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Tedx Nouakchott : Des idées, des parcours inspirateurs dans la médiocrité ambiante (Un sain "brain washing")


Culture
Jeudi 4 Juin 2015 - 20:00

Avant les sorties vidéos, pour ceux qui n’y étaient pas, un aperçu des partages d’idées et de parcours qui ont eu lieu lors de cette deuxième édition du Tedx de Nouakchott, le samedi 23 mai au cinéma Galaxy : la fraîcheur spontanée de Mister X, l’histoire bibliothécaire de jean Sahuc, l’esprit d’innovation de Mohamed Baba, l’enthousiasme du Dr Sidi Soueina, le monument urbain Pr Dia, l’engagement de Jean-Marc Dignac, la verve dynamique de Najwa Ketab, et l’expérience objective de Larry André… Les points saillants (rafraîchissants) de leurs interventions.


Khalil Kheyri, président de l’association de protection des consommateurs. Crédit : MLK/Mozaikrim
Khalil Kheyri, président de l’association de protection des consommateurs. Crédit : MLK/Mozaikrim

« Les produits alimentaires venant de l’étranger sont pour leur quasi-totalité non-contrôlés et dangereux pour nos consommateurs. Les huiles entre autres sont d’origine qualitative inconnue. Même les jouets pour nos enfants sont le plus souvent vendus avec des composants chimiques très nocifs » explique Khalil, en montrant en diapos une séries de produits sur des étals de surfaces commerciales alimentaires de Nouakchott.

En ce sens à ses yeux, il est essentiel de sensibiliser les familles mauritaniennes sur les dangers sanitaires liées à cette méconnaissance. Une lacune qui met en danger les consommateurs mauritaniens qui ne sont pas au fait de ce qu'ils achètent, notamment en termes de produits alimentaires, et qui potentiellement les mettent en danger.

Mohamed Baba, ingénieur agrégé en physique-chimie, et fondateur du projet TOOGA. Crédit : MLK/Mozaikrim
Mohamed Baba, ingénieur agrégé en physique-chimie, et fondateur du projet TOOGA. Crédit : MLK/Mozaikrim

Sélectionné parmi les 100 innovations en Afrique en 2013, et récompensé à plusieurs reprises, le projet TOOGA est l’aboutissement d’un savoir-faire traditionnel et moderne, à quasiment 100% mauritanien.

« Avec ce projet, au-delà des perspectives économiques, nous voulions montrer que l’on pouvait consommer sain et mauritanien. Tout part de l’approvisionnement en matières première auprès des femmes cueilleuses d’Aleg. A partir de là la production se fait, puis le conditionnement et la distribution » décrit sereinement l’ingénieur.

« Ce projet est porteur du développement industriel et commercial de toute une filière. C’est l’aboutissement d’un processus de recherche-développement intégrant des savoir-faire paysans existant à leur aval industriel qui constitue une performance rare » félicitait l’an passé l’ambassadeur français lors d’une cérémonie spéciale.

Larry André, Ambassadeur des USA en Mauritanie. Crédit : MLK/Mozaikrim
Larry André, Ambassadeur des USA en Mauritanie. Crédit : MLK/Mozaikrim

« L’objectivité : à la recherche d’un idéal impossible ». Le thème d’exposition du représentant diplomatique des USA en Mauritanie a jeté l’ancre dans les eaux troubles de l’interprétation, du jugement, de la prise de décision et de l’action qui en découle, pour tenter d’y pêcher la valeur rare de l’objectivité dépassionnée.

Dans un pays comme la Mauritanie où les passions sont relativement exacerbées, au détriment souvent consciemment, par pure mauvaise foi, de l'objectivité la plus élémentaire, cette présentation est assez intéressante à suivre.

Particulièrement dans le domaine de la gouvernance, de l'entrepreunariat où les décisions doivent être prises en "connaissance de cause", c'est-à-dire après analyse précise du contexte. Ce n'est qu'ensuite qu'une décision active doit être prise après avoir maîtrisé les tenants fixes et aboutissants probables de la problématique soulevée.

Jean Sahuc. Crédit : MLK/Mozaikrim
Jean Sahuc. Crédit : MLK/Mozaikrim

On peut sans exagérer, le présenter comme un des fondateurs historiques de la capitale mauritanienne. A ce titre, sa perspective sur l’urbanisation de Nouakchott est éclairante et passionnante. Ce qu’il détaillait récemment dans son portrait paru sur Mozaikrim.

Tedx Nouakchott : Des idées, des parcours inspirateurs dans la médiocrité ambiante (Un sain "brain washing")

Le féminisme, ou l’illusion de l’émancipation. Le clash social de la soirée. Dans une société encore totalement patriarcale, et où est entretenue à dessein l’illusion d’une « grandeur », d’une particularité de la situation de la femme mauritanienne, Najwa Ketab décrit un autre tableau.

