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UKRAINE: UNE INVASION SANS SOLDATS


International
Lundi 5 Mai 2014 - 08:42

Apparemment, Vladimir Poutine n'a pas besoin que son armée franchisse la frontière.


UKRAINE: UNE INVASION SANS SOLDATS
Ces dernières semaines, la grande question que tout le monde se pose au sujet de la crise en Ukraine est de savoir si Vladimir Poutine serait prêt à faire traverser la frontière à ses soldats pour annexer des territoires. Pour l’instant, il semble qu’il n’en ait vraiment aucun besoin. La nouvelle brûlante de vendredi dernier était que des rebelles pro-russes ont réussi à abattre deux hélicoptères ukrainiens, portant un méchant coup à l’effort le plus concerté de Kiev à ce jour pour reprendre militairement la ville de Slaviansk tenue par les rebelles. Les opérations semblent désormais avoir cessé dans la ville. publicité La dernière offensive ukrainienne a eu lieu juste après que le président par intérim Olexandre Tourtchinov a admis que les forces de sécurité réduites et dysfonctionnelles de son pays étaient «incapables de reprendre le contrôle de la situation dans les régions de Donetsk et Lougansk». Ce n’est pas le genre de discours qu’il est d’usage d’entendre dans la bouche de dirigeants à la veille d’une offensive militaire, et comme le suggère Gideon Rachman dans le Financial Times, la dernière offensive ressemble davantage à une ultime tentative de sauver la face qu’à autre chose:

«Si Kiev ne faisait rien, la perte de contrôle de l’est du pays s’inscrirait dans une prophétie réalisée par sa seule verbalisation. Les séparatistes soutenus par les Russes s’enhardiraient et s’empareraient de nouveaux immeubles administratifs et même de villes entières. Et la population générale, quelles que soient ses préférences, commencerait à accepter que la loi de Kiev ne s’applique plus dans l’est.» Cette offensive peut encore, comme on le craint, déclencher une invasion russe à grande échelle –le Kremlin affirmant la rupture de l'accord négocié à Genève le mois dernier– mais compte tenu du succès de la stratégie actuelle de la Russie, cela ne sera peut-être même pas nécessaire. Tant que les séparatistes, qui agissent presque certainement avec le soutien, voire sous les ordres directs des forces spéciales russes, seront capables de résister aux offensives lancées contre eux, la perte de contrôle par Kiev de Donetsk et de Lougansk sera un fait acquis sur le terrain. Comme le souligne James Miller, rédacteur en chef de l’Interpreter dans un commentaire pour Vice, l’acteur principal de cette histoire n’est pas l’armée, mais la machine de propagande bien huilée du gouvernement russe qui fonctionne à plein régime dans l’est de l’Ukraine, convainquant de nombreux Ukrainiens pro-russes que «l’Ukraine est en train d’être renversée par des nazis ultranationalistes qui construisent des camps de concentration pour les russophones et qui lynchent régulièrement les sympathisants russes».

Des dizaines de milliers de soldats russes sont encore massés à la frontière ukrainienne et rien n'indique qu’ils aient l’intention de partir, mais pour le moment la Russie peut simplement les laisser là en guise d’avertissement de ce qui se passerait si l’Ukraine lançait un assaut à grande échelle pour reprendre les zones disputées –campagne qui causerait à coup sûr un grand nombre de victimes civiles. Pour le moment, les séparatistes peuvent simplement continuer à consolider leurs positions dans des régions qu’ils contrôlent déjà, tout en grignotant doucement du terrain. Des violences signalées vendredi matin laissaient penser que le port méridional d’Odessa pouvait être le prochain point d’ignition. L’Ukraine se retrouve également devant la forte probabilité de tenir, à la fin du mois, des élections auxquelles de grandes parties du pays ne participeront pas. Il reste possible que les derniers événements en date servent de déclencheur à la très redoutée invasion russe, mais il semble tout aussi probable que Moscou va tout simplement permettre aux forces spéciales et aux séparatistes ukrainiens de continuer à déstabiliser le pays pour n’envoyer l’armée –si elle l’envoie– qu’une fois que leur contrôle de ces régions sera un fait accompli. Etant donné que les dommages causés par les sanctions internationales semblent jusqu'à présent assez limités, Poutine peut se permettre d’être patient.

Source:Slate
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