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USA: La dette américaine pour les nuls


Economie
Samedi 23 Juillet 2011 - 15:40

A une semaine de l'échéance d'un relèvement du plafond légal de la dette du pays, la perspective que les américains ne paient pas, se renforce. D'autant que les républicains ont claqué la porte des négociations ce vendredi. Mais quel est donc tout cet imbroglio sur la dette américaine, qui menacerait d'emporter dans la tourmente toute l'économie mondiale? Noorinfo vous propose quelques clés de compréhension du problème.


En 4 ans la dette américaine est passée de 9000 à 14 500 milliards de dollars
En 4 ans la dette américaine est passée de 9000 à 14 500 milliards de dollars
L'épée de Damoclés des agences de notations internationales, notamment Moody's et Standard&Poor's, pèse sur la tête américaine. Celles-ci menacent de dégrader la note des titres d'endettements des USA. La perte du «AAA», signerait que la dette américaine n'est plus sans risques, entrainerait une dévaluation de la valeur des bons du Trésor, donc du portefeuille d'actifs de la plupart des acteurs financiers internationaux.

42 fois plus endettés que les grecs, les américains traînent dans leurs baskets 14 000 milliards de dette, soit 100% du PIB!
Pourtant, les analystes économistes ne considèrent pas les USA comme étant dans une situation critique. Car en fait, «si les États-Unis connaissent une difficulté, ce n'est pas parce que les créanciers refusent de lui prêter de l'argent. C'est parce que le Congrès et la Maison-Blanche se chamaillent» explique un des chefs économistes de Deloitte & associés à Neuilly-sur-Seine.

Pour financer la différence entre ses recettes et ses dépenses, les États émettent des titres de dettes (des obligations, ou Bons du Trésor). C'est le cas de l'administration fédérale américaine, dont l'endettement continue de croitre sans arrêt depuis des années. Si aucune décision n'est prise, cet endettement atteindra le 2 août la limite autorisée par les parlementaires américains, ce fameux «plafond de la dette», au-delà duquel l'État fédéral n'a plus le droit d'émettre des obligations. Pour relever ce plafond, un accord est nécessaire entre le président (démocrate) Barack Obama et la majorité (républicaine) du Congrès.

Le plafond de la dette correspond à un niveau maximal d'endettement du pays, niveau régulièrement ajusté par le Congrès américain depuis 1917. Il a été relevé dix fois au cours des dix dernières années. La dernière fois, en 2010, ce plafond a été porté à 14 297 milliards de dollars. Or le niveau de la dette américaine a atteint ce plafond en mai dernier. Il n'est contourné, depuis, que par des ajustements techniques du Trésor. Mais au-delà du 2 août, si le plafond légal de la dette n'est pas relevé, les États-Unis ne pourront plus honorer leurs engagements.
Et ce scénario serait une catastrophe économique mondiale, vu que presque la moitié des actifs de la dette sont détenus par des pays étrangers, essentiellement émergents (Chine, Brésil, Moyen-Orient...).


Le problème de la dette américaine est avant tout politique
Le problème de la dette américaine est avant tout politique
Un dialogue de sourd

Démocrates et Républicains s'opposent sur le plan de réduction du déficit budgétaire, qui conditionne tout accord sur le relèvement du plafond de la dette. Barack Obama s'engage à réaliser des économies. Il accepte même de couper largement dans les dépenses sociales, y compris celles de l'assurance maladie. Mais il exige en contrepartie une hausse des impôts pour les ménages les plus aisés et pour les entreprises. Ce que les républicains, notamment les élus issus de la mouvance ultra-conservatrice du «tea party», refusent catégoriquement. Ils prônent de leur côté une réduction plus drastique des dépenses publiques, en les plafonnant à 18% du PIB contre 24% aujourd'hui. En réalité, les augmentations de dépenses ou baisses d'impôts qui expliquent que les États-Unis atteignent aujourd'hui leur plafond de la dette ont toutes été autorisées par le même Congrès qui aujourd'hui s'indigne des dérapages de la dette.

Que se passe-t-il si le plafond n'est pas relevé?

Concrètement, les États-Unis ne pourront pas lever sur les marchés les montants nécessaires au paiement des intérêts et au renouvellement de leur dette. L'état américain doit régler mensuellement 30 milliards de dollars d'intérêt sur la dette. Ils doivent en outre refinancer en août plus de 500 milliards de dollars de dette. Donc soit les États-Unis font défaut sur une partie de leurs échéances, soit ils sacrifient d'autres dépenses. La première hypothèse créerait une telle onde de choc dans l'ensemble du système financier international qu'elle semble exclue. Pour honorer les intérêts de leur dette, les États-Unis devront donc réduire leurs dépenses. Le président Barack Obama a évoqué un non paiement des pensions des retraités et des anciens combattants - l'État doit verser 23 milliards de dollars le 3 août à la Sécurité sociale pour ces paiements. Le Trésor américain à quant à lui annoncé que l'État devra réduire ses dépenses de 40% du jour au lendemain, ce qui équivaut à 1500 milliards de dollars, soit 10% du PIB.

MLK
Mamoudou Kane


              

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