Connectez-vous S'inscrire
Noorinfo

Senegal et Mauritania Airlines: Entente sur les prix ou protectionnisme excessif du Sénégal?


Economie
Lundi 31 Octobre 2011 - 12:43

Les deux compagnies aériennes ont repris leurs dessertes sur les deux capitales, après plusieurs mois de crise. Avec un système de prix si élevé, que certains spécialistes se demandent si il y a entente sur les prix. D'autres parties évoquent le protectionnisme «d'un autre âge» du Sénégal.


Senegal et Mauritania Airlines: Entente sur les prix ou protectionnisme excessif du Sénégal?
120 000 ouguiyas. C'est ce que vous coûtera un billet en aller-retour entre Nouakchott et Dakar. «A 3% près, plus ou moins, modifiables selon certaines périodes» précise une source proche du dossier pour la résolution de la crise des transports aériens mauritano-sénégalais.
C'est aussi cher qu'un billet Dakar/Abidjan. Pour à peine 50 minutes de vol. «Quelles charges justifient un tel prix? Aucune, objectivement» explique la source.

Pourtant lors de la reprise, les signataires de l'accord avaient assuré début octobre, «jouer serré entre l’esprit de complémentarité et l’incontournable loi du marché, qui renvoie à une concurrence loyale». Dans le cadre de cette démarche, Sénégal Airlines et Mauritania Airlines International (MAI) devaient «adapter leurs tarifs à la réalité du marché pour éviter des pratiques anticoncurrentielles». Cela n'aurait jamais été le cas. «L'accord qui a permis la reprise des liaisons Nouakchott/Dakar ne s'est effectué essentiellement qu'à ce prix» avance le jeune cadre.

Au détriment de la concurrence loyale? Pas nécessairement. Au ministère de l'équipement et du transport, on évoque plutôt la «gourmandise de l'état sénégalais» qui surtaxe les billets, entre autres, pour le financement de leur nouvel aéroport dakarois. Interrogée sur la question, la compagnie sénégalaise, à travers sa chargée de communication, Astou N'Diaye Fall, nie laconiquement toute entente sur le prix. «Le prix du billet pour l'axe Dakar-Nouakchott est de 167 300 FCFA TTC. Chaque partie est libre d'appliquer le tarif qu'il souhaite. Il n'y a donc aucune entente quelconque entre les deux compagnies» souligne Astou Fall. «Il y a des éléments de la structure du prix du billet qui ne dépendent pas de nous, et qui sont relativement importants» conclut-elle.

La nouvelle compagnie sénégalaise, détenue majoritairement par l'état, a décidé dès son lancement d'avoir une stratégie agressive vis-à-vis de ses concurrents, par rapport à l'avantage d'avoir Dakar comme principal Hub de la sous-région, avec Abidjan. Elle a un quasi monopole dans la continuation des vols arrivant à Dakar. «Nous ne pouvons pas dans nos accords avec le Sénégal desservir plus de deux fois par semaine, une destination à partir de Dakar. Indéniablement Senegal Airlines est avantagée et protégée par son état» explique un haut cadre du ministère de l'équipement et du transport.

Stratégie sénégalaise du «ça passe ou ça casse»

Selon un spécialiste du secteur aérien africain, «en misant sur des liaisons directes ou des liaisons avec une seule escale, Sénégal Airlines a adopté une stratégie efficace qui rend les voyages moins épuisants et qui lui permet de gagner des parts de marché».
Reste que, pour en arriver là, les dirigeants sénégalais ont usé de mesures parfois radicales, ultra-protectionnistes destinées à protéger le marché naturel de la nouvelle compagnie. Par exemple, avant de trouver, il y a quelques jours, une solution à la crise des transports avec Mauritania Airlines, les autorités avaient interdit à la compagnie mauritanienne de desservir toute autre destination de la sous-région via Dakar. Cette décision avait provoqué, entre autres, la brouille diplomatique entre les deux pays.
Si Mauritania Airlines a réussi à dénouer cette situation, il n’en va pas de même pour Asky Airlines par exemple. Depuis son décollage en janvier 2010, cette compagnie basée au Togo peine à obtenir le droit de desservir Dakar, une des principales destinations d’Afrique de l’Ouest. Et ce malgré l’adoption, en 2000, par les chefs d’État de l’Organisation de l’unité africaine (OUA, devenue Union africaine en 2002), de la décision de Yamoussoukro, qui prône la libéralisation du ciel africain aux transporteurs du continent.

Mamoudou Lamine Kane
Mamoudou Kane


              

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Actu Mauritanie | Actualité | Economie | Sport | Culture | Société | Lu sur le web | International | Tribunes | Vu de Mauritanie par MFO | Blogs | videos | A.O.S.A | Communiqué | High-Tech | Politique | Sciences | Insolite | Histoire





Suivez-Nous
Rss
Recherche
Inscription à la newsletter
Les + populaires