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Troubles dans le pays : Le Mardi de tous les dangers


Lu sur le web
Dimanche 8 Avril 2012 - 12:54

Marches des partis de l’opposition dans les neuf Moughataas de Nouakchott pour faire déguerpir le régime, grabuges à la présidence de la République pour maîtriser les 28 diplômés-chômeurs en sit-in depuis trois jours, mouvements de grèves dans les secteurs de la santé et de l’enseignement, remous estudiantins, cris d’indignation à l’intérieur du pays contre la gestion gabégiste du programme "Emel 2012" et la soif…Tous les troubles qui secouent le pays depuis plusieurs mois semblent avoir atteint leur apogée hier 3 avril 2012. Le mardi de tous les dangers.


Troubles dans le pays : Le Mardi de tous les dangers

Comme prévu, les quatorze partis de la Coordination de l’opposition démocratique (COD) ont enclenché hier neuf marches dans les différentes Moughataas de Nouakchott. L’objet selon les organisateurs, est d’adresser aux autorités en place des messages claires appelant le président Mohamed Ould Abdel Aziz à quitter immédiatement le pouvoir sous peine d’être délogé du Palais présidentiel par les foules en colère.

Plan de guerre

Les partis se sont judicieusement partagé la tâche. Dans ce cadre, le parti RFD d’Ahmed Ould Daddah mènera la fronde à Tevragh-Zeina, le parti Hatem de Saleh Ould Hanena à Toujounine, les islamistes de Tawassoul à Arafat, UFP à Dar Naïm, le PJD du président Bâ Mamadou Alassane à El Mina, le Mouvement démocratique de Moussa Fall à Sebkha, le RDU d’Ahmed Ould Sidi Baba à Leksar, Convergence démocratique de Mahfoudh Ould Bettah à Teyarett et la cellule de crise de APP sous la férule de Samory Ould Bèye à Riadh.

Toutes les marches devront s’achever par des discours devant les préfectures des Moughataas concernées

La veille, le parti RFD avait initié une répétition générale avec sa troupe à Jour J-1. A Tevragh-Zeina où le parti d’Ahmed Ould Daddah devait mener la fronde, une soirée de sensibilisation avait permis aux membres du parti de procéder aux derniers réglages. La séance a été animée par Mohamed Abdellahi Ould Haybalti, cadre du parti et président du Conseil national.

Avaient pris part à la rencontre, quelques vice-présidents du RFD, des parlementaires et le président de la Communauté urbaine de Nouakchott, Ahmed Ould Hamza. Au cours de la soirée les participants avaient tous appelé au "Départ du régime", insistant sur l’organisation de manifestations populaires monstres pour secouer la capitale le lendemain. Plusieurs étudiants de l’Université étaient présents ainsi que des victimes d’injustices diverses.

Grogne à la Santé

Parallèlement à la marche des partis de l’opposition, les syndicats de la Santé avaient drainé des dizaines de leurs membres devant les locaux de leur ministère de tutelle le même jour pour exiger l’application de la plate-forme revendicative soumise en 20120 au gouvernement qui s’était pourtant engagé à satisfaire les principales doléances.

Selon les membres des syndicats de la santé, le secteur est devenu le lieu d’une pagaille incontestable, avec des recrutements et des licenciements abusifs, sans compter les conditions de vie et de travail dégradés du personnel. L’un des porte-parole des indignés dira que la marche organisée hier est survenue après les nombreuses demandes d’audience non satisfaite que le syndicat de la Santé voulait obtenir auprès du ministre de la Santé. Des demandes restées lettres mortes.

Parmi les exigences les plus sérieuses des syndicats, l’application des clauses contenues dans le Protocole d’accord signé avec les autorités le 7 mai 2011, la réhabilitation et la coopération avec les représentants réels des travailleurs de la santé ainsi que le recrutement de tous les médecins dentistes.

Dans un communiqué de presse diffusé à l’occasion, les syndicats ont souligné que le fait que le ministère de la Santé affirme avoir recruté 200 agents de santé, en excluant pour la troisième fois consécutive les dentistes et les pharmaciens, prouvent l’état de dysfonctionnement de ses services et sa promptitude à renier ses engagements. Ajouté à cela, rappelle le communiqué, le non recrutement des dernières promotions des écoles de santé, lesquelles n’ont pas encore perçu le moindre droit, dans une démarche grave tendant à jongler avec les intérêts des travailleurs.

Grabuges à la Présidence

A quelques encablures de là, le cliquetis des affrontements fusait de la présidence de la République là où une unité de la police tentait de déloger une trentaine de chômeurs-diplômés, depuis trois jours en sit-in et qui avaient déclenché hier, une grève de la faim.

Finalement, les agents de police aidés par des hauts gradés sont parvenus à extirper les manifestants hors de la présidence pour les conduire au commissariat de Tevragh-Zeina 1. Des séances de tortures et de bastonnades ont été évoquées au cours de l’évacuation manu militari des diplômés-chômeurs.

L’escalade serait survenue après que les manifestants aient refusé de rompre leur sit-in et leur grève de la faim. Ces derniers ont déclaré qu’aucun texte de loi n’interdit le sit-in devant les locaux de la présidence, mettant en exergue le caractère pacifique de leur mouvement. Les grévistes étaient par ailleurs mécontents par le comportement du président Mohamed Ould Abdel Aziz qui n’a pas daigné venir s’enquérir de leurs doléances ou tenter de leur apporter les réponses qu’ils attendaient.

Colère générale

Ces mouvements sociaux ont lieu au moment où les professeurs de l’enseignement secondaire, suspendus de salaires depuis le déclenchement de leur mouvement de grève, maintiennent la pression. Pour contourner le mouvement et boucler l’année scolaire sans considération de la qualité des enseignements dispensés, le ministère de l’Education avait fait appel à des instituteurs, des personnels d’encadrement, tout en foulant aux pieds la législation internationale du travail qui interdit toute atteinte aux émoluments ou traitement des travailleurs en situation de grève régulière.

A Boulenoir, les populations plongées dans le noir depuis des jours faute d’électricité continuent de bloquer la route nationale en signe de protestation. Au Brakna, le cheptel est en train de mourir, alors qu’ailleurs des voix s’élèvent dans toute la Mauritanie pour dénoncer le sabotage du programme "Emel 2012 " détourné par les administrations locales. Un peu partout, la soif a tiré les populations de leur inertie légendaire pour les jeter sur les chemins de la contestation. Dans certains lieux, les habitants se sont carrément frottés aux forces de l’ordre pour faire entendre leurs voix. A l’heure des meetings exhibitions et des envolées propagandistes des caciques du pouvoir, la Mauritanie se consume en mini révolte, en attendant la grande révolution.

Cheikh Aïdara
 

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