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Syrie : Un responsable israélien confirme deux raids en trois jours


International
Dimanche 5 Mai 2013 - 13:35

Israël a effectué une attaque aérienne dans la nuit de samedi à dimanche près de Damas qui a visé des armes iraniennes à destination du mouvement chiite libanais Hezbollah, a indiqué dimanche 5 mai à l'AFP un haut responsable israélien sous couvert de l'anonymat. "L'attaque visait des missiles iraniens destinés au Hezbollah, au nord de Damas", a déclaré ce haut responsable.


Explosion à Damas dimanche 5 mai à l'aube. Cette vidéo, obtenue par Reuters sur un réseau social, n'a pas été vérifiée. | Reuters/REUTERS TV
Explosion à Damas dimanche 5 mai à l'aube. Cette vidéo, obtenue par Reuters sur un réseau social, n'a pas été vérifiée. | Reuters/REUTERS TV
Cette attaque a pris pour cible des bâtiments au nord-ouest de la capitale syrienne, tout près du site d'une frappe aérienne israélienne que l'Etat hébreu avait implicitement confirmée en janvier, a ajouté le haut responsable. Il a aussi confirmé qu'Israël avait mené un autre raid aérien vendredi matin contre des armes destinées au Hezbollah, à proximité de l'aéroport de Damas.

Ces informations confirment celles livrées plus tôt par une source occidentale du milieu du renseignement à Reuters, qui indiquait qu'Israël a mené une série de frappes aériennes dans Damas, ébranlée par de puissantes explosions doublées de colonnes de feu dans le ciel. "Dans l'attaque de la nuit dernière, comme dans la précédente, ce qui a été attaqué ce sont des réserves de missiles Fateh-110 qui étaient transportées de l'Iran vers le Hezbollah", a expliqué cette source.

"BOULE DE FEU"

La télévision publique syrienne avait indiqué auparavant que ces explosions avaient été provoquées par des tirs de roquettes israéliennes contre le centre de recherches militaires de Jamraya, situé au nord de la capitale et déjà visé par une frappe israélienne fin janvier. "L'agression israélienne vise à desserrer l'étau sur les terroristes dans la Ghouta de l'Est", une région dans la banlieue proche de Damas, avait dénoncé la télévision locale.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), proche de l'opposition, rapporte pour sa part des récits de témoins affirmant avoir vu des avions dans le ciel au moment des explosions. Selon cette ONG, la puissance de l'attaque dépasse les capacités militaires des rebelles. Sur une vidéo d'une explosion, mise en ligne dans la nuit de samedi à dimanche par des activistes syriens, on voit une boule de feu se former dans la nuit aux abords de Damas.

Le centre de recherche de Jamraya en Syrie, visé par l'aviation israélienne le 29 janvier.
Le centre de recherche de Jamraya en Syrie, visé par l'aviation israélienne le 29 janvier.
L'IRAN PRÊT À "ENTRAÎNER" L'ARMÉE SYRIENNE

Après ces déclarations, l'Iran s'est dit prêt à "entraîner" l'armée syrienne en cas de besoin. "Nous sommes aux côtés de la Syrie et s'il y a besoin, nous sommes prêts à lui fournir l'entraînement nécessaire, mais nous ne participerons pas activement à ses opérations", a déclaré le commandant de l'armée de terre iranienne, le général Ahmad-Reza Pourdastan, cité par l'agence officielle Irna.

Le porte-parole du ministère iranien des affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, a par ailleurs "condamné l'attaque du régime sioniste et demandé aux pays de la région de réagir avec sagesse à ces agressions". M. Mehmanparast a accusé Israël de chercher à "créer l'instabilité et l'insécurité dans la région (...) en provoquant des conflits à caractère ethnique et religieux".

DES CARGAISONS DE MISSILES DÉJÀ VISÉES

Il s'agit de la deuxième opération menée en quelques jours par l'Etat hébreu contre la Syrie. Des responsables israéliens ont confirmé samedi sous le couvert de l'anonymat l'information donnée par la chaîne américaine CNN selon laquelle l'armée de l'air avait frappé jeudi ou vendredi le territoire arabe. D'après des médias américains, l'objectif était une cargaison de missiles iraniens sol-sol à destination du Hezbollah libanais, allié de la Syrie et de l'Iran.

Vidéo authentifiée d'une explosion à Damas vendredi 3 mai.
Vidéo authentifiée d'une explosion à Damas vendredi 3 mai.
Israël n'a pas officiellement validé ces assertions, se bornant à répéter qu'il surveillait le transfert d'armes au mouvement chiite. Interrogé, le porte-parole du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, Mark Regev, s'est refusé à tout développement. Le département d'Etat des Etats-Unis et le Pentagone n'ont pas non plus souhaité faire de commentaires, de même que l'ambassade d'Israël à Washington.

L'Etat hébreu, qui a mené en 2006 une guerre éclair contre le Hezbollah, considère toujours le mouvement comme une menace pour sa sécurité. Israël redoute également, en cas de renversement de Bachar Al-Assad, que les combattants islamistes ne retournent leurs armes contre lui, en particulier sur les hauteurs du plateau du Golan syrien, annexé en 1967.

Le 29 janvier, l'Etat juif s'était déjà livré à des frappes aériennes contre un convoi de camions transportant des armements dans la zone frontalière entre la Syrie et le Liban, selon plusieurs sources de sécurité israéliennes et américaines, citées par la presse israélienne et étrangère. Le régime de Damas avait alors également évoqué une attaque contre le centre de recherche de Jamraya.

MASSACRES EN PAYS ALAOUITE

Alors que les atrocités ont gagné cette semaine le pays alaouite (ouest) où le président pourrait se réfugier en dernier recours si Damas tombait selon des experts, l'OSDH a rapporté que des dizaines de morts avaient été découverts samedi dans un quartier sunnite de Banias, pris d'assaut la veille par l'armée et ses supplétifs alaouites. "Nous avons pu identifier 62 corps, dont 14 enfants mais ce nombre peut augmenter car des dizaines de citoyens sont toujours portés disparus", a précisé l'ONG qui s'appuie sur un large réseau de militants et de médecins.

Dès le premier jour des combats dans la région alaouite, jeudi, une tuerie avait endeuillé le village sunnite de Bayda, où au moins 50 personnes, en majorité des civils, ont été tuées lors d'exécutions sommaires et de bombardements, selon l'OSDH. La Coalition de l'opposition syrienne y a vu un "nettoyage ethnique" mené par le régime contre les sunnites, tandis que Washington s'est dit "horrifié". Le régime, de son côté, a affirmé avoir tué à Bayda des "terroristes", appellation officielle des rebelles. Craignant un "nouveau massacre", des centaines de familles ont fui les quartiers sunnites de Banias, selon l'OSDH.

Source : AFP via lemonde.fr
Mamoudou Kane


              

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