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Sécurité dans le Sahel : Boko Haram et AQMI, même combat?


Actualité
Mercredi 25 Janvier 2012 - 09:05

La secte islamiste nigériane et Al Qaida au Maghreb islamique auraient des "connexions avérées"; c'est ce qu'a affirmé hier mardi à Nouakchott, le ministre malien des Affaires étrangères, Soumeylou Boubèye Maïga, à l'occasion de la réunion interministérielle qui a réuni les cinq "pays du champ", à laquelle le Nigeria avait été invité.


La milice religieuse de Boko Haram
La milice religieuse de Boko Haram
Le ministre n'a pas fourni de détails sur cette "connexion avérée", que d'autres sources avaient auparavant indiqué soupçonner. La Mauritanie, l'Algérie, le Niger et le Mali sont confrontés à une insécurité croissante liée aux activités d'Aqmi et d'autres groupes criminels, ainsi qu'à l'afflux d'armes, dont de l'armement lourd, issues du conflit libyen.

Interrogé par Le Monde.fr, Benjamin Augé, chercheur de l'Institut français des relations internationales (IFRI), affirme qu'il "est pour l'instant très difficile d'établir la réalité des liens de Boko Haram avec AQMI ou les shebabs en Somalie".
"Si ces violences m'apparaissent avant tout comme relevant de problèmes politiques et économiques nationaux, les Etats-Unis par exemple envisagent le cas de Boko Haram principalement comme un mouvement terroriste à tendance religieuse et à visées régionales", nuance-t-il cependant. En août, Boko Haram avait ainsi revendiqué une attaque contre le siège des Nations unies à Abuja ayant fait 25 morts.

Depuis décembre, le Nigeria a enregistré plusieurs séries d'attentats sanglants contre des chrétiens et des églises chrétiennes. Depuis début janvier, plus de 250 personnes ont été tuées dans ces attaques, dont 185 la semaine dernière à Kano (nord du Nigeria), selon Human Rights Watch (HRW).

"Les pays du champ ont invité à leur rencontre de Nouakchott le Nigeria pour échanger les expériences et les informations avec lui en matière de lutte contre l'extrémisme et le terrorisme", a expliqué le ministre mauritanien des Affaires étrangères Hamadi Ould Hamadi lors de la même conférence de presse.

"L'objectif est de voir comment on pourrait s'entraider à faire face à ce grand défi posé par Aqmi au Sahel et Boko Haram au Nigeria, et les quatre pays du champ entendent poursuivre la concertation pour éradiquer le terrorisme, le crime transfrontalier et les différents défis auxquels notre région est confrontée, incluant la prolifération du crime organisé, les trafic divers, notamment l'armement, les explosifs, le trafic des êtres humains et le rapt d'Occidentaux", a ajouté Ould Hamadi.

"Nous allons poursuivre les contacts et les échanges permanents, mener des patrouilles conjointes le long de nos frontières, poursuivre les criminels, contrôler les documents de voyage" a poursuivi Soumeylou Boubèye Maïga. Evoquant les affrontements ayant opposé la semaine dernière l'armée malienne à des groupes de rebelles touareg dans le nord du Mali, le ministre malien a laconiquement répondu que "le mouvement des rebelles touaregs sont injustifiés et que le Mali est indivisible".

Son homologue nigérien Mohamed Bazoum, a de son côté appelé à des contacts réguliers pour faire face à une situation qui évolue rapidement dans le Sahel. "Nous allons faire le point des évolutions et de la dégradation de la situation en raison de la prolifération des armes libyennes avec notamment le retour de contingents armés et la montée de la secte Boko Haram" a-t-il dit.

Noorinfo avec Agences
Mamoudou Kane


              

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