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Ukraine: violences meurtrières à Kiev


International
Jeudi 20 Février 2014 - 11:02

Tandis que les affrontements meurtriers ont repris ce jeudi matin dans le centre de Kiev, les ministres européens des Affaires étrangères ont annulé leur rencontre prévue à Kiev. Le bilan des victimes -25 morts par balles selon l'AFP- reste provisoire.


Des manifestants recouvrent les corps de couvertures, à Kiev, le 20 février 2014. REUTERS/Vasily Fedosenko
Des manifestants recouvrent les corps de couvertures, à Kiev, le 20 février 2014. REUTERS/Vasily Fedosenko
Ce jeudi matin, les images de la télévision ukrainienne montrent des manifestants hostiles au président Viktor Ianoukovitch qui auraient repris le contrôle de la place de l'Indépendance à Kiev après de nouveaux affrontements avec la police anti-émeutes.
 
Le nombre de victimes dans le camp des manifestants est difficile à établir. Un journaliste a vu dix cadavres gisant sur le sol, place de l'Indépendance, au centre de Kiev, devant l'hôtel Kozatski. Un autre journaliste a compté sept corps dans le hall de l'hôtel Ukraïna, de l'autre côté de la place. L'agence Reuters a quant à elle recensé 21 corps de civils allongés dans les rues, aux abords de la place.
 
De son côté, la présidence ukrainienne a affirmé que les violences ce jeudi ont fait « des dizaines » de morts et de blessés parmi les policiers.
 
Notre envoyée spéciale, Anastasia Becchio, rapporte de violents combats dans la rue qui monte au Parlement, tout près de l'hôtel Ukraine où règne une très grande confusion. De multiples sources évoquent l'utilisation de balles réelles par les forces de police armées de kalachnikov.
 
Dans le hall de cet hôtel, médecin et infirmier s'affaire autour d'un blessé allongé sur une table basse. « Une seringue vite, une aiguille, des compresses ! », crie une femme affolée. L'homme dont le regard est livide, apparemment inconscient, perd beaucoup de sang. Mais déjà un deuxième blessé ensanglanté est amené, on l'allonge sur le sol et des volontaires commencent à lui prodiguer des premiers soins. Puis deux nouveaux blessés arrivent, le carrelage est déormais macculé de traces de sang, témoins de la violence des combats qui se poursuivent dans la rue. Enfin, un manifestant casqué, debout cette fois, entre dans le hall : « regardez ce que font les policiers anti-émeute ! », dit-il en ouvrant la paume de sa main et en montrant sept cartouches de kalachnikov qu'il vient de ramasser.
 
Tout cela se pase dans une très grande confusion. Les médecins, qui bien souvent n'en sont pas, manquent de tout.
 
A l'extérieur, des manifestants ont chargé en direction de secteurs de la place occupés la veille par les forces de l'ordre, qui avaient donné l'assaut la nuit précédente. Sur ces images, on a pu voir des policiers emmenés de force par des hommes en tenue de combat.
 
Discours, hymnes et prières
 
La nuit a été relativement calme. Des déflagrations étaient néanmoins entendues et dans une ambiance absolument apocalyptique, et quelque peu surréaliste, au milieu de débris calcinés, les troupes anti-émeutes occupaient la partie de la place qu’elles ont reprise mardi aux manifestants. Les hommes casqués, se protégeant derrière leurs boucliers, se tenaient prêts à lancer l’assaut si l’ordre leur en est donné. De l’autre côté, des barricades de fortune en feu et un nuage de fumée noire entre les deux camps.
 
Discours, prières et hymnes ont résonné toute la nuit à Maïdan, la place de l’Indépendance, où des centaines de personnes continuent de résister. Les plus radicales d’entre elles continuent d’envoyer des cocktails molotov en direction des forces de l’ordre, qui répliquent en tirant des balles en caoutchouc ou des pavés.

Source : RFI
Mamoudou Kane


              

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