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Second tour présidentielle : And the winner is... Hollande


International
Dimanche 6 Mai 2012 - 18:28

Au terme d’une campagne extrêmement virulente qui a vu les thèses extrémistes du Front National déteindre sur les positions du président sortant Nicolas Sarkozy, les Français ont choisi la rupture, un changement de politique, une nouvelle gouvernance, en la personne de François Hollande, candidat du Parti socialiste, avec 52% des suffrages exprimés. Les africains attendent du nouveau président une rupture plus franche des manigances françafricaines.


Second tour présidentielle : And the winner is... Hollande
A 20 heures, les premiers résultats partiels "sortie des urnes" donnent François Hollande largement vainqueur, avec entre 51 et 52% des suffrages exprimés, avec une forte mobilisation des électeurs, plus de 80% des inscrits étant allés voter.

François Hollande triomphe au terme d’une course de fond qu’il a constamment menée, les sondages le donnant en tête depuis de longs mois. Pour l’Afrique, cette alternance signifie aussi une rupture, car l’opinion publique africaine avait eu de nombreuses occasions de déplorer l’action erratique de la France en Afrique au cours des cinq années de la Présidence de Nicolas Sarkozy.

Toutefois les positions du nouveau Président en politique étrangère sont encore mal connues, et les alliés traditionnels de la France dans le monde arabe et en Afrique subsaharienne seront très attentifs aux orientations qu’il donnera à la politique de la France vis-à-vis des Pays africains.

Sa virginité africaine a priori rassurante

Une question brûle aujourd’hui les lèvres africaines plus que toute autre interrogation: que connaît Hollande-sorti-des-urnes de cette Afrique qui fut réduite à sa potion congrue et à sa représentation la plus caricaturale, au cours du débat télévisé du 2 mai dernier? Rien? Peut-être. Et tant mieux!

Le continent en a vu passer, des “spécialistes” de l’Afrique, tous plus amoureux les uns que les autres du continent originel. Tout particulièrement des présidents français convaincus qu’ils avaient la prescience du continent noir.

Faut-il regretter les amitiés diamantifères d’un Valéry Giscard d’Estaing que l’hebdomadaire français L’Express qualifiait, en 1979, de «Giscard l'Africain»? Faut-il avoir la nostalgie des opérations françaises armées en Mauritanie, au Tchad ou au Zaïre, souvenirs de cette époque où l’ancienne puissance coloniale avait la réputation de renverser les chefs d’Etat comme on mute un sous-préfet du Poitou?

Faut-il avoir la mélancolie du papa de “Papa-m’a-dit”, paternel que le même Express surnommait, en 1995, «Mitterrand l'Africain», mais dont le seul fait d’arme notable fut le discours mémorable de La Baule, ambitieuse harangue pourtant peu suivie d’effets?

Faut-il vraiment regretter la politique du plus populaire des présidents français sur le continent noir, le sincèrement épris d’Afrique que, L’Express, toujours, appelait «Chirac l'Africain», en 2007, à l’occasion de son dernier sommet Afrique-France? Faut-il se remémorer avec regret la résurrection, par le même Chirac, de l’autre Jacques, Foccart, statue du commandeur des réseaux d’influence de la Françafrique, ce système que François-Xavier Verschave dénonça comme «le plus long scandale de la République»?

Faudra-t-il regretter celui qui avait le moins vocation à être qualifié d’africain, mais que le quotidien Libération, l’année dernière, ou la radio France Inter, ce mois-ci, finirent par dénommer, sans originalité, «Sarkozy l'Africain»?

Ce président-là n’était pas censé connaître l’Afrique, ce qui ne l’a pas empêché de s’appuyer sur la plume présomptueuse de son “nègre” Henri Guaino pour tenter une leçon universitaire mal embouchée. L’Afrique était réputée l’intimider, ce qui ne l’a pas empêché de faire renouer la France avec les interventions militaires, de la Côte d’Ivoire à la Libye.

Après les pillages, les offenses, la chicotte et les amitiés coupables, l’Afrique se laisserait bien séduire —si ce n’est déjà fait— par un frais émoulu président français qui n’aurait rien d’un «Hollande l’Africain».

Sa virginité africaine, a priori rassurante, pourrait être le gage qu’il ne considérera pas le continent noir comme le laboratoire d’expériences militaro-romantiques incontrôlées, comme un terrain de chasse conquis ou comme une résidence secondaire dont les concierges seraient des potes potentats.

Lui, président de la République, peut-être n’acceptera-t-il pas des djembés bourrés de devises détournées des maigres budgets d’Etats fragiles.

Lui, président de la République, peut-être hésitera-t-il à répondre aux invitations touristiques de puissants africains en passe d’être “malencontreusement” renversés et inopinément bavards.

Lui, président de la République, peut-être ne recevra-t-il pas avec faste les sombres autocrates qui continuent de souiller la réputation de l’Afrique.

Lui, président de la République, peut-être ne sera-t-il pas tenté par des remakes de l’opération “Barracuda”.

Lui, président de la République, peut-être ne distinguera-t-il pas, dans son tri des immigrés économiques, les pratiquants d’un culte musulman prétendument catalyseur de communautarisme.

Lui, président de la République, peut-être arrivera-t-il à ne pas donner de leçons aux Africains…

Pas plus que ses prédécesseurs, il ne considérera les intérêts africains comme indéfectiblement compatibles avec ceux de son pays. Normal. Pourvu qu’il ne couvre pas les pays africains de cette «affection» indécente qu’un excès de démonstration sirupeuse tend à contredire.

Noorinfo avec agences et slateafrique.com
Mamoudou Kane


              

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