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Un nouveau Ben Laden menace l’Irak et la Syrie


International
Jeudi 12 Juin 2014 - 12:38

Abou Bakral-Baghdadi dirige l’EIIL,les nouveaux staliniens de l’islam.


Un nouveau Ben Laden menace l’Irak et la Syrie
Sa tête est mise à prix par le FBI pour dix millions de dollars. Yeux bruns, cheveux noirs, crâne dégarni. Les photos sont rares. Son parcours est méconnu. Pourtant, l’homme est en train de tenter de créer un nouvel Etat au Moyen-Orient par le feu et par le sang. Abou Bakr al-Baghdadi est le fondateur de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), ce groupe sunnite radical et ultraviolent qui a pris mardi le contrôle de Mossoul, la deuxième ville d’Irak, arrêté le consul de Turquie à Mossoul (un ancien conseiller du Premier ministre Erdogan) et une cinquantaine de ressortissants turcs et mis le grappin jeudi sur Tikrit, l’ancien fief de Saddam Hussein.

La notice du FBI indique qu’il est né en 1971 dans la ville de Samarra et qu’il a ordonné d’innombrables attentats contre la communauté chiite d’Irak, dont est issu l’incompétent Premier ministre Nouri al-Maliki. L’EIIL a pour objectif d’instaurer un califat d’obédience sunnite dans une région qui s’étend entre les provinces de Deir ez-Zor et Rakka en Syrie et le nord de l’Irak, soit un pays sunnite entre la Syrie dominée par le clan alaouite de Bachar al-Assad et l’Iran chiite. Ses objectifs sont à la fois religieux, communautaires, mais aussi pétroliers puisque l’EIIL étend sa zone aux puits de pétrole de la région. La manne de l’or noir lui permet de financer ses forces et d’obtenir un levier sur Bagdad, qui serait le prochain objectif. Jeudi, le groupe tentait de prendre le contrôle de Samarra, la ville natale de son fondateur.Plusieurs sources affirment que l’EIIL avance en nouant des pactes avec des chefs sunnites locaux et en fusillant les rares policiers et soldats qui tentent de leur résister.

En rupture avec al-Zawahiri

Abou Bakr est à la tête de 5 000 à 6 000 combattants en Irak et de 6 000 à 7 000 combattants en Syrie, selon Charles Lister, chercheur au Brookings Doha Center. Il a réussi à attirer des milliers de djihadistes étrangers, dont de nombreux Belges, en promettant une application stricte de la charia et en encadrant sévèrement ses troupes. "Les jeunes recrues sont attirées par la radicalité de l’EIIL" , nous explique Samuel Laurent, auteur du livre "Al Qaïda en France". " Ils reçoivent des lectures du Coran chaque fois qu’ils reviennent du combat. Ils ont les ongles courts, pas de tatouages." On ne sait avec certitude si Abou Bakr a milité pour le fondamentalisme sunnite avant ou à cause de l’intervention américaine en Irak.

Mais ce que l’on sait, c’est que ce disciple de Ben Laden a fait ses preuves dans le djihad irakien et a été mystérieusement libéré d’une prison irakienne en 2009, ce qui lui a permis de prendre la succession d’al-Zarkaoui à la tête du combat contre les Américains et contre les chiites. Ayman al-Zawahiri, le numéro deux d’Al Qaïda, avait pressenti le risque de guerre intermusulmane et enjoint Zarkaoui à cesser les attentats contre les chiites. Abou Bakr a lui aussi fait la sourde oreille aux injonctions du vieux théologien d’Al Qaïda. En conséquence, une lutte fratricide s’est engagée en Syrie, depuis le début de l’année entre l’EIIL et un autre groupe islamiste, le front Al-Nosra, pourtant aussi issu de la mouvance Ben Laden.

Un diplomate français, cité le 30 mai par le quotidien "Le Monde", compare l’EIIL aux Staliniens qui, pendant la guerre d’Espagne "se sont débarrassés de leurs concurrents anarchistes et trotskistes plutôt que de combattre Franco". Dans les zones qu’il contrôle, l’EIIL est accusé, notamment par Amnesty International, d’imposer un véritable règne de la terreur, pourchassant ceux qui fument, boivent de l’alcool ou ont des relations sexuelles hors mariage. Détentions arbitraires et tortures sont courantes. Et Abou Bakr al-Baghdadi reste invisible.


Un nouveau Ben Laden menace l’Irak et la Syrie
L'Irak appelle les Américains à la rescousse

L'Irak a officieusement indiqué aux Etats-Unis qu'il était ouvert à l'idée de frappes aériennes américaines afin d'enrayer l'offensive jihadiste sur son territoire, a affirmé mercredi à l'AFP un responsable occidental, confirmant une information du Wall Street Journal. L'administration du président Barack Obama envisage plusieurs options pour venir en aide à Bagdad et lui fournir une aide militaire, éventuellement par le biais de frappes effectuées par des drones, selon ce responsable qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat. A ce stade, Bagdad n'a pas officiellement formulé de requête, a de son côté affirmé un responsable américain de la Défense.

Devant l'avancée fulgurante des jihadistes sunnites de l'Etat islamique en Irak et au Levant qui ont pris au moins plusieurs villes du nord du pays et se rapprochent de Bagdad, Washington "se tient prêt" à venir en aide à l'Irak, avait affirmé dans la journée la porte-parole du département d'Etat Jennifer Psaki. Mme Psaki avait également annoncé "une augmentation de l'assistance" américaine mais exclu tout envoi de troupes américaines dans le pays. "Nous sommes en contact avec les dirigeants irakiens mais au bout du compte, c'est au gouvernement et aux forces irakiennes de faire face", avait prévenu mardi le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby.

Depuis le départ des militaires américains d'Irak fin 2011, Washington continue de former les forces irakiennes à des missions antiterroristes, notamment en Jordanie depuis le début de l'année. Les Etats-Unis ont également vendu pour 14 milliards de dollars d'équipements militaires à l'armée irakienne, notamment des missiles antichar, des hélicoptères d'attaque Apache et des chasseurs-bombardiers F-16 qui doivent encore être livrés.



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Réunion du Conseil de sécurité de l'ONU jeudi

Le Conseil de sécurité se réunira jeudi pour discuter de la situation en Irak, ont indiqué mercredi soir des dipolomates. La réunion du Conseil, qui aura lieu à huis-clos, débutera à 11H30 (15H30 GMT). L'envoyé spécial de l'ONU en Irak, Nickolay Mladenov, y interviendra par vidéo-conférence. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a exhorté auparavant la communauté internationale "à s'unir pour exprimer sa solidarité avec l'Irak, confronté à un grave défi en matière de sécurité", selon un communiqué de son porte-parole Stéphane Dujarric.

Le chef de l'ONU a "condamné avec force" la flambée de violence en Irak mais appelé au "respect des lois humanitaires internationales et des droits de l'homme dans les actions visant à contrer le terrorisme et la violence" dans ce pays. "Le terrorisme n'a pas le droit de parvenir à défaire le chemin vers la démocratie tracé par la volonté du peuple irakien", a-t-il estimé. Ban Ki-moon a également réclamé la libération immédiate et sans conditions de la cinquantaine de citoyens turcs pris en otage au consulat de Mossoul par des partisans de l'EIIL. Il a appelé la communauté internationale "à envoyer un message clair affirmant que les actes terroristes sont inacceptables et que leurs auteurs doivent rendre des comptes".

Source:Lalibre
Noorinfo


              

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