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Ukraine: La Crimée vote massivement sur son rattachement à la Russie


International
Dimanche 16 Mars 2014 - 14:17

Les habitants de la péninsule ukrainienne de Crimée votaient massivement dimanche pour son rattachement à la Russie, les autorités séparatistes prédisant d'ores et déjà une participation record.
Le référendum, dénoncé tant à Kiev qu'en Occident, se déroule en présence de troupes russes contrôlant la région depuis deux semaines aux côtés de milices séparatistes.


Ukraine: La Crimée vote massivement sur son rattachement à la Russie
A Sébastopol, ville historique qui accueille la flotte russe de la mer Noire depuis plus de 200 ans, les électeurs se sont précipités massivement aux urnes dès le petit matin. Dans un bureau installé dans un centre d'affaires et culturel, le vote a commencé bien avant l'ouverture. Ensuite, 65 électeurs ont glissé leur bulletin dans l'urne en une seule demi-heure, a constaté une journaliste de l'AFP. A Bakhtchissaraï, "capitale" de la communauté musulmane tatare de la Crimée dont les leaders ont appelé à boycotter la consultation, les Tatars étaient invisibles dans la rue. Seuls les Ukrainiens d'origine russe votaient avec enthousiasme, ravis de se débarrasser bientôt de leur passeport ukrainien et espérant vivre mieux après les subventions de Moscou. Dans certains autres bureaux de vote à Sébastopol et à Simféropol, chef lieu de la péninsule séparatiste, des journalistes, dont ceux de l'AFP, ont parfois été empêchés d'entrer.

une nouvelle ère commence

"C'est un moment historique, tout le monde sera heureux", a lancé à la presse le premier-ministre pro-russe de la Crimée, Serguiï Axionov, après avoir voté à Simféropol. "C'est une nouvelle ère qui commence", a-t-il affirmé, pendant qu'un homme agitant un drapeau ukrainien était repoussé par les gardes. Alors que des troupes russes et des milices pro-russes sont déployées en Crimée, le 1,5 million d'électeurs de cette république autonome est invité à choisir entre l'intégration à la Russie et une autonomie élargie au sein de l'Ukraine. A Sébastopol, Aleftina Klimova, née en Russie, a eu du mal à dormir. "Je m'attendais à ce que les Etats-Unis, la France, eux tous, soient contre. Je craignais pour (le président russe Vladimir) Poutine. Mais il a su résister", a-t-elle poursuivi. Dans une péninsule majoritairement peuplée de Russes, rattachée en 1954 sur décision de Nikita Khrouchtchev à une Ukraine qui a toujours semblé lointaine à de nombreux habitants, une large majorité va certainement se prononcer en faveur d'une union formelle avec la Fédération de Russie, d'autant plus que les minorités ukrainienne et tatare, qui constituent ensemble 37% de la population, ont appelé au boycottage. Un dernier appel au boycottage a été lancé aussi dans la nuit de samedi à dimanche par le président par intérim ukrainien Olexandre Tourtchinov. Dénonçant un "prétendu référendum que le pseudo-pouvoir fantoche de la Crimée organise sous le contrôle des troupes russes", M. Tourtchinov a affirmé que ses résultats "ne refléteraient pas les vrais sentiments de la population" en Crimée. La question posée donne aux électeurs le choix entre "la réunification avec la Russie comme membre de la Fédération de Russie" ou le retour à un statut, datant de 1992 et jamais appliqué, d'autonomie élargie vis-à-vis de Kiev.

Blindés et lance-roquettes russes

 Le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier a dénoncé une situation "extrêmement dangereuse", en promettant une "réponse" lundi de la part de l'Union européenne si la Russie ne renonçait pas à ses projets à la dernière minute. "Nous ne cherchons pas cette confrontation. Mais si la Russie ne recule pas à la dernière minute, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne vont donner une réponse appropriée lundi", a-t-il souligné à la presse dominicale allemande. Les autorités sécessionnistes sont arrivées au pouvoir à Simféropol après la destitution à Kiev, le 22 février, du président pro-russe Viktor Ianoukovitch et à la faveur d'un coup de force monté par des civils pro-russes en armes et des milliers de soldats russes. Venus de la base maritime de Sébastopol, à la pointe sud de la péninsule puis entrés en Crimée en colonnes blindées depuis le territoire russe, ils assiègent dans les bases militaires et les lieux stratégiques de la péninsule les soldats ukrainiens restés fidèles aux autorités de Kiev. Le vice-Premier ministre ukrainien Vitali Iarema a dit craindre une invasion de l'Ukraine continentale en affirmant dans une interview dimanche que des lance-roquettes multiples Grad avaient été installées en Crimée près de la frontière avec la région de Kherson dans le sud de l'Ukraine.

 Crise diplomatique

Le bras de fer entre Moscou et Washington a viré à la pire crise diplomatique entre Russes et Occidentaux depuis la chute de l'URSS en 1991 et pourrait très durablement affecter les relations entre les grandes puissances. Au-delà de l'avenir de la Crimée, la crise a réveillé les séparatismes dans les bastions russophones et industriels de l'est du pays. Et le déploiement de troupes russes aux frontières doublé des discours à Moscou sur la nécessité de "protéger les russophones" éveillent la crainte de nombreux Ukrainiens qui sont persuadés, malgré les dénégations de Moscou, que l'armée russe va marcher sur Kiev. Les premiers résultats préliminaires doivent être annoncés après la clôture des bureaux de vote à 20H00 (18H00 GMT). Mais à Sébastopol, des drapeaux russes étaient déjà distribués dans les rues. A Simféropol, l'annonce lumineuse "Nous sommes en Russie" était projetée sur un bâtiment officiel.

Source:Atlasinfo
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