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Santé: Un lien entre cancer et portable ?


Société
Samedi 27 Octobre 2012 - 15:37

Oui, selon un tribunal italien dont le jugement risque de faire grand bruit. Le 12 octobre, la cour de cassation de Brescia a reconnu que la maladie de M. Innocente Marcolini, un financier d’une soixantaine d’années, est de nature professionnelle : c’est l’utilisation de son portable de façon intensive qui lui a provoqué une tumeur au cerveau…


Santé: Un lien entre cancer et portable ?
La tumeur bénigne – un neurinome du nerf trigéminal – a été découverte en 2002. Dix ans plus tard, le tribunal a motivé sa décision en s’appuyant sur les avis de deux experts italiens, Angelo Gino Levis (oncologue à l’université de Padoue) et Giuseppe Grasso (neurochirurgien à Brescia), qui relient l’apparition du cancer des nerfs crâniens à l’usage intensif du portable.

UNE "OFFICIALISATION" QUI pose question. Car la plus grande étude épidémiologique réalisée à ce jour, Interphone, pilotée par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) et publiée en 2010, n’a pas permis de conclure à une relation de cause à effet.

À noter cependant : une partie des résultats suggérait un risque accru pour les plus gros utilisateurs de portables (+40% pour les gliomes et +15% pour les méningiomes). C’est justement dans cette catégorie d’usagers qu’il convient de classer Innocente Marcolini, qui a déclaré avoir utilisé son mobile jusqu’à 6 heures par jour pendant douze ans !



1. Quelles sont les principales conclusions de l’étude Interphone ?

En résumé: aucune augmentation du risque de tumeurs du cerveau (gliome ou méningiome) liée à l’utilisation du téléphone portable pendant dix ans n’a été observée selon l’étude Interphone, publiée dans l’International Journal of Epidemiology.

Cependant, des biais et des erreurs ont entaché l’étude. Peinant à se mettre d’accord sur l’interprétation des données récoltées pendant plusieurs années dans treize pays, les 21 chercheurs rédacteurs n’ont cessé de repousser la publication globale de l’étude. Attendue pour 2008, elle n’est parue qu’en 2010 (voir Sciences et Avenir de mai 2009).


2. Comment s’est déroulée l’étude Interphone ?

L’objectif était de déterminer si l’exposition aux ondes électromagnétiques des téléphones portables pendant dix ans augmentait le risque de tumeurs du cerveau (gliome et méningiome), du nerf acoustique ou des glandes parotides (qui produisent la salive).

L’enquête a été lancée en 2000 dans treize pays: Allemagne, Australie, Canada, Danemark, Finlande, France, Israël, Italie, Japon, Norvège, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni et Suède.
Pour obtenir des résultats plus rapidement qu’avec une étude de cohorte (qui implique de suivre des groupes pendant au moins dix ans), c’est la méthode dite des cas-témoins qui a été choisie. D’un côté des personnes atteintes des tumeurs étudiées ont été interrogées sur leur usage du mobile (au total 2708 cas de gliomes, 2409 de méningiomes analysés). De l’autre côté des groupes témoins de personnes âgées de 30 à 59 ans, n’ayant pas ces tumeurs, ont également été interrogées. C’est cette méthode qui a créé des biais compliquant l’interprétation des données.


3. Qui a financé l’étude Interphone ?

Cette vaste étude aurait coûté un peu plus de 19 millions d’euros. Elle a impliqué de nombreuses unités de recherche à travers les 13 pays concernés. La Commission européenne a versé 3,74 millions d’euros, selon les informations données par le Circ, les pays participants plus de 9 millions d’euros. 5,5 millions ont été versés par des industriels via un intermédiaire (l’Union internationale contre le cancer), afin de garantir l’indépendance des chercheurs.


4. Faut-il mener d’autres études ?

C’est l’avis des auteurs de l’étude Interphone. Et il risque d’être relancé par le jugement italien. Dès 2010, Elisabeth Cardis soulignait que les pratiques avaient évolué depuis dix ans et qu’il fallait poursuivre les recherches. L’usage du portable ne cesse d’augmenter, notamment chez les jeunes et les enfants qui n’étaient pas pris en compte par Interphone. Un nouveau projet est donc en cours, Mobi-kids, financé par l’Union européenne, pour étudier le risque de tumeurs cérébrales lié au portable chez les enfants et les adolescents. Les premiers résultats ne sont pas attendus avant fin 2015, début 2016.


Source: OL, Sciences et Avenir

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