« Les chiffres sur les violences faites aux femmes ici sont tels, les cas de mariages précoces tels, qu’on ne peut pas parler de paradis mauritanien pour les femmes. Même avec un statut social où matériellement elle s’en sort, on assiste dans ces cas plus à des « carrières matrimoniales », qu’autre chose. Les rôles sont figés, et la femme n’a de perspective que celle que les règles sociales, souvent rigides et traditionnelles, lui offrent » analyse la sociologue.

Son entretien bientôt à paraître sur Mozaikrim.

Professeur Al Hussein Dia, psychiatre. Crédit : MLK/Mozaikrim
Professeur Al Hussein Dia, psychiatre. Crédit : MLK/Mozaikrim

Un nom connu, certainement un des plus connus de Nouakchott. Mais paradoxalement le visage lui, était inconnu pour la plupart des spectateurs présents ce soir à la deuxième édition du Tedx. Qui n’a jamais dit avec humour « qu’on va t’emmener voir le Dr Dia » quand quelqu’un se lâchait un peu trop ?

Son intervention sur les « interférences entre les thérapies modernes et celles traditionnelles » était à la hauteur du questione;ent psychiatrique que l’on peut se poser dans une société mauritanienne à la césure d’une transition sociale, morale et spirituelle, qui a du mal à évoluer : en ce sens, peut-on concilier les deux ?

Résolument oui nous répond le Professeur Dia. « Les médecins traditionnels doivent être encadrés par une structure de santé locale. La notion d’empathie, entre le soignant et le soigné, qui contribue grandement au succès guérisseur des médications prodiguées, et particulièrement forte avec son « marabout » doit être sous surveillance, quand dans le même temps, la voie psychiatrique moderne est explorée » assure Al Hussein Dia.

Le Docteur Sidi Soueina. Crédit : MLK/Mozaikrim
Le Docteur Sidi Soueina. Crédit : MLK/Mozaikrim

Passant par le concept réunificateur et patriotique japonais de l’IKI, le docteur Sidi Soueina affirme haut et fort que de meilleures pratiques éducatives sont possibles en Mauritanie. « Ça passe par une culture de l’innovation ; mais on ne peut pas innover quand on n’a pas cette volonté patriotique de faire aller son pays en avant, comme au Rwanda où il existe un ministère spécialement dédié à cette cause. Ce qui en a fait la Silicon Valley de l’Afrique aujourd’hui ! » explique Sidi Soueina.

« Il faut forger une «Temjidah» neuve dans un creuset pour un Mauritanien Nouveau, plus épris de son pays que de son identité particulariste tribale, communautaire ou régionale » insiste-t-il.

Jean-Marc Dignac, spécialiste en développement durable. Crédit : MLK/Mozaikrim
Jean-Marc Dignac, spécialiste en développement durable. Crédit : MLK/Mozaikrim

Normalien, Jean-Marc Dignac critique dans sa réflexion le concept de développement durable. Une notion que la commission européenne définit comme telle : "Un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs”.

Ce concept est critiquable aux yeux de Jean-Marc qui argue que développement, au sens capitaliste (système économique régissant le monde actuel) du terme va de pair avec épuisement des ressources naturelles.

"Les nomades du Sahara, avaient culturellement et historiquement cette conscience d'avancer tout en ne paralysant pas l'écosystème naturel: L'installation à un emplacement donné se faisait jusqu'au moment où le lieu commençait à épuiser ses ressources; puis on se mouvait au prochain emplacement, le temps de laisser souffler la localisation (puits, oasis - ndlr) où on s'était établi" précise Jean-Marc.

A l'heure où une petite crise écologique secoue les côtes Nouakchottoises, et où la pression extractive se fait plus forte sur les ressources halieutiques de la Mauritanie, cette optique peut inciter à plus de recul sur la gouvernance locale.

Mister X, slameur. Crédit : MLK/Mozaikrim
Mister X, slameur. Crédit : MLK/Mozaikrim

The last but not the least, Cheikh Diagne AKA Mister X, slameur distingué de son état, a clotûré la soirée par un texte écrit durant la soirée, à l'écoute des premiers intervenants.

"Le slam a été mis en valeur par le rap. Le slam, c’est de la joute oratoire. Il est né à travers des soirées où des gens stressés après le boulot, racontaient leur journée, leurs problèmes. C’est comme une thérapie. Le rap a influencé le slam du coté lyrique" décrivait-il son art dans un entretien au quotidien l'Authentique.

Une conclusion presque logique pour cette soirée de partage et d'expériences, pour une assemblée, à défaut de voir ses problèmes réglés, est venue nombreuse subir une thérapie de groupe dans l'immobilisme ambiant de la société mauritanienne; un marasme que des initiatives comme celle-ci tentent de déparasiter.


Source: Mozaikrim

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