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Un dialogue sous douloureuse césarienne


Actu Mauritanie
Lundi 16 Novembre 2015 - 10:30

Le dialogue politique en gestation semble pour le moment accoucher d’un puzzle politique aux contours inextricables. Si l’opposition dite radicale maintient encore sa cohésion, il n’en serait pas de même du côté de l’autre opposition, celle dite modérée, encore moins du côté de la majorité où les guéguerres entre de multiples prétendants sèment la zizanie au cœur névralgique du pouvoir.


Un dialogue sous douloureuse césarienne
Informations réelles ou fabriquées de toutes pièces !... : de nombreuses sources d’informations parlent d’un rapprochement qui est en train de se dessiner entre les deux principaux protagonistes de la bataille politique, l’opposition dite radicale soudée au sein du FNDU (Forum national pour la démocratie et l’unité) et le carré restreint qui détient le pouvoir régalien.

Tout l’enjeu de la Mauritanie se cristallise ainsi aujourd’hui autour d’un dialogue politique national inclusif que le pouvoir appelle de tous ses vœux tout en cherchant à en contrôler l’ensemble des cartes.
 
En face, l’opposition fait bloc tout en exprimant sa dispoibilité à la discussion. Dans ce jeu du chat et de la souris, la scène politique est prise d’un terrible tressautement.

A défaut de pouvoir déloger des pans entiers du FNDU, le cas échéant, certains de ses leaders phares, pour combler les chaises encore vides d’un dialogue en toute apparence vitale pour le pouvoir, ce dernier a dépêché des centaines d’hommes de mains chargés de pêcher des seconds couteaux, avec des succès jusque-là mitigés.

Le dialogue, piloté à partir de la présidence de la République où une véritable cellule de crise a été expressément mise en place pour la cause, est géré pour le moment comme une campagne militaire.
 
L’objectif, face au refus du FNDU d’abdiquer sous le diktat de l’unilatéralisme, est de provoquer des désertions dans les rangs de « l’ennemi », ou tout au moins, le précipiter dans une des nombreuses embuscades savamment dressées sur sa ligne de progression.

Mais la bonne tactique reste encore introuvable, malgré la désertion de quelques caporaux de l’autre camp, tombés de justesse sous l’appât du gain. Il reste le gros de la troupe que tous les subterfuges des « généraux » de la cellule présidentielle n’ont pu amadouer.
 
Face à cette citadelle imprenable qu’est le dialogue politique en Mauritanie, certains membres de la société civile, sans doute jaloux de l’expérience tunisienne qui lui a valu le Prix Nobel de la Paix 2015, tente de raccommoder les liens distendus d’une scène en compote. Initiative sincère et désintéressée ou pour la gloriole ?
 
La démarche des initiateurs se résume pour le moment en des tournées à palabres où le beau discours remplit le vide causé par l’absence du résultat tangible attendu.

Au demeurant, la société civile n’est pas la seule à chercher la gloire, certains leaders politiques et pas des moindres se sont mis également dans la partie. Il s’agit principalement du président Boïdiel Ould Houmeïd, que certains considèrent comme le grand ami de Mohamed Abdel Aziz au point qu’ils se demandent s’il lui est réellement opposé ou s’il joue au partisan de l’ombre, et le président Abdessalam Ould Horma, le leader baathiste partisan lui aussi d’un équilibrisme « majoritaro-oppositionnel ». les deux hommes se sont lancés dans le prêche politique en vue de rapprocher le FNDU et le pouvoir.

Seulement, cette démarche ne serait pas du goût de l’autre membre de la troïka, le président Messaoud Ould Boulkeïr qui semble avoir un sérieux contentieux avec Mohamed Abdel Aziz.
 
Un contentieux qui le met non seulement en marge du processus de facilitation du dialogue, auquel il a été toujours l’artisan, mais semble même le mettre en opposition avec ses deux associés de la CUPAD (coalition unie pour l’alternance pacifique), qui regroupe son parti et ceux de Boïdiel et d’Abdessalam.
 
Le syndrome du dialogue politique semble même avoir semé la division au sein du pouvoir, alors que la stratégie qui la sous-tendait cherchait plutôt à fissurer le camp du FNDU. En effet, la majeure partie des partisans du pouvoir en place est opposée au dialogue politique pour plusieurs raisons.

La réussite du dialogue politique avec le FNDU pourrait en effet déboucher sur des élections municipales et législatives anticipées qui pourraient déboulonner plusieurs d’entre eux, et leur faire perdre des mairies et des sièges de parlementaires acquises lors du boycott des échéances par les géants de l’opposition dite radicale.
 
Les pourparlers pourraient même déboucher sur un partage du pouvoir, même momentanée, qui équivaudrait à la restriction des places où ils sont pour le moment confortablement assis, prêt du « gâteau ».

Ensuite, un rapprochement avec l’opposition pourrait avoir des répercussions sur une gestion plus transparente des ressources, la fin du règne des médiocres faite de passes droits et d’exclusion de la compétence nationale et surtout, la fin de la grande pagaille créée par l’absence d’un concurrent sérieux qui pourrait se retrouver ainsi dans la bergerie.
 
Cheikh Aïdara
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