK
Dans le cadre de la préparation de la clôture des conventions entre le Ministère de l’Intérieur et la Décentralisation  et  l’Agence Espagnole de Coopération International pour le Développement (AECID), pour l’appui à l’exécution  du Programme Européen de Renforcement des Institutions des Collectivités Locales et de leurs Services (PERICLES), une cérémonie de transfert aux communes bénéficiaires des biens financés par l’AECID s’est tenue jeudi  19 septembre 2013 dans les locaux de la Direction Général de Collectivités Territoriales (DGCT).
 
Trois hôtels de villes, un abattoir, cinq forages d'eau potable, trois écoles, deux postes de santé, une électrification communale, et trois marchés. Sans compter, l'équipement de 29 mairies avec un kit solaire, un ordinateur de travail et du mobilier. Voilà les ouvrages réalisés dans le cadre du fonds facilite pour l'innovation au développement local (FIDEL*), à travers le programme PERICLES (programme Européen de renforcement des institutions des collectivités locales et de leurs services), qui a duré cinq ans, et dont le terme a été marqué ce jeudi, par le transfert de ceux-ci aux maires des communes dans lesquelles ils ont été réalisés. Ces équipements feront désormais partie du patrimoine de ces communes réparties dans les Wilayas du Hodh El Gharbi, du Brakna, du Trarza, du Tagant et de l’Inchiri.

Carte des régions mauritaniennes (Cliquez pour agrandir)
Carte des régions mauritaniennes (Cliquez pour agrandir)
"Au-delà de l'aspect matériel, ce qu'il faut surtout retenir, c'est que ces réalisations entrent dans le processus de renforcement des communes, qui est le point central du programme PERICLES, et qui dès le départ comptait placer la commune mauritanienne dans son rôle d'acteur et d'animateur de développement local" marque dans son discours, le coordinateur général de l'AECID, Francisco Sancho López.
 
"C'est une orientation importante d'une décentralisation irréversible en Mauritanie : notamment le transfert des finances aux collectivités locales. Les communes doivent pouvoir à terme, prendre en charge, le suivi des travaux de leur zone, liés aux besoins de leurs populations" opine à ses côtés Abdi Ould Horma, directeur général des collectivités locales.

Signature d'un acte de transfert avec un des maires présents. Crédit : Noorinfo/MLK
Signature d'un acte de transfert avec un des maires présents. Crédit : Noorinfo/MLK
Un partenariat gagnant entre les collectivités et la coopération espagnole
 
L'autonomie matérielle dont bénéficient les communes mauritaniennes disposent désormais d'un patrimoine et d'affaires locales propres, qui leur permettront de gérer les besoins de base de leurs populations liées à l'éducation, à la santé, ou à l'hydraulique.
 
"La coopération espagnole a rendu possible ce processus de transferts de biens. Elle travaille avec nous sur ce projet depuis plus de  cinq ans dans l'ensemble du territoire mauritanien. On espère que les élus locaux sortiront renforcés de ce processus et pourront aider au plus près leurs populations" souligne Ould Horma.
 
"Le développement local est la finalité de tout cela : les communes doivent être capables de gérer leur collectivité sans en référer à l'état central. Les infrastructures financées ne sont qu'un moyen pour placer les communes dans leur rôle final d'interlocuteur essentiel, principal, auprès de leurs contribuables, dans le sens du développement de ces communes" explique Mohamed Ould Mahmoud Brahim, Coordinateur du PERICLES.
 
"Je me réjouis de cet acte de transfert que je tiens entre les mains, et qui témoigne de la fin de ces projets d'extension du réseau d'eau à Akjoujt, qui manquaient cruellement de ce service. Je remercie le ministère de l'intérieur et de la décentralisation, le PERICLES, l'union européenne, et la coopération espagnole. Pour la première fois, on cède réellement la gestion directe de la maîtrise d'ouvrage aux communes, ainsi que l'expérience qui va avec dans le domaine" se réjouit le maire d'Akjoujt, Sidi Ould Elmane.

L'accès à l'eau potable est un enjeu majeur pour beaucoup de communes mauritaniennes, et un besoin vital pour les populations.
L'accès à l'eau potable est un enjeu majeur pour beaucoup de communes mauritaniennes, et un besoin vital pour les populations.
La FAMSI, partenaire-clé de ce succès 
 
Le fonds andalou des municipalités pour la solidarité internationale (FAMSI) a joué un rôle-clé dans la mise en place des puits d'eau potable, que les communes se sont dorénavant appropriés.
 
"Nous avons développé le forage manuel, une technologie simple qui permet d'avoir une bonne borne-fontaine, avec la formation d'un bon technicien pour s'en occuper" assure David Simón Martos, coordinateur technique du FAMSI en Mauritanie.
 
"C'est une bonne alternative aux puits simples, notamment pour les localités de plus de 500 habitants" continue le coordinateur technique. D'autant qu'elle est peu onéreuse pour les petites localités. "Avec 1.200.000 UM, le maire d'une petite commune de 500 habitants peut leur faire disposer d'une bonne borne de forage" assure-t-il.

Quelques maires et des cadres de PERICLES
Quelques maires et des cadres de PERICLES
"Cette technique nous a permis de monter deux bornes de forage. Et elle s'inscrit réellement dans le processus de décentralisation qui mènera au développement local, qui n'est à mon sens que la  satisfaction des besoins de la population. Et comment satisfaire ces besoins si on ne donne pas la parole aux populations, si on ne recueille pas leurs doléances et que ne les priorise pas. Ce recueil ne peut se faire qu'en étant au plus près de ces populations" remarque Tijane Kane, maire de Dar El Barka qui a déjà installé deux bornes de forage dans sa commune.
 
 "Et en dehors de l'école et de la clinique, en tant que maire j'ai entendu une demande d'accès à l'eau potable, notamment à certaines périodes où les diarrhées explosaient, et qui ont diminué depuis que nos forages sont installés" conclut le maire de Dar El Barka.
 
MLK
 
*La FIDEL: financée par l’Agence Espagnole de Coopération Internationale pour le Développement et par l’Union Européenne à hauteur de 600 millions d’ouguiyas, permet à travers la réalisation de 35 projets communaux de renforcer les municipalités mauritaniennes dans leur rôle d’acteur et d’initiateur du développement local.
Mamoudou Kane


              

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