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Swissleaks : une enquête et un battage médiatique mondiaux


Economie
Lundi 9 Février 2015 - 23:25

Plus de 150 journalistes du monde entier ont collaboré à l'enquête sur un vaste système de fraude avalisé par la banque HSBC. C'est l'une des plus grandes opérations de journalisme d'investigation transnational de ces dernières années.


Dessin de Boligan (Mexique)
Dessin de Boligan (Mexique)
Entre novembre 2006 et mars 2007, HSBC, établissement britannique, deuxième groupe bancaire mondial, a organisé, par l’intermédiaire de sa filiale suisse HSBC Private Bank, une fraude d'un montant de 180,6 milliards d'euros, impliquant 100 000 clients et 20 000 sociétés offshore. Cette information qui résume l'ampleur du scandale a nécessité des mois d'investigation et le travail collaboratif de centaines de journalistes. 

En janvier 2014, un individu dont Le Monde protège l'anonymat remet à la rédaction du quotidien du soir une clef USB contenant la totalité des fichiers établis par Hervé Falciani. Fin 2008, l'informaticien français, ancien employé de HSBC à Genève avait déjà fourni au fisc français des données sur 3 000 ressortissants français suspectés de fraude fiscale avec la complicité de ladite banque.

Cette fois-ci les 59 000 fichiers fournis concernent 100 000 comptes bancaires de clients issus de plus de 200 pays. La masse d'information est trop importante et implique trop de pays pour être traitée par une seule rédaction, rapporte Le Monde (Courrier international appartient au groupe Le Monde). Les journalistes français décident alors de partager les fichiers avec d'autres rédactions par l'intermédiaire du Consortium international de journalistes d'investigation (ICIJ). 

Collaboration mondiale

L'opération d'investigation est alors lancée. Le Consortium international de journaliste d'investigation  (ICIJ), basé à Washington, est une émanation du Center for Public Integrity (CPI, Centre pour l'intégrité publique), une organisation à but non lucratif créée en 1989. Il va coordonner le "dépouillage" et l'analyse des dossiers en impliquant plus de 150 journalistes originaires de 60 pays différents. 
 
Parmi eux : la BBC, le Guardian (Royaume-Uni), Clarin (Argentine), Politiken (Danemark), Haaretz (Israël), Aftenposten (Norvège), du Tages-Anzeiger (Suisse), Süddeutsche Zeitung (Allemagne), Asahi Shimbun (Japon), Le Soir (Belgique), etc. Le Consortium international a par ailleurs répertorié et publié sur son site les liens des articles parus sur l'affaire  dans tous la presse mondiale ce lundi 9 février.  

Data journalisme

"Si ces journalistes sont parvenus à identifier les placements financiers de politiciens venus de Grande-Bretagne, de Russie, d’Ukraine, de Géorgie, du Kenya, de Roumanie, d’Inde, du Liechtenstein, du Mexique, etc. […], c’est aussi parce que se sont joints à l’effort des journalistes venus de pays difficiles, notamment d’Angola, du Brésil, d’Egypte, de Chypre, de Hongrie, Inde et Indonésie, de Côte d’Ivoire et du Kenya, du Maroc, de Singapour, du Venezuela et du Zimbabwe", souligne aussi Le Soir

Cette investigation à échelle mondiale montre ainsi à quel point les collaborations transnationales entre journalistes et la culture du partage de données peuvent être fructueuses. L'émergence du Big data, l'accès à de vastes jeux de données et la nécessité de les analyser montrent l'importance toujours plus grandissante du data journalisme. Avant Swissleaks, Offshore Leaks et les révélations sur les écoutes de la NSA en avaient déjà fait la démonstration. 

Une seule voix

A rebours de l'enthousiasme généralisé suscité par cette investigation mondiale, certains journaux émettent toutefois quelques réserves. C'est le cas de la rédactrice en chef de Bilan, un bimensuel économique suisse . Auteur d'un livre sur l'évasion fiscale, Myret Zaki s'interroge sur le battage médiatique suscité par l'affaire. "Le travail des journalistes qui se sont plongés dans ces données des semaines durant mérite certes respect et louanges. Mais, le problème de ces opérations coordonnées, c'est que la presse impliquée en devient uniforme, parle d'une seule voix, présente les faits à l'identique, et l'esprit critique se perd quelque part dans la masse des gigaoctets. On reçoit des données prêtes à l'emploi ? Alors on tape sur la cible sans se poser de questions."

L'essentiel, selon elle, ne réside pas dans le fait que certaines célébrités telles que Gad Elmaleh figurent sur la liste Falciani mais plutôt dans ce qu'il révèle sur le laxisme avancé de certains pays en matière de lutte contre le blanchiment d'argent. "Alors qu'on découvre les comptes douteux de cette liste, on sait que le ministère public de la Confédération en a eu connaissance, et qu'à nul moment la Suisse n'a jugé opportun d'ouvrir une enquête […] on n'est ici qu'au début de l'investigation journalistique. Comme le phénomène persistant de la soustraction fiscale, le problème du blanchiment reste entier, il est en progression, et il est de portée mondiale. C'est à ce niveau que les journalistes pourraient combiner leurs forces au plan mondial pour enquêter."
 

Source: Courrier International
Noorinfo


              

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