Sur la route de Wadane (1)


Mercredi 8 Février 2012 - 03:01

              

Sur la route de Wadane (1)
D’abord la problématique de la transcription du nom de cette ville (et pas seulement de cette ville). On devrait corriger cette transcription en utilisant le W pour Wadane et pour Walata, et non utiliser la série de voyelles (OUA) qui ne reproduisent pas forcément le son recherché. و=w et non ‘oua’. Si l’on s’y résout enfin, penser aussi à Timbédra qui devrait s’écrire «Timbedgha» : les Français qui prononcent le ‘r’ en ‘ghayn’ avaient choisi le ‘r’ pour transcrire le nom tel qu’ils l’entendaient, cela devait être corrigé depuis leur départ. Ne pas oublier de restituer le ‘g’ d’Agjawjejt (Akjoujt), celui de Tijigja (Tijikja), le ‘j’ de Elmijriya (Moudjéria)…
 
La ruée vers le nord a commencé la veille. Pour moi, elle commence ce vendredi matin. Cela fait quelques temps que je ne suis pas allé de ce côté. Rien de changé. Beaucoup de postes de contrôles qui semblent avoir pour unique fonction celle de vous faire perdre le rythme du voyage et donc de vous faire perdre du temps. Gendarmes et policiers ont une question aux lèvres : «arrvouna ‘liikoum» (faites-vous connaitre par nous, ou encore présentez-vous à nous) et si l’un d’eux veut aller dans le registre de l’originalité, il vous dit d’un ton sec : «emn m’aana ?» (qui est avec nous ?). Poser cette question à quelqu’un de ma culture amène nécessairement la réponse suivante : «je ne sais pas», parce qu’elle est la manière consacrée chez moi de savoir le conjoint de l’interlocuteur. Moi je ne connais pas les conjoints de ces policiers et de ces gendarmes. D’où le quiproquo qui peut fatalement mener à une incompréhension.

Au bout de laquelle il faut expliquer à l’interlocuteur que ce qui est recherché, c’est de savoir si la voiture et son chauffeur sont en règle. On va, grâce au permis, savoir l’identité de ce dernier. «Vous n’allez pas nous enseigner notre travail, nous voulons savoir qui vous êtes». Vous pouvez leur donner n’importe quel nom, l’essentiel est qu’il sonne «vrai», comme s’il s’agissait d’une notoriété. «Aywa shikhsir ?» (qu’est-ce qui en résulte de mal ?). Rien sauf que le policier ou le gendarme a eu une mauvaise information, qu’il n’a pas fait le travail demandé par son chef qui veut avoir les noms de tous ceux qui passent par ici pour faire la démonstration de son efficacité. Un réflexe de la période des BR, finalement pas trop loin… 

Mohamed Fall Oumeir

 
Oumeir.blogspot.com





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