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Tunisie : l'opposition laïque met la pression sur le gouvernement


International
Dimanche 28 Juillet 2013 - 19:00

L'opposition laïque en Tunisie réclame la dissolution de la Constituante et la démission du gouvernement islamiste après l'assassinat d'un député d'opposition.


Tunisie : l'opposition laïque met la pression sur le gouvernement
En début d'après-midi, les rues de la capitale écrasée sous la chaleur étaient cependant quasiment désertes. Samedi, après les funérailles de Mohamed Brahmi, tué jeudi de 14 balles tirées à bout portant, des protestataires s'étaient rassemblés devant l'Assemblée nationale constituante (ANC) pour un sit-in brutalement dispersé par la police.

Un député de gauche a été blessé et des manifestants molestés et pourchassés à coup de gaz lacrymogène. La protestation a ensuite repris dans la nuit sur la place du Bardo où se trouve le palais de l'ANC. Des milliers de manifestants anti et pro gouvernement y ont campé jusqu'à l'aube.

Séparés en deux groupes par des barricades et un dispositif sécuritaire important, les pro-islamistes d'Ennahda, le parti au pouvoir, et les anti-gouvernement ont bruyamment manifesté, criant et échangeant des invectives, a constaté une journaliste de l'AFP.

"C'en est fini de (Rached) Ghannouchi (le chef d'Ennahda) le peuple veut la chute des assassins", ont scandé les uns. "Il n'y a pas de Sissi (chef de l'armée égyptienne) en Tunisie, légitimité pour l'ANC", "pas de retour à la bande du RCD (le rassemblement constitutionnel démocratique, parti du président déchu Ben Ali)", ripostaient les pro-islamistes. A 02H00 GMT, la police a fait usage de gaz lacrymogènes lorsque les deux groupes ont commencé à se lancer des pierres.

"La Tunisie risque un dérapage sans précédent"

La police a aussi démantelé des tentes destinées à abriter un sit-in "permanent jusqu'à la chute" du pouvoir -gouvernement et ANC- à l'appel de l'opposition. "Après l'assassinat de Mohamed Brahmi, le gouvernement incompétent doit démissionner et laisser la place à un gouvernement de salut national" a déclaré à l'AFP Samir Taïeb, une figure de la gauche.
Il a affirmé que le nombre des députés ayant décidé de boycotter l'ANC a atteint 65 des 217 élus, un député ayant démissionné récemment. "La Tunisie risque un dérapage sans précédent si le gouvernement persiste", a-t-il estimé. "Ce gouvernement a échoué à assurer la dignité et la sécurité aux Tunisiens, le meurtre de Brahmi, en est bien la preuve", a déclaré de son coté Maya Jribi, secrétaire générale du Parti Républicain, appelant à un gouvernement de salut national.

Les autorités ont désigné les auteurs de l'assassinat, comme étant des salafistes jihadistes proche d'Ansar Ashariaa, une organisation dont des membres sont soupçonnés d'être liés à Al-Qaïda. Ansar Ashariaa a démenti dimanche toute implication, dans un communiqué publié sur sa page officielle Facebook, affirmant n'avoir "aucun lien avec cet assassinat politique qui fait partie de tentatives connues pour pousser le pays vers le chaos et ne profite qu'aux résidus de l'ancien régime et aux suppôts des sionistes et croisés".

Le ministère de l'Intérieur avait publié vendredi une liste de 14 suspects impliqués selon lui dans le meurtre de Brahmi mais aussi dans celui en février de Chokri Belaïd, autre opposant de gauche critique acerbe des islamistes.
"Ghannouchi assassin"

Les proches des deux opposants accusent directement Ennahda et les manifestants ont répété "Ghannouchi assassin". Ailleurs dans le pays, un manifestant a été tué à Gafsa (centre-ouest) vendredi. Des établissements publics et des locaux d'Ennahda ont été saccagés ou incendiés dans plusieurs régions.

"L'assassinat de Mohamed Brahmi a été pour de nombreux Tunisiens, comme le signal, à la fois d'une profonde désillusion et d'un appel à réagir face à l'omnipotence du parti islamiste accusé d'avoir encouragé la violence, le fanatisme et le terrorisme ou de les avoir favorisés", écrivait dimanche le quotidien francophone La Presse.

Pour Le Quotidien "s'il y a une certitude c'est bel et bien l'échec cuisant, l'incompétence affligeante et l'incurie manifeste du gouvernement de la troïka - la coalition au pouvoir - dominée par Ennahda". La contestation risque de s'amplifier avec l'appui de la puissante centrale syndicale (UGTT) qui a décrété une grève générale largement suivie vendredi.

Dimanche, ce syndicat qui revendique un demi million d'adhérents a haussé le ton condamnant "des attaques injustifiées de la police contre les manifestants samedi". La centrale très politique doit tenir une réunion décisive lundi. "C'est lundi que le destin de la Tunisie sera décidé", a déclaré Sami Tahri, secrétaire général adjoint de l'UGTT.


Source:JeuneAfrique
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