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Tagant : La ministre de la Culture sur les traces des villes anciennes et autres lieux de mémoire


Culture
Jeudi 13 Août 2015 - 12:00

Madame Hindou mint Aïnina, ministre de la Culture et de l’artisanat, a mis à profit sa présence au festival des dattes de Tidjikja, du 31 Juillet au 2 Août, pour visiter certaines cités historiques et autres lieux de mémoire du Tagant.


Un périple qui devait permettre, à Mint Aïnina, de constater, de visu, l’immense potentiel que recèle cette wilaya.
 
Tidjikja :Ghadima entre au Patrimoine national

La randonnée a commencé par une visite guidée de la Ghadima, ancienne ville de Tidjikja, fondée en 1660. Sur les lieux, Hindou mint Ainina, accompagnée des ministres de l’Agriculture et du Commerce, ainsi que du directeur général de l’agence Tadaamoun, s’est arrêtée à l’ancienne maison de l’érudit Sidi Abdoullah ould El Hadj Brahim qui repose à Ghouba, une localité située à soixante kilomètres au sud-est de Tidjikja.
 
La délégation ministérielle s’est ensuite rendue à la maison d’une autre figure, Taleb ould Hankouch, où ses petits-fils, fortement mobilisés, avaient, pour l’occasion, dépoussiéré l’ancienne bâtisse, véritable chef d’œuvre architectural et culturel. Toutes choses qu’il faudrait réhabiliter et conserver pour les générations futures.
 
Taleb ould Hankouch fut le grand disciple de Sidi Abdoullah Ould El Hadj Brahim, son khalife même. Connu pour son érudition, il fut aussi le plus grand notaire du Tagant, sollicité de partout pour son savoir en matière de fiqh. Les cités de Chinguitti, Ouadane et Tichitt firent appel à lui pour trancher divers litiges dont certains étaient cocasses.
 
C’est lui qui trancha l’épineuse question de l’imamat d’Ouadane. Ses actes sont archivés en Algérie. Il a contribué à propager le savoir en différents foyers du pays et dans les pays voisins.
 
La réhabilitationde ce patrimoine architectural et culturel se réalisera-t-elle grâce à l’entrée officielle de Ghadima, au registre du Patrimoine national. La remise, par madame la ministre, d’un document l’attestant, à Saleck ould Saleck, maire de Tidjikja, le jour même du lancement du Festival des dattes, permet de l’espérer.
 
Désormais, une plaque apposée à l’entrée de la Ghadima immortalise cette promotion nationale. Une décision qui fut d’ailleurs signée, a-t-on appris, dès le premier festival des dattes de Tidjikja, en 2009, mais longtemps gardée dans les tiroirs du ministère de la Culture et de l’artisanat.
 
Des hommes comme Yahya ould Béchir s’étaient beaucoup investis dans ce projet. Désormais donc, Tidjikja attend les retombées que cette reconnaissance pourrait lui rapporter. On attend avec impatience la réhabilitation du cœur de la ville. Au cours d’un atelier sur le développement du tourisme au Tagant, des intervenants ont d’ailleurs déploré la reconstruction, en béton de certaines maisons du centre-ville, qui dénature l’ancienne architecture.
 
Rachid : Pour une réhabilitation de l’ancienne ville
 
L’autre étape importante aura été, pour Mint Aïnina, le déplacement à Rachid, une autre cité historique. Cette agglomération oasienne, encastrée entre deux montagnes, à l’Est et à l’Ouest, et nantie d’un bel oued, au Nord-ouest, fut fondée au lendemain de la destruction, le 16 Août 1908, de l’ancienne cité historique, établie, en 1723, sur les flancs montagneux.
 
A Rachid, Mint Ainina n’a pas visité la ville ancienne et s’est contentée, au pied de la montagne, des explications du maire, le docteur Mohamed ould Dié, sur la fondation de la cité et sa destruction par l’armée coloniale. Madame la ministre s’est étonnée de ce que des mesures n’aient pas été prises pour faire connaître, réhabiliter et promouvoir ce précieux patrimoine.
 
Elle a exprimé la volonté du gouvernement de rectifier les choses, via son Programme national de développement du patrimoine national. Une annonce accueillie avec intérêt par le maire de Waahaat. A Rachid, la ministre et ses collègues devaient également visiterune exposition de produits artisanaux et agricoles, une foire de dattes et la source d’Irigi. Un programme perturbé par un orage tombé, la veille, sur la ville. Nous y reviendrons.
 
Un mausolée pour Boubacar Ben Amer, un des chefs de guerre des Almoravides
 
Autre arrêt ministériel : le tombeau de Boubacar Ben Amer, sis en l’oued El Meksem dans la commune de Boubacar Ben Amer (Ghoudiya). Boubacar fut le chef des Almoravides venus guerroyer pour l’islam dans ce qu’on appelait Bilad as-Soudan. Il trouva la mort àl’endroit qui porte, depuis, son nom. Ici, la ministre a été reçue par le maire de la commune, maître Saleck ould Abdel Jelil.
 
Dans sa déclaration sur place, Mint Aïnina a rappelé que le développement et la promotion du patrimoine culturel du pays est une priorité de son département qui a concocté, à cette fin, un programme national, et ensuite exprimé son souhait que « cet endroit devienne un lieu de visites », ajoutant : « il faut, en conséquence, lui donner un cadre approprié d’accueil ».
 
Même son de cloche chez le maire de la commune qui a demandé, en outre, la construction d’un mausolée pour l’illustre homme et un geste à l’endroit des familles qui assurent, sur place, le gardiennage du tombeau.
 
Kasr El Barka : inscrire la cité au patrimoine national
 
L’ultime étape de la ministre au chevet des cités historiques et autres lieux de mémoire fut Ghasr El Barka, dans la commune de N’Beïka. Accueillant Mint Aïnina en grand rassemblement, le maire de la commune, Sidi Mohamed ould Mohamed Vall, a résumé son ambition pour la cité historique dans une formule introductive : « Ghasr El Barka sur Google : d’une cité oubliée à une cité classée au patrimoine national ».
 
Le maire a ensuite demandé la protection de l’endroit par une clôture en grillage, pour éviter sa dégradation par les animaux en divagation et l’érosion. Ghrini voudrait voir cette cité des érudits sortir de l’oubli et tous les Mauritaniens profiter de son riche passé culturel.
 
Des doléances que la ministre s’est hâtée d’accepter, en prenant l’engagement d’entamer la procédure pour l’inscription de Ghasr El Barka au registre du patrimoine national, avant la fin 2015. Elle a également répondu favorablement à la requête du maire pour la protection du site. Une position fort appréciée par le maire et les citoyens réunis ce jour.
 
Dalay Lam
lecalame
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