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Terrorisme au Sahel : La Mauritanie est-elle devenue une plaque tournante ?


Société
Lundi 18 Février 2013 - 11:05

A voir le nombre de plus en plus croissant de jeunes Mauritaniens enrôlés dans les groupuscules islamistes armés au sein des organisations terroristes qui essaiment le Sahel, que cela soit Al Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi) ou Ansar Dine, s’ils ne fondent eux-mêmes leurs propres organisations jihadistes, comme Ançar Acharia, l’opinion se demande si la Mauritanie ne risque pas de se transformer en plaque tournante du terrorisme dans la Région. Même si jusqu’à présent, le pays n’abrite aucune base abritant des groupuscules armés, il en fournit cependant de plus en plus le gros du contingent. D’où l’idée inspirée de cette table-ronde internationale sur le terrorisme qui vient de s’achever à Nouakchott.


Les salafistes repentis sont réinsérés dans la société, selon les autorités, à force d'argent.
Les salafistes repentis sont réinsérés dans la société, selon les autorités, à force d'argent.
Nouakchott abrite depuis mardi 12 février 2013 une table-ronde sur la lutte contre le terrorisme qui s’achève en principe aujourd’hui, jeudi 14 février, en présence d’invités venus de plusieurs pays. Organisée par le Centre mauritanien des études stratégiques en collaboration avec l’Etat-major des forces armées, les Ulémas, les experts et plusieurs hauts officiers, cette table-ronde discutera des différents aspects du terrorisme et de ses causes ainsi que de la politique mauritanienne dans le domaine, ses conséquences économique et sociales, et le rôle de la société civile.

Dans son mot d’ouverture, le ministre de la Défense, Ahmedou Ould Radhi fera le bilan des assauts répétés que la Mauritanie avait subis dans le passé du fait des attaques terroristes, ainsi que les avertissements qu’elle ne cessait de lancer aux pays du voisinage afin que les efforts soient unis pour combattre ce fléau. Il finira par exprimer le souhait que cette table-ronde qui réunit autant d’experts et de compétences puisse générer assez d’échanges fructueux et d’idées lumineuses à même de d’aboutir à la fin des travaux à des recommandations utiles capables de contribuer à la lutte contre le terrorisme.

De son côté, l’ancien ministre de l’Intérieur, Lemrabott Sidi Mahmoud Ould Cheikh Ahmed, président de la commission préparatoire de cette rencontre, a déclaré que cette table-ronde scientifique qui réunit une élite d’Ulémas et d’officiers, ainsi que des experts, constitue une rare opportunité pour définir avec exactitude le phénomène du terrorisme, ses causes et ses conséquences. Selon lui, le combat contre ce fléau requiert qu’on lui trouve le meilleur antidote et celui-ci ne peut émaner que d’équipes pluridisciplinaires. Pour Lemrabott Ould Cheikh Ahmed, la Mauritanie a très tôt appréhendé le phénomène du terrorisme et du fanatisme, citant au passage le président Mohamed Ould Abdel Aziz, ajoutant que c’est pourquoi elle a déployé tous les moyens matériels et humains pour y faire face avec rigueur, allant jusqu’à poursuivre les terroristes dans leur tanières et prévenir le mal en le tuant dans l’œuf.

L'idéologue salafiste Mohamed Salem Ould Mohamed Lemine, alias Almajlissi, qui avait autrefois bénéficié d'une grâce présidentielle et en prison depuis l'an passé.
L'idéologue salafiste Mohamed Salem Ould Mohamed Lemine, alias Almajlissi, qui avait autrefois bénéficié d'une grâce présidentielle et en prison depuis l'an passé.
La survenue d’une telle table-ronde répond selon plusieurs participants, interrogés en marge de la cérémonie d’ouverture officielle de la rencontre, à une inquiétude latente face au développement dangereux de ce fléau. Il faut dire que la jeunesse mauritanienne est de plus en plus sensible à l’appel des jihadistes. Les cursus enseignés dans les Mahadras et dans les Instituts islamiques dans le pays ont une grande part de responsabilité dans cet état d’esprit, trouvent plusieurs stratèges. En plus des quatorze terroristes jugés et condamnés, certains à la peine capitale, et dont le sort reste méconnu, car placés dans une prison secrète, la prison civile de Nouakchott en regorge. Ces derniers restent très actifs et communiquent avec une aisance déconcertante avec le monde extérieur. La preuve, le coup de fil en direct passé entre l’un d’entre eux et une radio de la place pour démentir les rumeurs relatives à la mise en place d’une nouvelle cellule dénommée « Ançar Acharia Vil Bilad Chinguit ».

Cette affaire alimente aujourd’hui les discussions, entre démentis et affirmations fermes. Le nommé Didi Ould Bezeïd, condamné à 13 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de l’Américain Christophe Legget au Ksar en 2008 a déclaré que ni lui ni les autres détenus salafistes de la prison civile ne sont même pas au courant de cette organisation, demandant en retour à ce que l’Etat accepte de recevoir son appel en cassation. Didi prétend appartenir au même titre que ses camarades au groupe salafiste qui avait accepté le dialogue initié par l’Etat en vue de leur repentir. Plusieurs parmi ces dialoguistes ont été libérés, certains ont vite rejoint Aqmi, alors que lui et les autres continuent de croupir en prison.

Le développement du phénomène se poursuit ainsi, dans les couloirs de la justice mauritanienne et dans les maquis des Jihadistes dans le Nord Mali, au moment où deux autres présumés

salafistes viennent d’être remis aux autorités à Nouakchott. Il s’agirait d’un certain Ibrahim Ould Ahmeïda, dont le frère qui faisait partie du commando de la centrale gazière d’In Amenas (Algérie) a été tué, et un autre du nom de Mohamed Lemine Ould Cheikhany. Plusieurs jeunes mauritaniens qui sont en train de fuir l’enfer malien et les bombardements des forces maliennes et africaines aidées par la France, tombent ainsi régulièrement dans les filets des forces de l’ordre mauritaniens. Certains d’entre eux seraient soumis actuellement à des interrogatoires pour déterminer leur appartenance ou non aux Jihadistes du Nord Mali.

La jeunesse mauritanienne et son implication dans les groupuscules terroristes au Sahel est un thème récurrent qui a été ainsi abordé par la table-ronde de Nouakchott sur le terrorisme. Le problème selon le colonel Ibrahim Vall Ould Cheïbany qui a abordé l’approche mauritanienne de la question, est d’abord d’ordre idéologique, avant d’être socioéconomique. Selon lui, cette approche idéologique a ainsi permis, au cours du célèbre dialogue provoqué entre les prisonniers salafistes et les Ulémas, de pousser quelques 60 jeunes prisonniers à se repentir. L’orientation islamiste profondément modérée de la Mauritanie qui s’est traduite par l’ouverture d’une Radio du Coran, le recrutement de plus de 500 Imams salariés et l’impression du premier Coran mauritanien, a selon lui, beaucoup contribué à lutter contre l’idéologie salafiste qui continue de pousser la jeunesse mauritanienne dans les bras du radicalisme religieux.

Cheikh Aïdara
Lu sur lauthentic.info
Mamoudou Kane


              

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