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Noorinfo

Sénégal: Violentes manifestations à Dakar contre le projet de réforme constitutionnelle de Wade


International
Vendredi 24 Juin 2011 - 20:45

Ce jeudi 23 juin, des dizaines de milliers de manifestants sont sortis dans les rues de Dakar, et à l'Assemblée nationale surtout, pour s'élever contre le projet de réforme de la constitution, de la part de Abdoulaye Wade, à huit mois de l'élection présidentielle. Bilan: Une centaine de civils blessés, 12 policiers blessés, plusieurs dizaines de manifestants arrêtés, des véhicules calcinés aux abords de l’assemblée nationale.


Les manifestations ont causé des blessures à une centaine de civils et douze policiers
Les manifestations ont causé des blessures à une centaine de civils et douze policiers
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À partir de 9h, des milliers de sénégalais ont commencé à se réunir aux alentours du marché Sandaga, proche de l'assemblée nationale où devait être voté le projet controversé de réforme constitutionnelle de Wade, notamment sur deux points. Le premier point le plus critiqué concerne la possibilité que le président du Sénégal soit élu dès le premier tour, avec 25% des suffrages. «Une aberration démocratique» s'emportent la plupart des constitutionnalistes sénégalais. Le deuxième point est relatif à 'élection simultanée du président de la république et de son vice-président.

Cette journée a été particulièrement chaude dans la capitale sénégalaise, coupée du reste du pays dès les premières heures de la matinée, à cause d’un imposant barrage érigé par les manifestations à hauteur de la ville de Rufisque située à près de 35 kilomètres de la capitale. Les heurts entre les forces de sécurité et les milliers de manifestants ont notamment eu raison d’une icône du mouvement des droits humains, Alioune Tine, Président de la rencontre africaine des droits de l’homme, grièvement blessé et évacué dans la plus grande structure sanitaire du pays.

En butte à cette impressionnante pression de la rue, l'octogénaire chef de l’état sénégalais a finalement retiré du vote ce projet de loi controversé.

Pressions extérieures pour retirer ce projet

D’après les dernières informations recueillies par Noorinfo, les véritables raisons de ce recul présidentiel sont aussi à chercher du côté d’une forte pression des puissances occidentales, en l’occurrence la France, les autres pays de l’Union européenne et les États-Unis.
D’autres segments importants de la société sénégalaise ont aussi joué leur partition à fond pour convaincre le Président Wade de retirer cette loi électorale qui a été à l’origine d’une véritable levée de boucliers, à huit mois d’une élection présidentielle lourde de tous les dangers. Il s’agit selon nos sources des chefs religieux et des chefs coutumiers qui ont envoyé tout au long de ce «jeudi noir» des signaux de détresse et des messages d’apaisement au Président sénégalais.

La diaspora s'en mêle aussi

Outre Dakar et les principales villes du pays, Paris, New-York et d’autres capitales européennes ont aussi abrité des manifestations de rue orchestrées par la diaspora sénégalaise qui a qualifié cette loi électorale de «scélérate». A Paris, le consul général du Sénégal Léopold Diouf a même fait l’objet d’une séquestration avant d’être libéré plusieurs heures après l’intervention de la police française.

L’élection présidentielle est prévue en février 2012 au Sénégal. Outre l’actuel Chef de l'État, Me Abdoulaye Wade, plusieurs chefs politiques comme les ex fonctionnaires internationaux Ibrahima Fall et Moussa Touré et les ténors de l’opposition (Idrissa Seck, Macky Sall ou Ousmane Tanor Dieng) sont aussi en lice.

MLK pour Noorinfo
Mamoudou Kane


              

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