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Tabaski : le sacrifice du mouton…et des pères de famille


Actu Mauritanie
Lundi 14 Octobre 2013 - 15:55

La fête d’Al Adha, ou Tabaski ou encore du sacrifice du mouton, pour perpétuer la soumission d’Ibrahim à Dieu, acceptant d’égorger son unique fils Ismaël mais finalement sauvé in extremis quand l’archange Gabriel substitue l’enfant par un mouton qui servira d’offrande sacrificielle, est célébrée en Mauritanie comme un véritable supplice des pères de familles !


Tabaski : le sacrifice du mouton…et des pères de famille
Oui, malgré la sacralité incontestable dans un pays musulman à cent pour cent, cette fête-là, plus que toute autre, empêche les hommes de dormir un mois avant sa venue. Ils savent que c’est le moment T où ils vont plonger dans les abysses de la dette. « Manger » facilement trois salaires ou quatre en un seul jour ! Petite ou grande, chaque famille se mobilise dès que l’on commence à évoquer le départ des pèlerins vers la Mecque pour que la fête, au sens orgiaque du terme, soit grandiose.

Sans qu’on se l’avoue, les familles entrent en compétition. La palme à remporter : qui excellera dans le gaspillage ? Rien à voir pourtant avec les enseignements de la religion musulmane qui recommande la mesure en toute chose et dispense les pauvres de ce « sacrifice ». C’est même pour eux que les riches sont censés le faire puisque la viande va circuler, le jour de la fête, entre les familles. Mais l’orgueil humain prend souvent le dessus. Qui va acheter le plus gros bélier, les plus beaux habits pour les enfants et APPARAITRE comme il n’était pas hier ? La course aux excès en tout.
 
A la veille de chaque fête de Tabaski, le père de famille fait ses comptes. Son avoir et ses dépenses. Ces dernières ne tiendront jamais compte de l’état du premier. Elles sont seulement établies selon un ordre de priorités absolu : Le mouton, pour ceux qui n’ont aucune difficulté à l’acheter, les habits des enfants, Madame et celui qui a l’obligation de s’occuper de tout cela. Dans une famille pauvre, les habits des enfants passent avant le mouton. Il ne faut, en aucun cas, donner l’occasion à ses « ennemis » en cette occasion où tout est prétexte pour rivaliser.

Pauvres pères de familles. J’en connais qui, faisant ses comptes, a trouvé qu’il doit pratiquement vivre sans salaire d’ici fin 2012 ! Visa à la banque, prêt chez l’usurier du coin, boubou pris à crédit chez le boutiquier du Marché de la Capitale, et le prix du mouton payé seulement à moitié. Eh oui, il gagne seulement 120.000 UM (300 euros) et les dépenses de la fête comme ont dit nécessitent trois fois plus ! Passe encore qu’on se démène pour nourrir ses huit enfants mais quand la Tabaski arrive, on prie Dieu que ce n’est pas tous les jours la fête…du sacrifice.
 
Sneiba
Pour Taqadoumy
Mamoudou Kane


              

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