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UNCACEM: Le plus gros détournement de fonds publics jamais réalisé en Mauritanie


Tribunes
Jeudi 27 Octobre 2011 - 22:54

Au cours de ses 17 ans d’existence, le Crédit Agricole (UNCACEM) n’a connu qu’une seule équipe dirigeante. Cette relative stabilité, le Crédit Agricole la doit essentiellement à la négligence des différents gouvernements qui se sont succédé ces dernières années en le renflouant pourtant chaque année à coups de subventions, mais en le soustrayant par la même occasion à tout contrôle visant à déterminer la destination finale des fonds publics mis à sa disposition.


UNCACEM: Le plus gros détournement de fonds publics jamais réalisé en Mauritanie
Cette situation a donné lieu à une gestion chaotique de cette institution dont la mission première était de financer le secteur agricole considéré comme secteur stratégique dans toute politique de développement du pays. Cette gestion a consisté, bon an mal an, à mobiliser à la veille de chaque campagne tous les agriculteurs à travers des meetings et des manifestations afin de faire pression sur l’Etat pour qu’il débloque les fonds nécessaires pour le financement de chaque campagne. Pourtant l’aide de l’Etat pour cette institution n’a jamais fait défaut mais sa gestion a été tout à fait anarchique et plus que douteuse ; c’est ainsi que les fonds mobilisés n’ont jamais été investis en totalité dans le secteur agricole ce qui explique ses mauvaises performances durant les 18 ans d’existence du Crédit Agricole : l’objectif stratégique d’autosuffisance alimentaire n’a pas été réalisé loin s’en faut et le secteur est resté surendetté sans que l’on puisse voir la contrepartie réelle de cet endettement : mauvais aménagement des périmètres, pénurie d’équipements agricoles (moissonneuses, tracteurs, motopompes) etc.. Le laisser-aller et le désordre total qui ont caractérisé la gestion du Crédit Agricole durant toutes ces années en disent long sur le degré de sabotage et de pillage dont il a été l’objet. L’année 2008 constitue à cet égard le point culminant du pillage systématique des fonds publics mis à la disposition du Crédit Agricole. En effet, le Gouvernement de Ould Cheikh Abdellahi fraîchement constitué a mis sur pied un plan spécial d’intervention (PSI) en vertu duquel il octroie au Crédit Agricole la coquette somme de 6.000.000.000 UM (Six Milliards) pour le financement de la campagne agricole 2008/2009. A cette somme se sont ajoutés les ressources propres du Crédit Agricole provenant des recouvrements de ses créances échues, les fonds accordés par la Banque Mondiale et la subvention d’engrais accordée auparavant par les pouvoirs publics. Ce sont donc plus de Douze Milliards d’ouguiyas qui ont été mobilisés pour le financement de cette campagne agricole 2008/2009 mais dont seulement moins de 30% seront investis dans le secteur agricole, alors que les 70% restant seront détournés en servant à financer soit des entreprises et des organismes fictifs soit des entités physique ou morale qui ont opéré par le passé dans le secteur agricole mais qui n’ont plus d’existence en 2008 soit enfin des agriculteurs prête-noms à qui on propose des financements qui seront inscrits en totalité au débit de leur compte mais dont seulement une infime partie leur sera réglée tout en les assurant tout de même qu’ils n’auront jamais à rembourser le moindre sou sur le reliquat inscrit sur leur compte. Les changements de direction intervenus subitement en 2009 à la tête de l’UNCACEM[1] ont pris au dépourvu les auteurs de ce gigantesque détournement qui n’ont pas eu le temps de dissimiler dans la comptabilité du Crédit Agricole les montants détournés soit la somme de Trois (03) Milliards qui représentent aujourd’hui un trou de trésorerie dans la comptabilité de l’UNCACEM que leurs complices au niveau de cette institution cherchent actuellement par tous les moyens à inscrire dans les comptes du crédit en empruntant des noms fictifs. Ces complices sont allés même jusqu’à établir des protocoles d’accord entre l’UNCACEM et ses soit disant débiteurs portant sur ces montant en demandant au Directeur de la CACEHF[2] de les signer au nom de l’UNCACEM mais forte heureusement leur tentative s’est heurtée à l’intégrité et à l’honnêteté de ce Directeur qui a opposé son refus catégorique à légaliser ce vol. La réaction de ces auteurs et leurs complices ne s’est pas fait attendre et surtout ils n’y sont pas allés de main morte en virant ce Directeur de son poste et en le remplaçant par un intérimaire. Parallèlement à toutes leurs tentatives avortées de régulariser par tous les moyens ce vol, les auteurs de ce détournement et leurs complices continuent aujourd’hui à orchestrer une campagne souterraine au niveau de tous les agriculteurs pour le dissuader de ne pas payer leurs dettes qui viendront à échéance le 05/01/2012 en vue de faire pression sur l’Etat pour qu’il prenne en charge tout l’endettement agricole dans lequel ils pourront inclure les Trois (03) milliards pour s’en débarrasser définitivement. Il s’agit là, sans nul doute, de la plus grande opération de détournement de fonds publics jamais réalisée au niveau de notre pays et dont les auteurs continuent à courir en toute impunité et ce malgré l’existence de preuves nombreuses, précises et concordantes de leur culpabilité. L’ampleur de ces détournements de fonds publics constatée uniquement pour la seule année 2008 nous amène à s’interroger sur le sort des financements accordés à cette institution durant toute la période antérieure à 2008 soit Seize (16) ans au cours desquels plusieurs dizaines de milliards ont été affectés à cette institution sans que leur utilisation finale ne fasse l’objet du moindre contrôle de la part des pouvoirs publics. Pourtant la politique de bonne gouvernance et d’assainissement des finances publiques inaugurée au lendemain de l’élection du Président de la République ne devait laisser aucune échappatoire aux auteurs de ce gigantesque détournement de fonds publics qui ne durent leur salut (momentané !) qu’aux liens étroits de parenté qui existent entre l’ex-directeur de l’UNCACEM et l’actuel Ministre du Développement Rural qui a couvert jusqu’à présent toute leur forfaiture mais qui aura toutes les peines du monde à persévérer dans cette voie qui le met en porte à faux par rapport à l’action du Gouvernement auquel il appartient et dont la mission est d’appliquer le programme électoral du Président de la République dont la lutte contre la gabegie constitue la principale priorité. Le Ministre doit savoir qu’en continuant à couvrir ce crime économique portant atteinte aux intérêts supérieurs du pays, il s’expose au même titre que les auteurs de ce crime, aux sanctions que prévoit la loi en la matière. Il doit savoir aussi qu’un Ministre en plein exercice de ses fonctions ne doit pas sacrifier l’intérêt de tout un peuple pour chercher à blanchir un individu d’un crime qu’il a commis fusse-t-il son propre fils unique. Moupou Doupou [1] Union Nationale des Coopératives Agricoles de Crédit et d’Epargne de Mauritanie [2] Coopérative Agricole de Crédit et d’Epargne du Haut Fleuve.
Mamoudou Kane


              

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