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Un an après le coup d'État, le chaos règne en Centrafrique


International
Mardi 25 Mars 2014 - 09:55

Un an après le coup d'État du 24 mars 2013, la situation en Centrafrique reste très volatile. Lundi, des fusillades entre bandes armées ont éclaté dans les quartiers nord de Bangui.


Un an après le coup d'État, le chaos règne en Centrafrique
Le triste "anniversaire" du coup d'État du 24 mars 2013, qui poussa vers la sortie François Bozizé, a été marqué par une nouvelle flambée de violences. Lundi 24 mars, des fusillades entre bandes armées ont éclaté dans les quartiers nord de Bangui, où un important dispositif sécuritaire avait pourtant été mis en place. Aucun bilan n'a pu être établi. La veille, c'est un convoi de la force africaine (Misca) qui a été pris pour cible. "L'attaque par des inconnus armés à eu lieu hier soir (dimanche) vers 19h30 près du monument Ali Bongo à Bangui, blessant grièvement un agent des finances de la Misca et une infirmière", a dénoncé la force africaine. Enfin samedi, au moins "quatre personnes, dont deux sujets musulmans, ont été tuées et sept blessées au PK-5 dans des affrontements entre groupes armés, notamment des anti-balaka et musulmans retranchés dans ce secteur visé par des attaques d'individus armés depuis plusieurs semaines", a expliqué sous couvert d'anonymat un officier de la Misca. "Les affrontements ont éclaté à plusieurs endroits à la fois, amenant les forces internationales à s'interposer pour faire cesser les hostilités. Mais celles-ci ont été prises à partie et ont riposté", selon cet officier. Selon une source militaire française, "des velléités d'affrontements entre groupes armés ont en effet été signalés au PK-5 samedi, où des hommes sont positionnés pour y faire face. Nos hommes ont été pris à partie et ont riposté". Ni la Misca, ni la force Sangaris n'ont donné de bilan de leurs ripostes.

"La situation humanitaire et sécuritaire est très grave"

Ainsi va la Centrafrique, un an après l'arrivée au pouvoir de la Séléka et plus de deux mois après le départ de son chef, Michel Djotodia. Un peu partout dans le pays, des exactions sont régulièrement signalées contre les populations. Selon les régions, elles sont le fait des ex-Séléka ou des anti-balaka. Ces violences ont provoqué un exode des populations musulmanes de régions entières du pays. Pour ceux qui restent, la situation est "insupportable", a dénoncé vendredi Peter Bouckaert, directeur Urgences de l'ONG Human Rights Watch (HRW). "La situation humanitaire et sécuritaire est très grave, insupportable pour les musulmans qui restent dans le sud-ouest (de la Centrafrique) et à Bangui. Il y a une vingtaine de poches dans le pays avec 15 000 personnes en danger. On doit réfléchir à les évacuer", a-t-il déclaré à la presse.

Cherchant un nouveau souffle, Paris compte sur l'envoi d'une force européenne en appui aux forces française et africaine sur place, en attendant une prise de relais par une force de l'ONU, toujours hypothétique. Mais une centaine de soldats européens manquent toujours à l'appel pour lancer l'opération qui devait commencer la semaine dernière, les pays européens ayant surtout les yeux rivés sur la crise ukrainienne. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, réclame de son côté une décision rapide du Conseil de sécurité au sujet du déploiement de 12 000 Casques bleus dans l'ancienne colonie française. Autre urgence, l'économie. Les fonctionnaires centrafricains ont reçu début mars leur premier salaire depuis six mois, mais l'argent manque. L'Union européenne (UE) a annoncé mi-mars l'octroi d'une aide de 81 millions d'euros à la Centrafrique consacrée à l'éducation, la santé et la sécurité alimentaire. Mais jusque-là, l'engagement financier des bailleurs internationaux est "extrêmement faible, pas du tout à la hauteur", dans ce très pauvre pays où les violences ont fait près d'un million de déplacés et réfugiés, sur une population de 4,6 millions d'habitants, s'alarmait récemment l'ONG Médecins sans frontières (MSF). Dans ce contexte, la présidente de transition Catherine Samba-Panza élue le 23 janvier a endossé le costume de "VRP", multipliant les rencontres avec ses pairs africains et les représentants des institutions internationales afin de récolter l'aide financière nécessaire au redressement du pays.

Source:JeuneAfrique
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