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Tornade de scandales économiques en perspective : Après wikileaks, "offshoreleaks" !


International
Jeudi 4 Avril 2013 - 16:41

Après WikiLeaks, Vatileaks, Offshore Leaks sera-t-il le nouveau scandale mondial en vue? Une trentaine de médias étrangers et Le Monde pour la France publient jeudi matin les résultats d'une longue enquête collaborative sur les sociétés offshore et les paradis fiscaux.


Tornade de scandales économiques en perspective : Après wikileaks, "offshoreleaks" !
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Plus de 2,5 millions de documents ont été analysés, expliquent le journal suisse Le Matin et le Guardian , deux des titres impliqués dans l'enquête. Mises à disposition par le consortium journalistique d'investigation américain ICIJ, les données exploitées sont issues de deux sociétés spécialisées dans les domiciliations offshore: Commonwealth Trust Limited, à Tortola, dans les îles Vierges britanniques et Portcullis Trustnet, basée à Singapour.

«Ces fuites, qui ont le potentiel de causer un choc sismique, montrent à quel point la finance offshore s'est répandue dans le monde», explique le Guardian. Les données - contrats, photocopies de passeport, feuilles de calcul, livres de comptes - concernent environ 122 000 entités, liées à plus de 130 000 personnes dans 140 pays, précise Le Matin. Le Guardian souligne la diversité des utilisateurs d'investisseurs offshore. Dans cette liste de noms, «on trouve des dentistes américains, des proches de despotes, des villageois de la classe moyenne grecque, des escrocs de Wall Street, des milliardaires indonésiens et d'Europe de l'Est, des dirigeants russes, des marchands d'armes et une société présentée comme la tête de pont du programme nucléaire iranien», énumèrele Guardian.

«Le fait que des milliers de gens ordinaires apparaissent dans ces fichiers indique que les sociétés offshore ne sont pas uniquement le repaire de malfrats ou de politiciens voulant dissimuler de l'argent. Des anonymes adoptent ce système car ils ne se sentent pas à l'abri dans les institutions bancaires de leur propre pays», insiste la directrice adjointe de l'ICIJ.
Un disque dur de 260 gigaoctets

Le Guardian a mis en exergue quelques personnalités mentionnées dans ces documents. On y trouve l'ancien ministre des Finances de Mongolie, le président d'Azerbaïdjan et sa famille, l'épouse du premier ministre adjoint russe Igor Chouvalov, l'époux d'une sénatrice canadienne, la collectionneuse d'art espagnole la baronne Carmen Thyssen-Bornemisza. Côté français, 130 individus seraient concernés mais le nom qui fait le plus de bruit est celui de Jean-Jacques Augier. Le trésorier de la campagne présidentielle de François Hollande, qui a racheté le magazine Têtu, est actionnaire de deux sociétés offshore dans les îles Caïmans, via son holding financier Eurane, affirment Le Monde et le Guardian. «J'ai investi dans cette société par l'intermédiaire de la filiale d'Eurane en Chine. L'investissement dans International Bookstores apparaît au bilan de cette filiale. Rien n'est illégal», a déclaré l'intéressé au Monde. Jean-Jacques Augier souligne ne détenir «ni compte bancaire personnel ouvert aux Caïmans ni investissement personnel direct dans ce territoire». Les rares personnalités citées dans le Guardian et qui ont accepté de s'expliquer, comme la baronne Carmen Thyssen-Bornemisza, assurent, elles aussi, de la légalité de leurs investissements.


Les coulisses de cette enquête internationale qui a réuni 86 journalistes et 35 publications sont aussi fascinantes que ses conclusions. Tout a commencé, il y a quinze mois, avec l'envoi anonyme d'un paquet en Australie. Son destinataire est le journaliste Gerard Ryle, qui sort d'une investigation de trois ans sur le scandale du Firepower. À la réception du disque dur, Gerard Ryle s'en va trouver le consortium ICIJ pour bénéficier de son expertise en matière de collaboration internationale. Mais contrairement à WikiLeaks, les données ne sont ni organisées, ni classées, un programmeur a donc construit une base de données pour permettre aux reporters de télécharger et de chercher les documents et mis en place un forum pour faciliter la communication. Le disque dur d'Offshore Leaks contient 260 gigaoctets de fichiers, soit un volume 160 fois plus important que les câbles diplomatiques américains publiés par WikiLeaks en 2010. De quoi distiller des révélations sur toute une année.
Mamoudou Kane


              

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