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Scrutins législatifs et municipaux : Au profit des frères et des cousins


Actu Mauritanie
Jeudi 12 Septembre 2013 - 12:06

Alors que le COD et le président Mohamed Ould Abdel Aziz poursuivent leur jeu de nerfs autour des prochaines consultations électorales, avec des échos de plus en plus persistants relatifs à de fortes pressions exercées sur les deux parties par des « pays amis » pour dépasser la crise politique persistante en Mauritanie, les scrutins envisagés ont ouvert une véritable course pour l’accès aux fonctions électives, avec en soubassement le retour en force du népotisme et du tribalisme.


Scrutins législatifs et municipaux : Au profit des frères et des cousins
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Les partis de la Coordination de l’opposition démocratique (COD) continuent de maintenir le suspens quant à leur participation ou non aux prochaines élections législatives et municipales de novembre 2013.
 
Prévue dimanche 1er septembre dernier, la décision finale des leaders de l’opposition dite radicale semble courir de report en report, les réunions de la COD s’éternisant sans qu’une position commune officielle ne soit prise. De sources proches de ces milieux, la décision des partis de la COD reste suspendue aux éventuelles nouvelles concessions que le pouvoir du président Mohamed Ould Abdel Aziz pourrait amener à leur concéder. Il est en effet de plus en plus question de négociations en coulisses entre les différents acteurs, de pressions sous la table exercées par certains partenaires clés de la Mauritanie pour amener l’opposition et les autorités à s’entendre sur des points afin qu’aucun boycott ne vienne prolonger une crise politique qui n’a que trop durer. C’est dans ce cadre que s’inscrirait l’intermédiation confiée, selon certaines sources, à Messaoud Ould Boulkheïr, président de l’Assemblée nationale et figure de proue de la scène politique nationale.
 
Pendant que d’âpres négociations se déroulent ainsi dans les coulisses, les partis de la majorité et plusieurs autres partis dont certains se réclament de l’opposition et d’autres de la COD participationniste, s’étripent pour s’arracher sièges au Parlement et dans les prochains conseils municipaux. Au sein du parti-Etat, plusieurs sources de presse évoquent un retour en force du népotisme et du tribalisme. Au détriment du mérite et de la compétence, plusieurs ministres du gouvernement et hauts fonctionnaires de l’Etat ou encore cadres influents du parti-Etat, l’Union Pour la République (UPR) s’activeraient ainsi à mettre à l’étrier électif leur propre frère ou leur cousin. La politique devient de ce fait, sous les tropiques du ciel mauritanien, une affaire de famille et de succession, dont l’objectif loin de servir la Nation et les populations, se résumerait à des partages de prébendes au sein des cercles familiaux restreints. La populace ne servirait dans ce jeu de dupes, que de strapontin servant à mener à des ambitions personnelles visant la préservation d’un héritage politique que certains clans et tribus s’adjugent.
 
A tout seigneur tout honneur, le Premier ministre Moulaye Ould Mohamed Laghdaf a été cité par certaines sources de presse pour son entremise en faveur de son frangin qu’il aurait avancé comme candidat à la mairie de NBeïkatt Lehouach, son fief d’origine. A son tour, le tout nouveau ministre de la Santé aurait poussé son propre frère pour un poste de député au Hodh Charghi. Il en serait de même pour le Commissaire à la Sécurité Alimentaire qui aurait lui aussi mis en selle son propre frère pour la députation au nom de l’UPR. Même scénario adopté par la ministre de la Fonction Publique qui a mis aux devant sa sœur sur la liste à la députation réservée aux femmes. L’ambassadeur de la Mauritanie au Qatar ne serait pas du reste, lui qui a proposé également son frère pour la mairie de Oum Avnadach au Hodh Charghi.
 
Ceux qui pensaient que ce phénomène était uniquement circonscrit dans les deux Hodhs où la force du tribalisme et des chefferies traditionnelles reste encore prégnante ont dû déchanter en apprenant qu’au Trarza aussi, un des leaders de l’UPR dans la région, s’activerait de son côté pour placer son frère à la tête de la commune de R’Kiz, suite à des ententes avec des ensembles tribaux locaux. L’un des députés transfuges de l’opposition et qui est entré au parti EL Wiam, est en campagne au Trarza, pour ses neveux qu’il souhait présenter à la députation à Rosso et la municipale à Mederdra.
 
Ce phénomène ne concernerait pas cependant, selon les sources, les seuls partis de la majorité, en l’occurrence l’UPR, mais toucherait aussi certains partis de l’opposition qui défendent dans leur discours des principes comme la démocratie, l’égalité des chances entre Mauritaniens et le culte du mérite, à l’image du RFD d’Ahmed Ould Daddah, qui selon les mêmes sources, userait des mêmes méthodes liées au mérite par naissance. C’est dans ce cadre que l’un de ses vice-présidents, Ould Moine envisagerait, de propulser son fils pour la députation du parti dans la liste nationale au cas où l’option de la participation l’emporterait. Il en serait de même pour plusieurs autres cadres influents de la COD qui chercheraient à mettre en selle leurs propres frères ou fils.
 
Alors que les grands échassiers de la confrontation politique, la COD et Ould Abdel Aziz en l’occurrence, continuent leur jeu de Yo-yo, certains partis politiques, sûrs de leur assise populaire présumée, piaffent d’impatience pour aller aux charbons, quelles que soient les conditions dans lesquelles les prochains scrutins seront organisés. A la limite, certains de ces partis qui se réclament de l’opposition modérée ou dite « responsable », comme EL Wiam, Sawab, et dans une moindre mesure, ADEL, Renouveau Démocratique et Mouvement Pour la Rénovation, trouvent les garanties actuelles assez suffisantes pour prendre part aux élections. Ce qui aux yeux de leurs détracteurs relèverait de la naïveté politique, si d’autres ne vont pas plus loin en voyant dans leur démarche un opportunisme inopportun qu’ils risquent de payer cher. Leurs partisans croient cependant que seules les élections pourront sortir le pays de la crise dans laquelle celui-ci se débat depuis des années et qu’il est temps de repartir sur de nouvelles bases avec des institutions légitimes. A la limite, ils accusent les partisans de la COD boycottistes d’être des perturbateurs qui cherchent plus à sanctionner un homme, Mohamed Ould Abdel Aziz, qu’à œuvrer pour l’intérêt national.
 
Le débat politique est ainsi en pleine ébullition en Mauritanie, à l’heure où la plupart des analystes voient dans les scrutins de novembre 2013 le plus grand enjeu politique que la Mauritanie ait connu ces dernières dix années. Il s’agit en fait, selon ce point de vue, d’un combat de survie entre une COD laminée en 2009 par des scores qu’elle continue de considérer comme truqués et un parti-Etat qui va pour la première fois au feu et cherche à prouver son leadership politique sur la scène nationale.
 
JOB
Lu sur l'authentique
Mamoudou Kane


              

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