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Souid - Terrorisme : "Si la Tunisie tombe, la France et l'Europe tomberont"


International
Jeudi 16 Juillet 2015 - 12:40

Selon Sihem Souid, la Tunisie est en première ligne dans la lutte contre le terrorisme et il nous faut soutenir son fragile État par tous les moyens.


Une des conséquences de la révolution tunisienne est le démantèlement de l'appareil sécuritaire et des services de renseignements. Ce n'est donc pas étonnant que la Tunisie soit aujourd'hui en difficulté pour affronter la menace terroriste qu'elle traverse.

D'autant plus qu'elle fournit le plus important contingent de djihadistes étrangers combattant en Syrie, en Irak et en Libye. Selon un rapport confidentiel américain, ils seraient entre 3 500 et 4 000 à être partis pour "le djihad". Selon ce même rapport, 1 Tunisien sur 1 000 partagerait l'idéologie salafiste.

Ali Zeramdini, colonel à la retraite et consultant sur les questions de sécurité tunisienne, est formel : "Si la Tunisie tombe, la France et l'Europe tomberont. Il faut prendre conscience de la montée terrible de Boko Haram qui a fait alliance avec Daesh dans le but d'atteindre l'Europe et l'Algérie. Le danger est partout dans la Méditerranée et autour d'elle. Nous avons tous intérêt à nous unir contre ces terroristes."

Le danger libyen
 
Les camps d'entraînement se trouvent en Libye. Celle-ci est aujourd'hui contrôlée par des milices armées et une grande quantité d'armes y circule. Les Libyens fuient leur pays et la Tunisie continue à les accueillir du mieux qu'elle peut.

La grande difficulté est que les véritables terroristes ne montrent aucun signe extérieur de radicalisation, ils peuvent très bien porter un costume-cravate. La frontière est donc devenue une passoire. Le principal allié et soutien de la Tunisie dans cette lutte contre le terrorisme est l'Algérie, avec qui elle forme une alliance sécuritaire très soudée.

Le terrorisme peut frapper n'importe où dans le monde, la Tunisie n'est pas le seul pays touché, nous ne sommes à l'abri nulle part. Mais ne cédons pas à la panique, car c'est ce que recherche Daesh. Soutenons la Tunisie par tous les moyens.

L'État fragile
 
L'attentat meurtrier de Sousse a des conséquences catastrophiques dans le domaine du tourisme, premier secteur économique. Or, selon Hamid Chriet, géopolitologue, "le tourisme n'est pas un atout durable dans le développement du pays.

Il faut restaurer l'autorité de l'État, former des juges antiterroristes, accélérer le processus de la décentralisation avec un nouveau code des collectivités locales, améliorer la gouvernance, réduire le budget du palais présidentiel (80 millions de dinars) à 50 millions, aider à la reconstruction de la Libye, car la Tunisie sera la grande perdante si la Libye se somalise".

La menace terroriste n'est pas le seul problème en Tunisie : elle connaît depuis plusieurs mois dans la majorité des secteurs (santé, éducation, justice, emploi...) de nombreuses grèves qui ont paralysé le pays pour protester, entre autres, contre la privatisation de services publics. La plupart de ces grèves ont été considérées comme illégales et un collectif de citoyens tunisiens, Yezzi mel grève (stop à la grève), est même né pour sensibiliser sur les dangers qu'elles peuvent représenter. 

L'actuel gouvernement a du mal à s'imposer, car les structures de l'État ont été abîmées durant quatre ans. Le président tunisien Essebsi n'a pas voulu utiliser la force jusqu'à maintenant, or la situation actuelle l'y oblige et il a eu raison de décréter l'état d'urgence, même si celui-ci inquiète.

Lepoint
Noorinfo


              

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