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Noorinfo

Se faire Roi…


B'il a dit
Vendredi 6 Février 2015 - 00:00

Un peu partout dans les environs des différents souks de la capitale et ailleurs dans les régions intérieures, se tiennent des hommes devant des étals, des cages quelquefois, munis de petits engins haut-parleurs, des amplificateurs, dit-on, dans ce qu’on dit, pour amplifier la parole dite.


Se faire Roi…
La parole dite, dans ce cas précis, est celle d’un crieur, qui délègue sa criée, au petit bidule, qui lui donne écho, se propageant jusqu’à parvenir, à assourdir, souvent, les oreilles des paisibles passants. 

La voix amplifiée crie à peu-près ci : ‘’ Tout est à cent ouguiyas.’’ Pour dire tout se vend à cents ouguiyas. Ça c’est un peu le refrain. Qui revient en boucle et après la boucle énumérative des articles proposés, qui vont d’une paire de ciseaux, qui ne cisèlent plus, un coupe-ongle, qui ne coupe plus d’ongles, un miroir chinois adhérent au parti communisme, un couteau qui ne tranche pas, un rouleau de bobine-à-fil, à  des tas d’autres objets sans noms ni origines connus. 

Avant de reprendre son refrain, la voix agrémente  son commerce par un refuge transitoire à Allah, pour ainsi dire entre mille et un articles  le Pardon d’Allah. Comme pour passer une onction divine à une séance de négoce terrestre. Avec cent ouguiyas, on peut opter pour un instant coupe-ongle, ou un miroir chinois, ou une paire de ciseaux. 

C’est une offre de vente uniformisée qui offre à  l’acquéreur potentiel, sans idée préconçue, plus d’une option de choix.  Avec deux cents ouguiyas, trois cents, quatre cents, mille, l’option de possibilité d’achat achat se multiplie en fonction. C’est un concept. Une formule. Ça se fait en termes commerce. Dans les magasins, les échoppes, les épiceries et autres lieux marchands. Les offres varient d’un coin à l’autre. 

C’est selon. On est souvent tributaire de l’offre et de la demande, du coût du ou des produits sur le marché. C’est la loi du marché. Elle a son propre fonctionnement. Ses hauts et ses bas. Sa logique. Les restaurants, par exemple, procèdent, quelquefois, à la révision de la carte de menu. Ils font cela,  rarement d’ailleurs, puisqu’on craint souvent la réaction négative des clients. Comme quoi, il n’est pas surprenant qu’on tombe un beau matin chez un restaurateur d’une carte de menu dont la tarification a été réajustée. 

Le restaurateur annonce sa décision,  généralement, en tenant d’expliquer ses raisons pour la révision de ses prix,  un mois voire deux à l’avance. Et il est souverain. En plus. C’est son affaire. Mais, pour lui, c’est connu, le client est Roi. Et dans le domaine du commerce privé, puisqu’on tient à fidéliser sa clientèle, toute révision de prix tend toujours à maintenir des proportions raisonnables. Sans pour autant prendre le risque de perdre dans l’affaire. Ça comprend.

B’…

Se faire Roi…
Se faire loi…

Or quand le commerce s’opère dans la sphère publique et que les clients sont connus d’avance et d’obligation, puisque la concurrence n’est pas envisageable à ce niveau, on ne saurait comprendre une modification tarifaire qui s’opère sur des documents d’utilité publique. 

A  l‘Agence Nationale pour le Registre des Populations et les Titres Sécurisés (ANRPTS), qui est une institution publique, qui offre un service public, quoique marchand, on s’enfiche des clients, de leurs bourses, de leurs conditions de dénuement, puisque le commerce, pour les sieurs en charge de la gestion  de l’affaire –bah, c’en est une-  dans la sphère publique se fait sous le label, en couronne, de la royauté du commerçant et non celle du client. 

Déjà, on est horripilé par le principe de  vente des documents publics. On est scandalisé de la durée de vie donnée, par le génie mercantile de ces sieurs, aux papiers civils comme l’extrait de naissance, acte de mariage et autres petits papiers volants – rien ne saurait les empêcher, y’a tellement matière à l’affaire. Trois mois de vie et on revient chez l’échoppe la plus proche des titres sécurisés – pour trois mois seulement. Une sécurisation qui ne les prémunit pas d’une mort tragique après trois mois de vie. 

Chaque citoyen quelque soit son âge doit passer par-là. Deux cents ouguiyas pour chaque copie. C’est un argent fou que les citoyens, les clients vassalisés ou presque, versent chaque fois qu’ils souhaitent disposer d’un extrait. Ce n’est pas qu’ils souhaitent, c’est une obligation pour les élèves, étudiants, postulants et autres on ne sait combien de fois par an. Et l’affaire, même si elle se fait dans le domaine public, elle n’est sanctionnée par aucun reçu. On ne sait pas vers quel trésor irait cet argent. 

C’est valable aussi pour la carte d’identité. La restitution se fait quelque part.  L’Inspection Général de l’Etat dans toutes ses ardeurs et envolées de droiture n’ose même pas passer par-là. La dernière est que le patron de la chose a décidé, par la force d’une simple circulaire, même pas une loi, ni  un décret, d’augmenter les prix des cartes d’identité et passeports après chaque perte de document. C’est une sorte de peine qu’on impose aux citoyens. 

Comme si cette agence a aussi une vocation de dresser les populations. Une réédition de la carte d’identité pour la première fois nécessite désormais, 2500 um, puis 4000 pour la seconde, ensuite 7000 pour la troisième. Ça peut ne pas finir. Quand on est habilité à se faire Roi,  (se ) faire la loi, ce n’est rien…

B’…
Noorinfo


              

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